Belles Lettres

  • Revelations

    Brigitte De Suede

    • Belles lettres
    • 12 Janvier 2006

    Voici l'un des grands chefs-d'oeuvre mystiques du Moyen Âge, suédois en l'occurrence. Les Révélations célestes de Brigitte de Suède ont traversé les siècles et il est grand temps d'en proposer une nouvelle traduction qui satisfasse aux exigences critiques les plus modernes. C'est aussi ce que s'est efforcé de faire Jean-Pierre Troadec, fin latiniste s'il en fut ! Brigitte de Suède (1303-1373, canonisée en 1391) fut une personnalité importante de son pays. On peut la voir comme une Femme admirable de vitalité et d'ouverture, une Épouse (elle eut huit enfants), de plus Mère de sainte Catherine de Suède, une des grandes Dames de son temps, traitant de pair à égal avec les papes, les rois, tous les grands de ce monde. Ou la fondatrice d'un Ordre monastique mixte (l'Ordre du Saint-Sauveur, vers 1346) qui existe toujours et dont le siège demeure à Vadstena.
    Les Révélations célestes (1492) sont de valeur fort inégale, ce pourquoi nous avons proposé ici une anthologie d'un ouvrage qui compte huit livres. Ce choix porte aussi bien sur les thèmes, les préoccupations de l'auteur, les problèmes religieux, moraux ou politiques qui agitaient son temps que sur ses trouvailles de style. Elle se voulut - et fut en effet - servante du Christ et elle sut trouver les accents qui convainquent ou les images qui séduisent, de nos jours encore. Elle n'a rien d'une créature éthérée, elle reste solidement implantée dans son époque et son milieu, il y a un véritable plaisir à découvrir la solidité et la verdeur d'une inspiration derrière des contemplations dont l'authenticité ne saurait être révoquée en doute. Femme forte et saine, livre roboratif et pertinent : de ces auteurs et de ces oeuvres classiques dont notre siècle aurait tant besoin !


  • Miniatures historiques

    August Strindberg

    • Belles lettres
    • 4 Avril 2003

    Le Suédois August Strindberg (1849-1912) souffre, chez nous, de n'être surtout connu que par son extraordinaire oeuvre dramatique.
    Mademoiselle Julie ou Le Songe sont dans toutes les mémoires. Pourtant, on ne sait pas assez que ce prodigieux écrivain s'illustra dans à peu près toutes les formes connues d'expression littéraire, et toujours avec un égal succès. Vers la fin de sa vie, il se piquait particulièrement d'Histoire et entendait même rédiger une Histoire du Monde qu'il n'a pas eu le temps de mener à bien. Il a pourtant esquissé ce projet sous forme de nouvelles (1905) qui viennent d'être éditées scientifiquement dans son propre pays et dont on propose ici une traduction complète, inédite en français s'il faut le dire.
    Dans une vingtaine de ces nouvelles, qu'il appelle miniatures historiques, il retrace, avec la verve qu'on lui connaît, un sens étonnant de la reconstitution véridique et de la mise en scène qui fut toujours son fort, des épisodes de la vie de " ses " grands hommes. De Moïse à la Révolution française, en passant par Socrate, Attila, Grégoire le Grand, Henri VIII d'Angleterre, Louis XI, Voltaire, entre autres, il nous fait revivre des époques disparues, de grands événements qui ont affecté le cours des choses, des personnages hauts en couleur qu'il saisit dans le détail de leurs errements avec un sens surprenant de la vérité et de la couleur locale.
    Il était convaincu également que notre condition n'est régie ni par le hasard ni par l'absurde : il s'attache à suggérer qu'un sens profond mène nos destinées et qu'une vérité sonde, à notre insu, les reins et les coeurs. Superbe travail dont il est permis de penser qu'il présente quelque chose d'exemplaire.

