Sciences humaines & sociales

  • Grèves, manifestations, tribunes politiques et syndicales... Par un puissant mouvement social, le Front populaire change la vie des Français : congés payés, semaine de 40 heures, hausse des salaires...
    De 1936 à 1938, les gouvernements du Front populaire, et notamment celui de Léon Blum, lancent des réformes historiques. Dans les villes et les campagnes, c'est la liesse : les ouvriers occupent les usines, les paysans luttent contre les saisies, les familles partent en vacances... Mais l'image de la joie collective masque les tensions nées de la peur du désordre, de l'entrave à la propriété privée ou d'un complot venu de l'étranger.
    À partir de nouvelles archives, Jean Vigreux prouve que cette « échappée belle » a été une expérience gouvernementale fondamentale pour comprendre l'histoire sociale et politique de la France contemporaine.

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  • De la naissance de la Ve République, en 1958, jusqu'au premier choc pétrolier de 1973 qui fait basculer le pays dans la crise, la France connaît une période de plein-emploi et de croissance, marquée par des politiques volontaristes de modernisation agricole et industrielle. Faut-il en rester pour autant à l'idée de Trente Glorieuses ? L'époque fut aussi un temps de bouleversements et de conflits, de refondations politiques et syndicales. Les événements de 1968 ouvrent une décennie de contestations et de libération des moeurs. « Tout est politique » : le politique ici donne le ton, mais sous la forme d'une histoire sociale du politique qui varie les échelles du local au national et met l'accent sur les hommes et les réseaux.

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  • L'ouvrage Le Congrès de Tours propose une synthèse sur le 18e Congrès national de la SFIO qui voit la naissance il y a 100 ans, en décembre 1920, de la SFIC (le futur PCF). Revenant sur les enjeux du Congrès dans la suite de la Première Guerre mondiale et des révolutions russes, l'ouvrage propose un récit qui met en scène les différents protagonistes de la scission du parti socialiste né peu de temps auparavant sous l'égide de Jean Jaurès en 1905. Au-delà des figures connues comme Léon Blum, Jean Longuet, Marcel Cachin ou Louis-Oscar Frossard, on retrouve les militantes et militants délégués au congrès. Il s'agit également d'observer ce Congrès dans un contexte national, mais aussi international afin de comparer ce qui se passe en France par rapport aux autres partis socialistes européens et/ou mondiaux. Enfin, l'ouvrage insiste sur la mémoire du Congrès, mémoire forgée au sein des deux camps SFIO et SFIC ou chez les frères ennemis.

  • Le front populaire

    Jean Vigreux

    Le Front populaire fait partie des moments fondateurs de l'histoire contemporaine de la France. Événement mythique, inscrit au Panthéon des gauches, le Front populaire est une étape historique qui participe aux changements de la société française ; ayant suscité des espoirs, mais aussi des peurs et certains désenchantements, ses traces restent profondes au sein de la culture nationale.
    Toutefois, au-delà des légendes, il demeure important de comprendre les enjeux de l'époque, les tensions à l'oeuvre au cours de la période 1934-1938. L'enchaînement des manifestations, l'émergence de nouvelles pratiques politiques et culturelles permettent de mieux saisir l'expérience du Front populaire. Ces dimensions multiples invitent également à penser l'événement dans un jeu d'échelles, où les logiques internationales rencontrent les logiques nationales, voire locales (le " front populaire au village ").
    Le Front populaire s'inscrit alors dans différents territoires tout en cumulant trois dynamiques : un mouvement social, une séquence politique et un foisonnement culturel sans précédent. De l'antifascisme à la lutte contre la crise économique et sociale, il propose une alternative aux politiques menées depuis la fin des années 1920, pour défendre et renforcer la République.
    Grâce à l'ouverture d'archives nouvelles - en particulier celles de Moscou, ou encore celles des banques suisses - on peut revisiter cette période fondatrice, tout en l'inscrivant dans une séquence historique plus longue, puisqu'elle reste une matrice de la Résistance, du CNR et de la Libération.
    Jean Vigreux est professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Franche-Comté.

