Yan Morvan

  • Pigalle

    Yan Morvan

    Yan Morvan est reconnu comme l'un des grands spécialistes contemporains de la photo de guerre, qui constitue ses premiers reportages. Il collabore à Libération puis, membre de Sipa Press, correspondant permanent de l'hebdomadaire américain Newsweek, il couvrira les principaux conflits dans le monde. Périodiquement, il revient en France et réalise des reportages sur les marges de la société. En 1994, il se consacre à une immersion à Pigalle, ses cabarets, ses sex shops et autres boîtes échangistes. Il en ramène des portraits de personnages de la nuit, des images en couleurs ou noir et blanc de l'envers du décor, des marginaux des trottoirs où se pressent hommes et femmes venus chercher le frisson de la transgression dans la nuit.

  • Bobby Sands est mort le 5 mai 1981 à 1h et 17mn du matin.
    Bobby Sands est arrêté et condamné à 14 ans de prison pour possession d'armes à feu. Il commence le 1er mars 1981 une grève de la faim suivie par neuf autres prisonniers politiques membres de l' IRA ( Armée Républicaine Irlandaise) et de l'INLA ( Armée nationale de Libération irlandaise).
    Leurs revendications : obtenir le statut de prisonniers politiques auquel ils ont droit. Ils mourront tous, les derniers dans la presque indifférence générale.
    Ces épisodes qui pourraient évoquer une « histoire ancienne » rejoignent malheureusement la plus proche actualité. La Catalogne, aujourd'hui, réclame son indépendance comme d'autres états et citoyens de l'Europe, lassés de voir leur identité se diluer dans la « mondialisation ».
    Le conflit entre Catholiques et Protestants, les partisans de l'indépendance et du maintien dans la couronne rappelle l'histoire passée de la Grande- Bretagne et du clivage actuel entre partisans et opposants au Brexit.
    L'Irlande du Nord, terre la plus pauvre de l'Europe qui a fourni les contingents de travailleurs à la première révolution industrielle britannique et les déracinés qui ont construit l'Amérique au XIXe siècle rappelle la crise des migrants qui s'est installée durablement dans nos sociétés.
    On pourrait évoquer aussi le clivage Nord-Sud, catholiques pauvres du Sud contre Protestants riches du Nord, à l'envers cette fois-ci.
    Conclure par l'immense respect qu'inspire ce peuple de déshérités et d'insoumis unis jusqu'au sacrifice de ses enfants pour écrire par la souffrance cette page d'éternité.
    Yan Morvan est à l'époque photographe pigiste à l'agence de presse Sipa, une des trois grandes agences de presse photographique parisienne des années 80. Il a le profil du jeune reporter déterminé risquetout qui convient à la situation d'émeutes qui règne en Irlande du Nord.
    Il est alors tout naturellement envoyé sur les affrontements de Londonderry en avril 1981. Il y restera trois semaines et y retourna plusieurs fois pendant cette même année.
    « Ces semaines que j'ai vécu à Derry et Belfast, vivant avec les émeutiers de quartiers catholiques, photographiant la tension, le désespoir, la foi et le courage des Irlandais, utilisant l'appareil photographique comme d'une arme servant leur cause, me persuadèrent à tout jamais du bien-fondé du témoignage photographique comme instrument de mémoire, d'émotion, de réflexion, gages d'un monde libre et démocratique ». Yan Morvan.

  • L'invasion du Liban par l'armée israélienne en 1982 marque le début de l'opération « Paix en Galilée ».
    Le photojournaliste Yan Morvan est dépêché sur place par l'agence Sipa pour Newsweek. De 1982 à 1985, il raconte la guerre du Liban telle qu'il l'a vécue et au cours de laquelle il a failli à plusieurs reprises perdre la vie... Il relate l'histoire d'un pays déchiré, sans jamais prendre parti ni privilégier un des acteurs de ce drame, afin de restituer le plus fidèlement possible les épisodes marquants de ce conflit majeur.
    En parallèle, il nous livre son reportage poignant réalisé avec sa chambre photographique grand format sur la « ligne verte », le no-man's land qui traverse Beyrouth et sépare les belligérants. La guerre à la chambre 4 × 5 inches, c'est à contre-courant de tout : le sujet pose, le temps s'arrête, un moment rare sur une ligne de front. Les combattants posent pour la gloire éphémère d'un portrait, les civils encore présents dans la ville meurtrie pour dire au monde qu'ils sont toujours là et qu'ils ne pourraient pas être ailleurs, avec autour un sinistre amoncellement de ruines...

  • Pourquoi publier une 2ème édition de PHOTOJOURNALISME ?
    La photographie est un outil privilégié lié au désir de représenter le réel et de se l'app[+]roprier. Pas plus que le dessin, elle n'a de réalité objective. Le signifié dépend du point de vue de l'observateur. Si la photographie de presse ne peut se passer de légendes sans risquer de subir contresens et manipulations, au-délà des mots, il existe une écriture "photojournalistique" qu'il convient d'appréhender afin de la retranscrire. Certains codes la rendent compréhensible par une grande majorité. C'est l'objet du présent ouvrage : une leçon de décryptage appliquée au langage de l'image de reportage. Cette leçon s'adresse aussi bien aux producteurs qu'aux utilisateurs. La présente édition reprend, en partie, les interviews et les chapitres "théoriques" écrits en 2000. Ils restent toujours d'actualité et ont même acquis plus de pertinence avec le recul. Un nouveau chapitre sur le numérique a été ajouté, qui correspond à la véritable révolution technique qu'a connue la pratique de la photographie ces dernières années.