  • Voyage a pied et peer-la-chance

    Andersen Hans Christ

    • Belles lettres
    • 7 Avril 2005

    Andersen est du nombre de ces écrivains qui ont été victimes de leur immense succès.

    Le conteur lui-même est mal connu, puisque le grand public ne se réfère généralement qu'à une douzaine de ses Contes et histoires, dans un corpus qui en comprend près de cent-soixante, et oublie qu'Andersen a aussi été romancier, poète, dramaturge, auteur de récits de voyage originaux et de plusieurs essais autobiographiques.

    Les deux textes présentés ici, et traduits pour la première fois en français, apportent la preuve que des pans entiers de son oeuvre restent à découvrir.

    Voyage à pied, son premier livre important (1829), et Peer-la-Chance, son dernier ouvrage d'envergure (1870), permettent de mieux saisir l'ampleur et la diversité de son génie littéraire.

    Le premier de ces deux textes montre un jeune écrivain ambitieux, plein d'esprit et de fantaisie, soucieux de conquérir le public, et renferme déjà un bon nombre des thèmes qui vont nourrir toute l'oeuvre, tandis que le second décrit la carrière brillante d'un artiste qui ressemble fort à l'auteur. C'est l'occasion pour celui-ci de présenter une dernière fois l'image merveilleuse qu'il se faisait ou qu'il tenait à donner de son itinéraire intellectuel et spirituel.

  • Trois comedies

    Ludvig Holberg

    • Belles lettres
    • 4 Septembre 2003

    Toutes époques confondus. Historien, auteur de plusieurs ouvrages sur la philosophie du droit et d'une grande quantité d'essais et de réflexions sur des sujets de morale philosophique, il a aussi laissé un roman utopique qui supporte la comparaison avec Les Voyages de Gulliver. La trentaine de comédies qu'il a écrites mérite à elle seule l'attention de la postérité.
    En s'inspirant de la commedia dell'arte et de Molière, Holberg a su créer un répertoire national original. Les trois pièces présentées dans cette anthologie montrent divers aspects de son génie. Jeppe du Mont, l'un de ses chefs d'?uvre, reprend l'histoire d'un grossier paysan qui se retrouve inopinément à la place d'un baron, et qui se montre tout aussi tyrannique que les seigneurs de son époque à l'égard des serfs qui travaillaient sur leurs terres. Après un simulacre de pendaison, il retrouve sa liberté et... son eau-de-vie, qu'il consomme sans aucune modération. L'Homme affairé, qui est à la fois une comédie d'intrigue et de caractère, et qui a pour personnage principal un homme constamment affairé, mais incapable de faire quoi que ce soit d'utile, apporte la preuve que Holberg avait atteint la maturité en matière d'écriture théâtrale. L'Heureux Naufrage, autre comédie d'intrigue, oppose deux types d'écrivains, celui qui rédige des poèmes de circonstance dans le seul but de s'enrichir, et celui qui a recourt à la satire pour essayer d'améliorer la société. L'auteur, qui était connu pour sa verve satirique et son sens du comique, défendait par là sa conception de la littérature.
    Encore aujourd'hui fréquemment à l'affiche, les pièces de Holberg font partie du répertoire classique des pays scandinaves. Comédies traduites du danois, présentées et annotées par Marc Auchet, professeur de langues, littératures et civilisation scandinaves à la Sorbonne (Paris IV).