  • Les mois de mai et juin 1968 constituent un des épisodes les plus vifs de la conflictualité qui secouèrent la France au XXe siècle. Si les événements parisiens constituent "l'épicentre", il n'en demeura pas mois que la province est aussi au coeur des événements avec parfois des chronologies décalées, mais surtout des spécificités locales. Si l'on retrouve les étudiants et les lycéens comme ailleurs, à Dijon les étudiants nationalistes ou pro-gaullistes, rassemblés dans un "comité de défense des libertés étudiantes et ouvrières" ont occupé un amphithéâtre avec des slogans simples, en écho à la chienlit, "pas de Nanterre à Dijon".
    Mais c'est avant tout un mouvement de grève générale des principales usines, industries et services. Cette mobilisation sans précédent a laissé des tracts originaux, des dessins, des photographies qui témoignent d'une prise de parole riche et foisonnante tant dans les usines que dans les lycées, mais aussi au sein d'une agora nouvelle les Bourses du travail. Emergent ainsi de nouveaux acteurs sociaux, jeunes, femmes, immigrés qui bousculent les contours plus traditionnels du mouvement ouvrier.
    Ces huit semaines ont connu aussi une sortie doublement particulière en Bourgogne. Comme en France, les élections ont confirmé la vague de réaction gaulliste à l'exception de la Nièvre où François Mitterrand a su renforcer les positions acquises en 1967, mais surtout avec la disparition du chanoine Kir, Dijon a connu une élection municipale où s'affrontent cinq listes le 19 mai 1968 au coeur des événements.

  • Des années de Gaulle aux années Giscard, Jean Vigreux retrace ces décennies décisives pour comprendre le temps présent. Avec le retour de de Gaulle, en mai 1958, c'est la naissance de la Ve République, un régime pensé par et pour le Général. L'élection au suffrage universel direct du président de la République, votée par référendum en 1962, rompt avec une tradition républicaine séculaire, et entraîne une bipolarisation de la vie politique qui ne s'est pas démentie. En 1962, la fin de la guerre d'Algérie, dont l'ombre portée continue de s'étendre sur la société tout entière, clôt un cycle de guerre ininterrompu depuis 1939. C'est le temps de la haute croissance et du plein emploi. De Gaulle puis Pompidou mènent des politiques volontaristes en matière de modernisation agricole et industrielle, d'aménagement du territoire avant que le premier choc pétrolier ne fasse basculer la France dans la crise. Faut-il en rester pour autant à l'idée de Trente Glorieuses ? La période fut un temps de bouleversements et de conflits à vif, de refondations politiques et syndicales aussi. Avec les événements de 1968, s'ouvrent une décennie de contestations et une époque de libération des moeurs que le politique accompagne ou rattrape. « Tout est politique » : le politique ici donne le ton, mais sous la forme d'une histoire sociale du politique qui varie les échelles du local au national, met l'accent sur les hommes et les réseaux.

  • Il y a un siècle, naissait ce qui allait devenir le Parti communiste français. Ce parti fut longtemps l'un des plus populaires du champ politique français. Pendant plus de trois décennies, il fut aussi le premier parti de gauche, avant de connaître un recul continu qui l'a porté vers les rivages de la marginalité.
    Cet ouvrage, qui insère les approches thématiques dans une trame chronologique rigoureuse, cherche à comprendre ce qui fit la force du PCF et ce qui a nourri son déclin. Il s'emploie à décrire la manière dont le communisme du xxe siècle s'est enraciné, à la charnière d'un communisme mondial dominé par le PC soviétique, dans un mouvement social structuré autour du monde ouvrier et urbain et une gauche politique traversée par les souvenirs des révolutions du passé, comme par les événements traumatisants des guerres mondiales et coloniales.
    Avec la fin de la guerre froide, l'ouverture des archives et la multiplication des angles de recherche, il est aujourd'hui possible d'observer le PCF de façon plus sereine et plus sûrement documentée. On prend désormais la mesure de ce que le communisme politique ne fut pas seulement un parti, voire un appareil très centralisé, mais aussi une galaxie associant du politique, du syndical, de l'associatif et du symbolique. C'est cet objet « total » qui est ici présenté, analysé et interrogé.

