Magali Bessone

  • Lexique des réparations de l'esclavage Nouv.

    Justice, dignité, abolitions, indemnités, mémoire, droits, race, responsabilité... Cet ouvrage entend éclaircir les sens et les enjeux d'une constellation de termes associés aux réparations au titre de l'esclavage. Chaque définition propose une mise en situation passée et présente des mots, à la lumière des sciences humaines et sociales : à chaque notion est associée une question au coeur des débats contemporains. La question des réparations est ainsi replacée au centre de préoccupations philosophiques, juridiques, politiques, économiques et historiques, inscrites dans une réflexion globale et de longue durée sur la domination.
    Ce lexique a pour objectif principal d'expliquer à un grand public les enjeux des revendications de réparations, au-delà des polémiques et des conflits politiques.
    Ce livre est issu d'un travail collectif mené par des anthropologues, historiens, juristes, philosophes, politistes, au sein du programme financé par l'Agence nationale de la recherche, et intitulé REPAIRS, « Réparations, compensations et indemnités au titre de l'esclavage (Europe-Amériques-Afrique) (xixe-xxie siècles) ».

  • La traite et l'esclavage colonial sont des « crimes contre l'humanité », déclare la Loi du 21 mai 2001, dite « Loi Taubira ». Ce sont des injustices historiques, moralement condamnables. Mais quelle forme politique cette conviction morale peut-elle revêtir ? Pourquoi, comment, punir ou réparer des crimes dont tous les protagonistes sont depuis longtemps disparus ? Quelle théorie de justice adopter pour traiter - appréhender et évaluer - les demandes de réparations qui émergent et quel sens donner à la notion de « réparation » ? Enfin, quelle responsabilité les générations contemporaines peuvent-elles avoir à l'égard des injustices du passé ? Écartant le langage du blâme et de la culpabilité, Magali Bessone montre que notre responsabilité contemporaine de réparer l'injustice s'ancre dans ce que nous nous devons les uns aux autres au titre de citoyens. Il dépend de nous de ne pas ignorer notre passé et de viser la transformation de nos structures sociales et politiques afin de les rendre plus justes.

  • Peut-on faire de la philosophie politique sans étudier l'histoire des concepts et théories politiques ? La fonction critique de la philosophie politique transforme-t-elle nécessairement cette dernière en philosophie sociale ? Comment la philosophie normative dialogue-t-elle avec les sciences sociales, avec le droit, avec l'économie ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ce volume apporte des réponses croisées, réfléchissant chacune à partir de son objet particulier (la démocratie, la nation, le travail, la peine, l'entreprise, la mondialisation...) à la justification et à la légitimation des processus de théorisation qui sont au coeur des méthodes en philosophie politique.

  • Le concept de race - et ses déclinaisons catégorielles - a été historiquement enrôlé pour justifier de multiples formes d'injustice : discrimination, exploitation, oppression, voire annihilation de groupes entiers de l'humanité. Pour lutter contre le racisme, il a donc pu sembler cohérent de vouloir définitivement disqualifier le concept qui en constituerait le fondement. Ce livre défend pourtant la thèse adverse :
    Entreprendre de réduire les inégalités raciales exige un usage analytique et critique du concept de race.
    Socialement construites, les catégories raciales sont aujourd'hui à l'oeuvre, de manière plus ou moins masquée, dans de nombreuses pratiques administratives, juridiques et politiques. Ne pas les nommer, c'est s'interdire d'en débusquer les effets discriminatoires. Une philosophie politique soucieuse de penser l'injustice sociale sous toutes ses formes, mettant sa compétence propre de clarification conceptuelle au service d'un engagement politique, se doit d'affronter la question raciale.

  • La justice

    Magali Bessone

    Rassemble des textes d'Arendt à Walzer, en passant par Aristote, la Déclaration des droits de l'homme, Foucault, Hobbes, Kant, Pascal ou Rousseau. Une seconde partie aborde les thèmes du constitutionnalisme, de la désobéissance civile et civique, de la résistance, du droit du plus fort, de l'équité, de la raison d'Etat...