  • Anthologie runique

    Alain Marez

    • Belles lettres
    • 17 Mars 2007

    Alain Marez établit une anthologie des inscriptions runiques, qui sont le meilleur témoin que nous possédions de la civilisation scandinave ancienne et, notamment, l'une des rares émanations directes des célèbres vikings. Les runes sont l'écriture des anciens Germains, devenue très rapidement une spécialité scandinave, dans leurs deux « alphabets » successifs, ou fupark, l'un valable de 200 à 800, le second acquérant droit de cité vers 800, les raisons de ce changement ayant été élucidées précisément par Alain Marez. L'ouvrage que voici sera pour une brève partie un exposé de la phonologie destiné à établir qu'il s'agit bien d'un véritable instrument de communication porteur d'une culture authentique puisque chaque signe (dont nous retraçons assez bien les origines nord-italiques) renvoie à un son connu du vieux norois. Mais surtout, le présent livre veut être une véritable anthologie couvrant tous les domaines de la culture et de la civilisation des vikings : non seulement leurs activités commerciales ou prédatrices, mais aussi les assises de la société, de la législation, de l'éthique et de la religion qui auront sous-tendu l'un des phénomènes les plus prestigieux et les plus entachés de légende de notre Histoire européenne. On démythifiera, chemin faisant, force erreurs plus ou moins tenaces, notamment la prétendue valeur « magique » des runes et on proposera une image recevable de cette histoire du Nord et de cette société, l'une et l'autre si mal connues chez nous. Il s'agit d'une véritable première en France, qui bénéficie des progrès considérables obtenus en la matière depuis un demi-siècle, ce livre se situant en outre dans le sillage de l'ouvrage standard jusqu'ici - mais en partie périmé - du regretté Lucien Musset.

  • La saga de Sverrir, roi de Norvège

    Karl Jonsson

    • Belles lettres
    • 25 Août 2010

    La Saga de Sverrir appartient au genre de la saga royale, c'est-à-dire aux biographies de souverains norvégiens ou danois dont les Islandais se firent une spécialité au Moyen Age.
    La Saga de Sverrir en est une des plus remarquables. Elle est longue et riche, et l'auteur est très proche des événements décrits, ce qui lui permet d'en faire un récit exceptionnellement détaillé. Il a eu accès à de nombreux témoins directs des faits, le plus important étant le protagoniste principal de la saga, le roi Sverrir lui-même, mort en 1202, qui en aurait dicté la première partie. Ce personnage est des plus intéressants.
    Originaire des îles Féroé, fils d'artisan, il devient prêtre. Sa mère lui révèle, alors qu'il est déjà adulte, qu'il est en réalité le fils naturel d'un défunt roi de Norvège. A la faveur d'une crise dynastique dans le pays, Sverrir trouve des soutiens pour le réclamer sur le trône, mais il doit combattre l'armée de son cousin le roi Magnûs, petit-fils de roi par sa mère et qui jouit de la bénédiction de l'Eglise.

  • La défaite

    Nordahl Grieg

    • Belles lettres
    • 22 Novembre 2011

    La pièce, un drame, du Norvégien Nordahl Grieg (1902-1943), au demeurant l'un des écrivains les plus prolifiques et les plus attachants de l'entre-deux-guerres en son pays, également romancier, poète et journaliste, intitulée Nederlaget (La défaite, 1937) a pour première originalité de se dérouler tout entière durant la Commune de Paris (mars à mai 1871) et de mettre en scène le petit peuple constituant ladite Commune aux prises avec les "Versaillais" de M Thiers qui finiront par remporter une victoire sanglante. Avec une admirable connaissance des faits, des lieux et des personnages tous tirés du petit peuple, l'auteur dresse le procès de notre société dévoyée par la violence et leurrée par des idéaux révolutionnaires aussi utopiques que dangereux pour exalter de grands mots d'ordre de pacifisme, de renonciation à la haine et à la vengeance et d'humanisme véritable qui donnent la mesure de la passion profonde de ce Norvégien et de sa vaine volonté d'en finir avec ces temps injustes, cruels et meurtriers. Bien entendu, cette volonté est dérisoire et l'implacable loi de violence et d'injustice de notre temps finira par l'emporter. Mais l'on ne peut s'empêcher d'apprécier cette récusation sincère des haines et des intérêts qui mènent notre société. Ajoutons que la pièce est remarquablement construite, les personnages, d'une surprenante vérité humaine et le mouvement d'ensemble, d'une force de conviction digne des plus grands dramaturges norvégiens.