  • BKK

    Yan Morvan

    • Noeve
    • 2 Septembre 2020

    Femme, homme ou serpent, qui que tu sois, raconte-toi. Je recueille les mots, les gens, les endroits. Fin de l'angoisse à Bangkok, no man's land, aire de repos, de transit, de trafic. Par charters tout le monde déferle : Blancs, Rouges, Jaunes, Noirs, pour une nuit, une semaine ou la vie. Le trou du cul du monde où s'enfoncent cent mille verges. Vive la Thaïlande et la nouvelle économie sexuelle ! (...) Yan Morvan Yan Morvan propose avec « BKK » une immersion dans le Bangkok des années 80 ou il a passé cinq mois. L'ambiance et la substance de cette ville nous sont restituées par les photographies et le texte écrit in situ par le photographe. Il y révèle l'atmosphère de la ville à ce moment bien précis. Nous assistons dans « BKK » à la construction d'un regard, celui d'un jeune photographe plongé en apnée dans un monde qui peut rapidement vous asphyxier et vous perdre. Pas de misérabilisme, de voyeurisme, ou de sensationnalisme, ce livre est un témoignage unique, sous hypnose, une fresque sociale et politique, une sorte de radiographie de l'Asie du Sud-Est et des dessous de la société industrielle.
    Ville du plaisir où tout est permis, où les clients venus du monde entier peuvent assouvir pour quelques bahts leurs phantasmes sans limite aucune, Yan Morvan nous entraine dans les bas-fonds du hard discount sexuel, ou l'alcool et autres substances psychotropes font partie du décor. Il montre des corps abîmés par la prostitution, l'alcool, la drogue et les grossesses à répétition, la nécessité de ce commerce du sexe pour la survie d'une famille restée à la campagne, les moments de repos essentiels pour échapper à un quotidien quasi exclusivement nocturne. Chaque image est dotée d'une force et d'une douceur, l'effet produit est tout à fait fascinant : nous sommes aspirés par le tumulte des lumières, la frénésie des clubs ou tout est mis en oeuvre pour aguicher les clients puis soudain nous plongeons dans le calme d'une chambre en face à face avec une prostituée. Yan Morvan décrit la dureté des maquereaux, la turpitude des clients mais aussi leur naïveté parfois, l'illusion des prostituées qui espèrent se trouver un mari occidental. Pas de jugement dans le regard du photographe, mais de l'observation avec respect et probité. À BKK, il gagne la confiance de certaines d'entre elles, ce qui lui permet de pénétrer dans leur intimité familiale et d'entre apercevoir l'envers du décor : qui sont ces filles, d'où viennent-elles, pourquoi se prostituentelles, ou vivent-elles, ou et qui sont leur famille, y-a-t-il une vie après la prostitution ?
    Le passage d'un lieu à l'autre (bars, karaokés, saunas, restaurants, appartements...) permet à Yan Morvan de disséquer un monde à double visage qui affiche les stigmates de la colonisation occidentale et l'isolement par la société de ces communautés indispensables à l'économie du pays mais incompatibles avec l'image de progrès industriel. BKK se veut le reflet de ce que vivent encore aujourd'hui ces milliers de femmes, les débuts de la marchandisation de la chair humaine à l'échelle industrielle, le regard n'est ni sévère, ni complaisant, simplement réaliste.

  • 1981 Nouv.

  • Les affichistes ont contribué à cette effervescence charnelle, offrant aux frontons des salles sexy des créations souvent plus explicites que les films qu'elles annonçaient. Affiches, photos d'exploitation, synopsis et pavés de presse témoignent de la vitalité d'un materiel publicitaire obsédé par le sexe. Dans ce volume : mondo movies, les "bad girls", film noir, naturisme, épouvante sexy. Quelques titres : Mondo Cane, Paris secret, La Reine des Barbares, Les Amazones du désir, Le Sadique de l'autoroute, Trafic de filles, L'Île aux femmes nues, Du sang pour Dracula, La Goulve, etc.

  • Considéré comme l'un des plus grands photojournalistes français, Yan Morvan revient sur trente ans de carrière, menés au pas de charge.Correspondant permanent de l'hebdomadaire américain Newsweek, puis de l'agence SIPA, il couvre les principaux conflits contemporains : Iran-Irak, Liban, Irlande du Nord, Philippines, chute du mur de Berlin, Rwanda, Kosovo... Et même le mariage de Lady Di dont sa photo fera le tour du monde.Ses nombreux scoops lui vaudront une reconnaissance internationale, mais également beaucoup d'ennuis : au Liban, il sera condamné à mort à deux reprises, en réchappant toujours de façon miraculeuse. En France, pour Libération ou Paris-Match, il travaillera également sur les gangs, ce qui lui vaudra d'être pris en otage et torturé pendant trois semaines par le serial-killer Guy Georges. Depuis 2004, il enchaîne les reportages sur des sujets de fond : les banlieues et les victimes de guerre ou de la route.

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