  • On connaît Thomas Jefferson, le rédacteur de la Déclaration d'Indépendance américaine, le troisième Président des Etats-Unis, le Père fondateur le plus charismatique de la République américaine, le sage de Monticello.
    Alexander Hamilton est volontiers considéré comme " l'autre " du projet moral, politique et économique de la République américaine naissante : nationaliste, conservateur et plus à l'aise dans les eaux troubles de la finance que dans la clarté des principes révolutionnaires fondant l'Amérique. Or l'opposition entre les deux hommes, qui culmine sous la présidence de George Washington, repose sur la mise en oeuvre de leurs théories politiques, également complexes et cohérentes ; il faut se garder des simplifications tranchées qui opposeraient le républicain au monarchiste, le démocrate au libéral ou l'ancien au moderne, selon les enjeux du moment.
    La prise en compte des principes républicains de chacun permet d'éclairer le paradoxe interne de la démocratie libérale américaine : la République américaine est née d'un équilibre fragile et ambigu entre deux visions concurrentes de l'Amérique dont chacune a agi sur le cadre constitutionnel, les structures économiques et la construction de l'idée nationale. Les Etats-Unis sont le produit de la rencontre de ces deux visions politiques.

  • La race n'est-elle qu'une chimère une fiction collective aux effets pernicieux ou est-elle un concept nécessaire à l'analyse et à l'éradication éventuelle du racisme et de ses conséquences ? Cette catégorie ambiguë relève-t-elle de la biologie ou bien renvoie-t-elle à une réalité de nature socio-politique ? Le racisme est-il d'abord un attribut des individus ou des institutions un état mental fait de croyances et d'affects ou un système social ? Toute discrimination raciale est-elle inévitablement raciste ? Est-elle immorale et injuste même dans les cas où elle ne serait pas entièrement irrationnelle ? Enfin, la discrimination positive est-elle justifiable ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans ce recueil, qui propose une introduction au champ d'investigation que la race, le racisme et les discriminations constituent pour la philosophie ici envisagée dans son articulation avec les sciences sociales. Il réunit dix textes majeurs, presque tous inédits en français.

  • On pense, on vit, on agit comme si les races existaient vraiment. Le nier, c'est refuser de voir qu'elles organisent réellement le monde qui nous entoure, alors que les identités sont multiples, faites de multiples brins, tissant ainsi cet écheveau dont on ne maîtrise rien, et qu'on appelle... l'humanité. C'est cette réalité qu'il faut transformer, pour combattre les discriminations raciales et le racisme.

  • Depuis la création du tribunal TPIY en 1993, poursuites, sanctions et acquittements rythment les politiques d'inculpation. Ce livre revient sur la création, la réception et l'évolution de ce tribunal, symbole d'une justice internationale importée, imposée. Il confronte les pratiques du TPIY et les pratiques pénales nationales, sa réception dans un pays dont on oublie trop souvent sa pleine appartenance à un espace et à une tradition européenne, et ayant vécu des procès de sorties de guerre, en restitue le contexte historique, philosophique, politique et social. Une autre grande originalité de ce livre est l'attention portée à la peine. Car le TPIY affecte d'abord les pays concernés par ses inculpations et les peines qu'il accorde. La complexité des prises de position, les différences géographiques, les héritages, les rapports entre vérité juridique et vérité historique, les mots juridiques et leur glissement vers un vocabulaire ordinaire, les attentes des sanctions, le ressenti des victimes, l'utilisation des plaidoyers de culpabilité : les multiples facettes de la justice pénale internationale appellent, pour être éclairées, à une réflexion collective. Face à des questions laissées longtemps sans réponse, juge, historien, criminologue, philosophe, anthropologue croisent ici leurs regards. Certains, acteur ou témoins, reviennent sur leur expérience. Ces décloisonnements constituent une lecture inédite et courageuse du TPIY.

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