Monique Bourin

  • Le sac de Béziers ; il est peu d'événements du Moyen Age qui aient eu un tel retentissement auprès de ses contemporains et peu qui aient ensuite, au fil des siècles, acquis un telle portée symbolique. Peu de villes aussi qui aient connu, au cours de leur histoire, pareilles alternances d'opulence et de malheurs. En 1209, la Croisade des Albigeois s'ouvre par la prise de Béziers. Riche et forte parmi les autres villes languedociennes, qui aurait pu alors penser qu'elle serait prise et pillée par une armée que son immensité même fragilisait ? " Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens " ! Stupeur ! Ensanglantée, Béziers ne s'est plus guère rebellée. Qu'aurait été le XIIIe siècle languedocien si Narbonne et Béziers avaient réalisé l'impossible cause commune ? Mais le Languedoc est multiple, une mosaïque d'intérêts divergents. Ces divergences font sa faiblesse et sa force. Car un demi-siècle plus tard, malgré sa haute noblesse terrassée, le Languedoc, et Béziers au premier plan, font preuve d'une étonnante capacité de rebond et de renouvellement. A l'occasion du huitième centenaire de cet épisode tragique de la Croisade, un groupe de médiévistes, spécialistes des pays d'oc, l'a reconsidéré en le mettant au centre d'une histoire aussi large que nécessaire, politique, sociale, économique, culturelle, à partir de documents peu ou mal connus. De part et d'autre de cette horrible année 1209, son passé de vicomté languedocienne et son avenir intégré au royaume de France apparaissent sous des traits nouveaux.

  • « Le XIIIe siècle paraît être une période où se transforment les modes de consommation et de communication. Ces évolutions sont suffisamment lentes pour être étudiées dans le cadre globale des années 1200-1330. D'autres, au rythme plus rapide, demandent à être fragmentées. Celui des fluctuations économiques en premier lieu, mais aussi celui des inflexions de la politique. Les équilibres qui caractérisent le « siècle de Saint Louis » sont alors remis en question. Dans un cadre territorial de plus en plus ferme, l'État se fait plus pressant. Une France centralisée et parisienne naît d'une juxtaposition de régions, pour le meilleur et pour le pire. »

  • Quand et comment les images sont-elles entrées dans la maison ? Quel était leur rôle dans la vie de tous les jours ? Comment cette histoire rencontre-t-elle notre présent que l'on dit saturé d'images ? De la fin du Moyen Âge aux réseaux sociaux numériques, les images ont été profondément "domestiquées". Présentes dans les palais et les églises, elles sont entrées progressivement dans les maisons des villes et des campagnes. La diversité de ces images est telle que notre perception de l'époque s'en trouve bouleversée. Certaines protègent les lieux, d'autres servent d'aide-mémoire ou de support à la prière, la plupart des décors sont des signes de prestige. La demeure devient une extension du soi individuel et collectif.

    Alternant essais et études de cas abondamment illustrées, les auteurs proposent un premier jalon d'une histoire sociale et intime des images, en s'attachant aux décors et aux signes qui - présentés ici de l'extérieur vers l'intérieur - exprimaient la culture et l'identité des habitants mais aussi des familles et des réseaux de connaissance. L'histoire de la personne et l'histoire des images trouvent dans la maison un lieu de rencontre plein de surprises. Vue depuis notre XXIe siècle dit "connecté", c'est incontestablement à la fin du Moyen Âge qu'a commencé notre cohabitation avec les images.

  • Un prénom et un nom pour désigner une personne nous apparaît comme « naturel », d'autant plus que ce système s'est imposé à une grande partie de la planète. En Europe occidentale, l'usage de désigner toute personne par un prénom et un « nom de famille » s'est installé très tôt, entre l'an mil et le XIVe siècle. C'est à cette naissance, à ses rythmes, à ses nuances régionales que se sont consacrés les auteurs, dont ce volume rapporte la démarche et les principaux résultats. Ils décrivent les étapes qui ont permis d'analyser comment dans la période centrale du Moyen Âge, s'est construite une « nouvelle anthroponymie », pour désigner une partie de la population, les hommes laïcs. Car c'est pour eux que s'est créée l'anthroponymie à deux éléments, le nom et le surnom. Rapidement, cette enquête, partie de quelques régions françaises, s'est élargie à l'Europe. Ce livre montre les développements qui se sont imposés aux chercheurs, dont la question de la stigmatisation par le nom ainsi que la manière dont l'anthroponymie réagit aux migrations. Derrière ces questions, c'est tout le rôle, intégrateur ou discriminant, de l'anthroponymie qui est posé. La société médiévale n'est pas tendre, elle rit de l'aveugle et se moque du boiteux, elle se méfie de l'étranger qui passe, mais elle ne manque pas de solidarité et d'ouverture sur le monde. Les auteurs font par ailleurs le point sur les concepts, les méthodes et les instruments statistiques qui ont été mis au point et constituent maintenant un protocole applicable pour de nouveaux corpus. Ils en font un ouvrage de référence sur la question du nom au Moyen Âge.

  • La mobilité géographique est d'une brûlante actualité. Ce volume a choisi un fil directeur pour l'aborder dans ses manifestations médiévales, celui du nom des migrants. Au-delà de l'étude des courants migratoires, de leurs directions et de leur intensité, il s'agit de déchiffrer, à travers les comportements onomastiques, les relations entre autochtones et nouveaux venus, et les modalités de l'intégration des étrangers. Cette approche implique une connaissance approfondie des caractéristiques anthroponymiques régionales. Selon des méthodes variées, des exemples divers sont ici examinés, choisis à travers toute la période, pris dans différentes régions, concernant des individus pauvres ou riches, tous venus de loin, autour d'une même question : qu'arrive-t-il au nom des migrants ?

  • Les travaux présentés ici mettent en évidence l'utilisation fréquente des cavités dans les fortifications ou les habitats médiévaux. De la grotte-refuge au château-baume ou aux habitats permanents, de l'ermitage aux églises rupestres, ces structures, tantôt naturelles, tantôt artificielles, sont abordées ici sous les angles les plus divers. De leur confrontation commencent à poindre des problématiques originales enrichissant la question de l'économie, de l'évolution et des dynamiques d'occupation de ces structures au Moyen Âge.

    Avec le soutien de l'Amicale laïque de Carcassonne, l'association les Cruzels (Saint-Martin-le-Vieil), la mairie de Saint-Martin-le-Vieil, la communauté de communes du Cabardès au Canal du Midi, le conseil général de l'Aude, le conseil régional Languedoc-Roussillon et la Drac Languedoc-Roussillon (Service régional de l'archéologie).

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