Littérature germanophone

  • De la bêtise

    Robert Musil

    • Allia
    • 6 Janvier 2015

    Dans la vie de tous les jours, on a coutume de considérer comme bête une personne "un peu faible de la tête". Mais les variantes qui affectent l'âme comme l'esprit sont fort nombreuses, et peuvent entraver, contrarier ou fourvoyer jusqu'aux intelligences les plus saines que la nature ait faites, de sorte qu'on en revient finalement à des cas pour lesquels la langue ne dispose encore que d'un seul nom?: la bêtise. Ce mot recouvre donc deux réalités au fond très différentes : la bêtise probe des simples, et l'autre, quelque peu paradoxale, qui est même un signe d'intelligence. Dans la première, la faiblesse de l'entendement est absolue, tandis que dans la seconde elle n'est que relative. C'est de loin cette deuxième forme qui est la plus dangereuse.

    En stock

    Ajouter au panier
  • L'uniformisation du monde

    Stefan Zweig

    • Allia
    • 7 Janvier 2021

    «Les visages finissent par tous se ressembler, parce que soumis aux mêmes désirs, de même que les corps, qui s'exercent aux mêmes pratiques sportives, et les esprits, qui partagent les mêmes centres d'intérêt. Inconsciemment, une âme unique se crée, une âme de masse, mue par le désir accru d'uniformité, qui célèbre la dégénérescence des nerfs en faveur des muscles et la mort de l'individu en faveur d'un type générique.» Dès 1925, Stefan Zweig pressent l'un des grands bouleversements sociaux de notre temps?: l'uniformisation du monde. Alors que le concept de mondialisation reste toujours à inventer, il examine avec perplexité des sociétés qui gomment peu à peu toutes leurs aspérités. Comment en sommes-nous arrivés là??
    Dans ces pages habitées d'une lumineuse mélancolie, il décrit déjà l'avènement de l'instantanéité et de la simultanéité, à travers la mode, le cinéma, la radio ou même la danse. Facilité par des bouleversements techniques profonds, ce culte de l'éphémère joue un rôle central dans l'unifor­misation critiquée par Zweig.
    S'il dénonce la gravité d'un tel processus­, c'est tout simplement qu'il en va de notre liberté. À une époque où le fascisme commence à poindre, Zweig nous met en garde contre une autre forme de tyrannie. Car il n'y a qu'un pas de l'uniformisation des modes de vie à la servitude volontaire des individus. En écho à la massification de la vie sociale, cette uniformisation ouvre finalement la porte à toutes les dérives autoritaires du pouvoir, dont Zweig perçoit le risque avec sensibilité. Dernier recours pour les individualités récalcitrantes?: fuir en elles-mêmes, pour oublier l'oppression du collectif.

  • L'histoire de Lapin Tur

    Toroni Niele

    • Allia
    • 1 Juin 2017

    Écrite en 1976, cette petite fable allégorique pleine d'humour et d'ironie relate l'histoire d'un lapin dénommé Tur. Méprisé par ses petits frères, Lapin Tur est mis à l'eau et, de rage, passe par toutes les couleurs avant de finir par amuser la galerie... Les malheurs sont nombreux et tout semble condamner Lapin Tur qui est dans de beaux draps, sent mauvais et coule à une fin tragique. Sous des faux airs de conte pour petits et grands, Niele Toroni condamne fermement la peinture académique, plus particulièrement celle de chevalet, déjà bien mise à mal dans les années 1970.
    Suivi de L'Histoire de la couleur de Georg Simmel, conte écrit en 1904.

  • De l'élaboration de la pensée par le discours

    Heinrich Von Kleist

    • Allia
    • 3 Mars 2016

    Semblable à une lettre adressée à un ami, cet essai fulgurant hisse l'oralité comme condition de la raison. Pour que je puisse formuler clairement ma pensée, il me faut une oreille. Mieux encore : un visage. Quand la relation à autrui nous anime, nous sollicite, nous excite, nous pousse aux improvisations les plus éhontées, sources des idées les meilleures.
    Que vous bafouilliez, émettiez des sons inarticulés ou oubliiez quelque liaison, peu importe :
    La clarté peu à peu se fait dans votre esprit et vous encourage à poursuivre. L'interaction oblige à puiser en soi, à faire preuve d'audace, à développer une stratégie prompte à se tirer d'affaire. À la lumière de sa propre expérience, Kleist écrit là une véritable plaidoirie en faveur de l'expression orale et de ses ressorts cachés.

  • Chicago-Ballade

    Hans Magnus Enzensberger

    • Allia
    • 23 Avril 2009

    Chicago-Ballade est une plongée au coeur du Chicago des années 20 et une exploration des dessous de l'un des mythes qui lui est associé, le gangster. Au lendemain de la promulgation de la loi Volstead qui instaure la prohibition, le crime organisé fait main basse sur la ville et fait régner la terreur. Les circonstances permettent à Al Capone d'accéder à la tête du réseau de contrebandiers qu'il érige rapidement en véritable empire industriel. A travers cet essai, H.M. Enzensberger revient sur l'ascension fulgurante de ce grand magnat du crime et tente de dévoiler les arcanes de la société secrète dans laquelle il évolue. La figure mythologique du gangster n'est pas née ex-nihilo. Elle n'a pu voir le jour qu'à cet instant précis de l'histoire, caractérisé par un marasme politique et une économie moribonde, portée par l'assentiment et l'inconscient de la société américaine de l'époque.
    Un texte d'une étonnante actualité par ces temps de confusion entre crime et politique.

empty