  • Récits

    Blicher Steen Steens

    • Belles lettres
    • 5 Février 2009

    " jaillissant de terre comme un flot de lave, les récits de steen steensen blicher retentissent dans l'oreille intérieure comme l'unité d'une tonalité fondamentale, poétique, individuelle et populaire.
    [. ] blicher a transformé le désert en un aimable asile pour l'imagination exilée dans la vie. " sobren kierkegaard steen steensen blicher (1782-1848) est l'un des plus grands écrivains danois. ce pasteur luthérien à la personnalité étrange et hors du commun fut à la fois poète, essayiste et surtout auteur de nouvelles qui comptent parmi les meilleures du genre dans le nord. les 19 nouvelles rassemblées ici par karl ejby poulsen mettent en scène les milieux populaires du jutland : une paysanne amoureuse d'un pauvre colporteur, un pasteur accusé de meurtre, un musicien miséreux.
    Des petites gens, au destin funeste, que blicher peint avec un réalisme tragique.

  • Trois grands poèmes religieux ; Geisli ; Liknarbraut ; Passiusalmar

    Collectif

    • Belles lettres
    • 4 Avril 2008

    Inédits en français, ces trois poèmes sont encore très célèbres en Islande aujourd'hui. Bien que d'époques différentes, ils exaltent tous la Croix du Christ. Le premier poème a pour titre Geisli (« Un rayon ») et pour auteur Einar Skúlason, sans doute le scalde, c'est-à-dire le poète de cour le plus productif du XIIe siècle. Le poème constitue un vibrant hommage au roi Óláfr Haraldsson de Norvège (1015-1030) dit « Saint Olaf » qui acheva de christianiser le pays et qui, de ce fait et à cause de sa mort héroïque, fut proclamé saint patron de Norvège. Le deuxième, dont l'auteur, sans doute un moine, est demeuré anonyme, s'intitule Líknarbraut (« Voie de la Grâce ») et s'apparente par son contenu au lyrisme sentimental de la poésie religieuse de veine franciscaine. La Passion et la mort sur la Croix de Jésus ont fait l'objet d'oeuvres poétiques ou musicales en Europe. S'inscrivent dans cette tradition religieuse et artistique les Passíusálmar (« Cantiques de la Passion ») ; parus en 1666, qui ont pour auteur le grand pasteur luthérien Hallgrímur Pétursson (1614-1674).

    À travers ces trois grands et prestigieux textes religieux, pleins de bruits et de fureur, le lecteur se familiarisera avec un pays petit par sa taille, mais grand par sa culture, si éloigné et pourtant si proche de nous.

  • Poèmes

    Henrik Ibsen

    • Belles lettres
    • 6 Septembre 2006

    Sac au dos jeté
    et carabine chargée à la main,
    poêle fermé et porte close
    avec chevillette et clenche d'osier,
    puis un tour chez ma vieille mère
    dans la pièce tout à côté, -
    une poignée de mains en guise d'adieu, - un mot, -
    « Je reviendrai aussi gaillard que je m'en vais,
    et jusque-là - paix de Dieu ! »

    Remonter les courbes du sentier étroit,
    il mène au petit bois ;
    mais derrière moi, fjord et val
    dans un clair de lune brumeux.
    Je passe devant le mur de mon voisin,
    tout est si tranquille à la ferme ;
    mais au delà de la grille au pied d'un merisier
    une sorte de bruissement de feuilles au passage d'un corsage
    qui sonnait léger et doux.

    Elle était là dans son chemisier blanc,
    elle me souhaita le bonsoir.
    Elle était si belle, elle était si délicate,
    si fraîche, comme fleur de fjeld.
    D'un oeil elle riait et de l'autre
    elle faisait un petit air fripon !
    Je ris comme elle, et tout soudain,
    je fus à la barrière, tout près,
    seulement, alors, son oeil se mouilla. [...]