  • Une « guerre pour la civilisation » germanique et pour l'Europe blanche : c'est ainsi que les nazis présentaient leur entreprise, qui avait également une dimension de revanche, à la fois sur la Première Guerre mondiale et sur la « honte noire » infligée par les Français. En effet, depuis les années 1920, racistes et xénophobes allemands ne décoléraient pas : la France avait osé faire occuper le territoire de l'Allemagne par des soldats de couleur, issus des troupes coloniales. Lors de la campagne de France, en mai-juin 1940, environ trois mille de ces soldats coloniaux ont été assassinés, en-dehors de toute action de combat, par des unités militaires allemandes issues de la Wehrmacht et de la Waffen-SS. Ce livre revient sur ces événements, sur leur contexte historique et idéologique, sur le mépris du droit international affiché par l'Allemagne nazie, et sur le sort des soldats coloniaux qui échappèrent à la mort et partirent en captivité.

  • "You snivelling little git!" ! " (" Espèce de petit connard de pleurnicheur ! ") ; " Pepe Botella ! " ("Jojo la Bouteille .
    ") , Oligarcas ! " (" Oligarques ! ") ; " A bas les ruraux ! ", Parmi des centaines d'autres, ces mots et expressions scandent L'Insulte (en) politique, Noms d'oiseaux désobligeants, dévalorisants, humiliants, lancés aux tribunes, dans les cortèges ou devant les caméras, en français, en anglais ou en espagnol, ils ont été jusqu'ici peu étudiés. Le présent livre est né de ce constat. Il présente les résultats d'une longue et passionnante traque sur deux continents, des campagnes du Haut-Quercy et du Pérou aux murs de Belfast, de la chambre des Communes et des Cortes aux kiosques à journaux parisiens, On y rencontre Léon Blum et Carlos Menem, Byron et Louis-Napoléon Bonaparte, Louise Bernardi et Manuel Almandos, des femmes du Venezuela et des députés de la Ve République, des camelots et des caricaturistes, des commissaires de police et des juristes.
    Certaines caractéristiques majeures de la vie politique d'hier ou d'aujourd'hui sont ainsi rendues lisibles dans le bruissement ou le fracas des mots.

  • Contre la réduction du printemps 1968 à un monôme étudiant, ce livre entend restituer l'épaisseur conflictuelle de ce qui fut un des événements majeurs de l'histoire du siècle dernier. Pendant huit semaines en effet, la société française connut un ébranlement considérable : dans les universités évidemment, mais également dans les usines et sur tous les lieux de travail, dans les campagnes enfin. Il fallait par conséquent décentrer l'analyse au-delà des rives de la Seine vers d'autres régions et envisager la multiplicité des acteurs de ces épisodes : les étudiants comme les ouvriers et tous les salariés, mais aussi les paysans, et bien évidemment l'Etat, qui n'est pas resté impavide ; les organisations politiques et syndicales, au-delà du seul mouvement ouvrier ; les répertoires d'action (les manifestations, les grèves) comme les stratégies pour réprimer et/ou désamorcer la conflictualité (élections et amnisties). Mais comprendre 68 suppose aussi d'opérer une double mise en perspective : en situant ce printemps dans une conflictualité séculaire d'une part, en regard des mouvements de contestation qui secouent le monde d'autre part. Si ce livre n'offre pas un récit du printemps, il permet en revanche de mesurer combien ces huit semaines ébranlèrent la France.

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