Sciences humaines & sociales

  • Nous autres réfugiés

    Hannah Arendt

    • Allia
    • 3 Janvier 2019

    Depuis la Seconde Guerre mondiale, le «réfugié» préfère en général l'appellation de «nouvel arrivant» ou d'«immigré», pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié.
    Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

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  • Pancho Villa

    John Reed

    • Allia
    • 22 Janvier 2009

    Avec Pancho Villa, John Reed nous entraîne dans une chevauchée épique aux côtés du chef révolutionnaire mexicain. Prenant pour cadre les années 1910, le jeune reporter nous livre le portrait aux accents cubistes d'un homme ordinaire au destin hors du commun. De Doroteo Arango à Pancho Villa, du péon au dirigeant charismatique, un homme que Reed décrit avec une admiration mêlée d'humour, sans jamais tomber dans l'apologie. On demeure fasciné par la complicité qui lie les deux hommes. L'intensité de leur vie, leur intuition de l'engagement et leur refus du recul intellectuel les rendront admirables... mais c'est aussi ce qui rendra leurs morts tragiques.
    Rare document sur une période méconnue de l'Histoire, le livre de John Reed nous transporte dans un Mexique chaleureux, utopique et enchanteur, un pays en révolution où tout est possible.

  • La montée des eaux

    Charles C. Mann

    • Allia
    • 23 Avril 2009

    En partant d'un exemple concret - le Chinois Qin Huairen et la ville de Changzhou -, Charles C. Mann traite, de façon très pédagogique, de la crise de l'eau sur un plan international. Didactique et extrêmement pointu sur les plans historique et scientifique, ce texte tiré de Vanity Fair, est un remarquable reportage. Ancrée dans l'histoire, l'expérience de Qin Huairen, qui ouvre le texte sur une tonalité positive à partir de la description de la ville, permet à Charles C. Mann d'envisager le problème global de l'eau, sa complexité et ses enjeux éthiques à l'échelle mondiale. S'appuyant sur des exemples significatifs, puisés dans différents pays, l'auteur offre les clefs pour comprendre le danger encouru par la gestion de l'eau, et notamment ses enjeux politiques. Incapables de financer l'eau sans s'endetter, la majorité des politiques publiques mondiales privatisent ce service, confiant cette charge à des multinationales, qui, désormais, détiennent le monopole de l'eau. Ces compagnies sont d'ailleurs surnommées les 'Big Water'. Charles C. Mann montre que les pays pauvres, bien que premiers touchés, ne sont pas les seuls à souffrir de ce problème, et il évoque par exemple la compagnie française Veolia. Ainsi, reconnaît-il à Veolia sa politique de conservation et de distribution d'une eau de bonne qualité, ainsi que des accords avec les pouvoirs publics quant aux prix pratiqués. Mais, pour autant, une bonne partie de la population ne peut payer ces factures, établies par des compagnies avant tout soucieuses de rentabilité. Avec un ton aussi nuancé que convaincant, il argumente la spécificité de l'eau par rapport aux autres biens de consommation et opère au fil du texte une gradation vers le pire. Devant l'implantation grandissante d'usines dans les villes chinoises, qui tendent à polluer les rivières nécessaires aux cultures sans pour autant se voir pénalisées, l'Etat fait appel aux 'Big Water' pour purifier l'eau. Ce qui conduit à une augmentation considérable du montant des factures. Ainsi, une bonne partie de la population se voit privée de l'accès à l'eau. Mais de quel droit ? Peut-on ainsi laisser le monopole de distribution de l'eau à une entité privée ? Ne subissons-nous pas, dans ce cas de l'eau, bien de tous, une dictature des multinationales ? L'énoncé d'expériences édifiantes, notamment celle de l'Amérique latine récemment frappée de crise, l'accumulation des faits et leur enchaînement quasi inexorable interpellent. A l'heure d'une crise mondiale, on ne saurait trop recommander un tel texte, qui fait preuve d'une efficacité redoutable.

  • La conduite de la guerre

    Langewiesche/William

    • Allia
    • 23 Août 2008

    Dénué de pathos, La Conduite de la guerre nous plonge dans le quotidien d'«as­sa­­s­sins ordinaires», couverts par les «règles de l'engagement» qui, en pratique, permettent à peu près n'importe quoi. Le 19 septembre 2005, à Haditha, une mine posée par des insurgés irakiens fit exploser un véhicule militaire américain, causant la mort d'un Marine de 20 ans. Il s'ensuivit un massacre au cours duquel vingt-quatre civils irakiens - hommes, femmes et enfants - furent tués. Tel est le point de départ de ce livre. William Langewiesche montre que ce carnage s'inscrit dans la conduite normale de la guerre. Sans emphase, il met au jour et décrypte le cercle vicieux dans lequel sont enfermés les soldats et, en témoin, décrit de l'intérieur le déroulement de cette guerre. Disposant de moyens disproportionnés, les combattants se livrent à des actions sordides mais présidées par des principes impitoyables, jamais remis en cause. Ces hommes ne sont pas des barbares mais ne peuvent en aucun cas influer sur le déroulement des choses. Le contrat qui les lie à leur nation répond à une logique implacable que nul, du plus haut gradé jusqu'au dernier Marine, n'est en mesure de renverser. Règles irra­tionnelles qui conduisent à rendre cette guerre naturellement sans issue.

    La Conduite de la guerre n'est pas un pamphlet pacifiste, il n'y a pas de bons et de méchants. Il témoigne de l'absurdité accablante et de l'horreur du conflit irakien. Dans le même temps, par sa rigueur et son attachement aux événements, il incarne un modèle de ce que devrait être le journalisme.

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