  • Poèmes

    Hans Christian Andersen

    • Belles lettres
    • 19 Novembre 2013

    Nombreux sont les lecteurs qui gardent au fond d'eux-mêmes le souvenir lumineux de quelques contes d'Andersen qui ont enchanté leur enfance. Peu cependant savent ou se souviennent que ce conteur a laissé une oeuvre immense dont les contes ne représentent qu'un sixième.
    Andersen se considérait lui-même d'abord et avant tout comme un poète et c'est tout naturellement qu'il avait recours à l'écriture poétique toutes les fois qu'il s'agissait de donner forme à une émotion que le langage ordinaire lui semblait impuissant à exprimer. Il a écrit environ mille poèmes qui constituent comme une voie d'accès privilégiée aux thèmes qui ont nourri son oeuvre entière, ses contes, bien sûr, mais aussi ses romans, son théâtre et même sa correspondance. On y trouve, dans un mélange de gravité et d'humour qui n'appartient qu'à lui, l'écho de son amour pour le pays natal, pour la nature et pour les paysages du Nord ou du Sud, mais aussi la trace des grandes interrogations qui n'ont cessé de l'accompagner tout au long de sa vie : le charme et la fragilité de l'enfance, la quête inassouvie d'un amour partagé, Dieu, la fuite irréversible du temps, le mystère de la vie et de la mort, thèmes romantiques par excellence mais qui sont aussi de tous temps et de tous lieux.
    Lire Andersen en ses poèmes, c'est donc mieux entendre ses contes et mieux comprendre les hommes. C'est surtout se mettre à l'écoute d'une voix singulière venue du Nord, celle d'un vrai poète, héritier du romantisme mais tourné déjà vers « la poésie de l'avenir » et qui scrute sans relâche ces énigmes que sont la vie et sa propre existence.

  • Chronique du château

    ,

    • Belles lettres
    • 18 Mai 2011

    Les membre de l'aristocratique famille Löwenstjerna s'adonnent à leur préoccupation préférée:se raconter des histoires, ici réunies sous le titre de Chronique du Château. Traduits pour la première fois en français, Le Pavillon de Chasse, La Biche et Le Baron Julius K* invitent à découvrir une Suède bientôt appelée à disparaître:celle d'avant l'industrialisation, où l'on se déplace à pied, à cheval ou en carrosse, où les cavaliers sont saisis par les murmures de la forêt immense et où les lacs traîtreusement tranquilles sont sans fond.
    Quoique peu connu en France, Carl Jonas Love Almqvist (1793-1866) est le représentant le plus brillant de la vie intellectuelle et littéraire suédoise de la première moitié du XIXe siècle. La Chronique du Château ouvre la porte à une oeuvre exceptionnelle, fruit du romantisme d'une sphère culturelle différente mais non étrangère à la nôtre.

  • Homme las

    Arne Garborg

    • Belles lettres
    • 23 Janvier 2013

    Hommes las constitue le dernier volet d'une tétralogie où les personnages, issus pour la plupart du prolétariat rural ou urbain, font l'expérience amère des réalités de la capitale norvégienne dans les années 1880. Nous y retrouvons plusieurs d'entre eux mais la forme est ici différente, et l'auteur n'exploite plus la même veine naturaliste. Ce « roman » d'une étonnante modernité, qui a défrayé la chronique lors de sa parution en 1891, se présente en effet sous la forme d'un journal, impressionniste jusqu'au pointillisme, qui compile des « notes et impressions » éparses à travers lesquelles un homme spleenétique, aboulique, déraciné, le cerveau ramolli par l'abus d'alcool, dialogue avec lui-même par... souci de soi. Car ses confessions sont aussi bien le reflet de l'angoisse existentielle qu'ont vécue les lecteurs de Nietzsche, dont Garborg lui-même et les écrivains de sa génération, que la tentative de trouver des repères intemporels afin de sortir de la « décadence », ressentie en Norvège, et ailleurs dans le Nord de l'Europe, comme un nihilisme difficilement compatible avec la quête de sens propre à l'idiosyncrasie scandinave, comme une crise qui affectait toutes les grandes questions débattues alors : l'amour, le mariage, la sexualité, la religion, la science...
    Derrière une ironie omniprésente et grinçante au plus haut degré, Garborg livre ici un Journal du séducteur version fin de siècle, quand s'essouffle la scandaleuse Bohème de Kristiania.Hormis quatre nouvelles traduites en français, le Norvégien Arne Garborg (1851-1924) est resté un inconnu chez nous bien qu'il fût nobélisable en 1920. Romancier, dramaturge, poète lyrique, redoutable polémiste dans la presse de son époque, ce fils de paysan originaire du Jæren aura été, comme l'écrivait Jean Lescoffier, « le baromètre le plus sensible de la vie intellectuelle et morale en Norvège ».

  • Au-delà des forces t.1 et t.2

    BjoRnstjerne BjoRnson

    • Belles lettres
    • 18 Juin 2010

    Célébrée au même titre qu'Ibsen dans la France littéraire de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, l'oeuvre de Bjornstjerne Bjornson (1832-1910) prix Nobel 1903 comporte d'authentiques chefs-d'oeuvre, notamment les deux pièces intitulées Au-delà des forces (I et II).
    Romantique champion de la " norvégianité " à ses débuts, l'effervescent Bjornson s'est ensuite mué en contempteur d'une société figée dans les conventions et les préjugés. Et c'est ainsi qu'après s'en être pris au monde de la presse, à l'affairisme ou à l'institution monarchique, il aborde la question religieuse dans Au-delà des forces I (1883), un drame qui témoigne d'un sens très sûr de la progression dramatique.
    Son héros est le pasteur Adolf Sang, un homme de charité et d'abnégation dont les efforts pour guérir sa femme par le pouvoir miraculeux de la prière n'auront d'autre résultat que de provoquer la mort des conjoints. Drame contemporain tout à fait réaliste, l'oeuvre baigne en même temps dans une atmosphère de mysticisme et d'irréalité qui s'accorde parfaitement avec le cadre envoûtant de la Norvège septentrionale.
    Dans Au-delà des forces II (1895), le milieu est tout autre et la problématique entièrement différente. Néanmoins, dans les deux cas, l'auteur combat la croyance illusoire en quelque chose d'irréalisable. En la circonstance, s'inquiétant des effets dévastateurs de la lutte des classes dans une Norvège récemment industrialisée, il dénonce à la fois l'oppression économique et l'emploi de la violence révolutionnaire, toute forme d'extrémisme qui, étant " au-delà des forces ", se révèle vaine.
    Prônant le rapprochement des classes sociales, il demande à celles-ci d'oeuvrer conjointement pour rétablir la solidarité de l'avenir.

  • Oeuvres choisies

    Nicolas Sténon

    • Belles lettres
    • 16 Novembre 2010

    Nicolas Sténon, en danois Niels Stensen (1638-1686) eut une vie riche en événements et en vicissitudes. Après avoir été un homme de science protestant, exceptionnellement doué et admiré par l'Europe entière pour son approche méthodique rigoureuse des questions scientifiques et par ses découvertes en physiologie, en anatomie, en géologie et en paléontologie, il se convertit au catholicisme en 1667, devint prètre en 1675 et évêque titulaire en 1677, se consacrant désormais entièrement au service de l'Église comme missionnaire dans les pays protestants. Il mourut en 1686, à l'âge de quarante-huit ans dans une grande pauvreté dans une petite ville du Mecklembourg et fut béatifié en 1988 par Jean-Paul II à Saint Pierre de Rome.
    Le présent livre rend accessibles, pour la première fois, à un public francophone ses principaux traités scientifiques et celles de ses nombreuses lettres qui éclairent le mieux les aspects religieux et spirituels, ainsi que ses rapports avec la France, où il séjournait de 1665 à 1666 et où il prononça, dans le cercle de Melchisédec Thévenot à Paris, son célèbre Discours sur l'anatomie du cerveau.
    Les oeuvres choisies de Sténon sont présentées, annotées et, pour celles qui ont été écrites en latin et en italien, traduites par Birger Munk Olsen, professeur à l'Université de Copenhague.

  • Saga des sturlungar (la)

    Collectif

    • Belles lettres
    • 8 Mars 2005

    La Saga des Sturlungar est le fleuron des sagas islandaises dites de contemporains parce qu'elles relatent les heurs et malheurs des Islandais aux XIIe et XIIIe siècles, selon les témoignages de contemporains, ce qui fait, première originalité, qu'exceptionnellement, nous connaissons certains de leurs auteurs.

    La Saga des Sturlungar rapporte, en une quinzaine de textes de très inégales longueurs, de quelle façon l'Islande médiévale, qui était parvenue à mettre au point un type de société, d'administration et de gouvernement sans équivalents ailleurs, a, peu à peu, perdu l'équilibre et la sérénité qui faisaient sa force, pour finalement se laisser détruire par des luttes intestines et passer sous la coupe du roi de Norvège, en 1264, perdant ainsi et pour presque sept siècles, son indépendance.

    C'est à la fois une sorte de traité de politologie, une amère méditation de type existentiel, une leçon de philosophie et c'est aussi une saga inimitable avec ce fameux style, ces règles de composition qui font la fortune du genre, de même que l'étonnante galerie de personnages, de décors et de péripéties émouvantes ou tragiques.

    Il s'agit sans conteste d'un des plus grands textes que l'Islande médiévale (et l'on peut bien ajouter : le Moyen Âge européen) ait engendrés.

  • Histoire de mes souffrances

    Jon Magnusson

    • Belles lettres
    • 8 Mars 2004

    La littérature islandaise, après la grande période des sagas et de la poésie médiévale, reste méconnue en France. Mais contrairement à ce que l'on pense parfois, il n'y a jamais eu aucune solution de continuité depuis le début jusqu'à nos jours, et le XVIIe siècle se signale par un renouveau inspiré de l'esprit baroque. Parmi les oeuvres marquantes de cette époque l'Histoire de mes souffrances de Jón Magnússon occupe une place de choix. Écrit par un pasteur luthérien qui se croyait persécuté par des sorciers et prit la plume pour se justifier, ce récit, qui se déroule dans une des régions les plus inhospitalières du pays, est un témoignage hallucinant, et unique dans son genre, des affres d'une âme tourmentée, au bord du naufrage, qui trouve néanmoins son sauvetage dans une foi inébranlable.

  • Hercules et autres poemes

    Georg Stiernhielm

    • Belles lettres
    • 14 Octobre 2005

    Georg Stiernhielm (1598-1672), que la postérité a surnommé « le père de l'art poétique suédois », est considéré comme l'un des grands auteurs de l'histoire de la littérature suédoise. Il était également un grand érudit dont le savoir s'étendait à la philosophie, aux langues, à l'histoire, au droit et aux mathématiques.Sont ici présentés et traduits en français les poèmes publiés par Stiernhielm lui-même à la fin de sa vie : Hercules, oeuvre allégorique et héroïque, ainsi que des livrets de ballets et quelques autres textes composés sous le règne de Christine de Suède dont il fut le poète favori. Homme de cour, il fut l'un des promoteurs de l'éveil culturel de ce royaume en quête d'une littérature nationale (et nationaliste !).Par son éclat et son exubérance baroque, l'oeuvre de Georg Stiernhielm est exemplaire d'une Suède devenue l'une des grandes puissances politiques et militaires de l'Europe du XVIIe siècle. Elle est le reflet de la prospérité du royaume et constitue ainsi un témoignage essentiel à la connaissance de l'époque. Mais elle vaut également et surtout pour son incontestable qualité littéraire.

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