Pu De Dijon

  • L'ouvrage Le Congrès de Tours propose une synthèse sur le 18e Congrès national de la SFIO qui voit la naissance il y a 100 ans, en décembre 1920, de la SFIC (le futur PCF). Revenant sur les enjeux du Congrès dans la suite de la Première Guerre mondiale et des révolutions russes, l'ouvrage propose un récit qui met en scène les différents protagonistes de la scission du parti socialiste né peu de temps auparavant sous l'égide de Jean Jaurès en 1905. Au-delà des figures connues comme Léon Blum, Jean Longuet, Marcel Cachin ou Louis-Oscar Frossard, on retrouve les militantes et militants délégués au congrès. Il s'agit également d'observer ce Congrès dans un contexte national, mais aussi international afin de comparer ce qui se passe en France par rapport aux autres partis socialistes européens et/ou mondiaux. Enfin, l'ouvrage insiste sur la mémoire du Congrès, mémoire forgée au sein des deux camps SFIO et SFIC ou chez les frères ennemis.

  • Les mois de mai et juin 1968 constituent un des épisodes les plus vifs de la conflictualité qui secouèrent la France au XXe siècle. Si les événements parisiens constituent "l'épicentre", il n'en demeura pas mois que la province est aussi au coeur des événements avec parfois des chronologies décalées, mais surtout des spécificités locales. Si l'on retrouve les étudiants et les lycéens comme ailleurs, à Dijon les étudiants nationalistes ou pro-gaullistes, rassemblés dans un "comité de défense des libertés étudiantes et ouvrières" ont occupé un amphithéâtre avec des slogans simples, en écho à la chienlit, "pas de Nanterre à Dijon".
    Mais c'est avant tout un mouvement de grève générale des principales usines, industries et services. Cette mobilisation sans précédent a laissé des tracts originaux, des dessins, des photographies qui témoignent d'une prise de parole riche et foisonnante tant dans les usines que dans les lycées, mais aussi au sein d'une agora nouvelle les Bourses du travail. Emergent ainsi de nouveaux acteurs sociaux, jeunes, femmes, immigrés qui bousculent les contours plus traditionnels du mouvement ouvrier.
    Ces huit semaines ont connu aussi une sortie doublement particulière en Bourgogne. Comme en France, les élections ont confirmé la vague de réaction gaulliste à l'exception de la Nièvre où François Mitterrand a su renforcer les positions acquises en 1967, mais surtout avec la disparition du chanoine Kir, Dijon a connu une élection municipale où s'affrontent cinq listes le 19 mai 1968 au coeur des événements.

  • "You snivelling little git!" ! " (" Espèce de petit connard de pleurnicheur ! ") ; " Pepe Botella ! " ("Jojo la Bouteille .
    ") , Oligarcas ! " (" Oligarques ! ") ; " A bas les ruraux ! ", Parmi des centaines d'autres, ces mots et expressions scandent L'Insulte (en) politique, Noms d'oiseaux désobligeants, dévalorisants, humiliants, lancés aux tribunes, dans les cortèges ou devant les caméras, en français, en anglais ou en espagnol, ils ont été jusqu'ici peu étudiés. Le présent livre est né de ce constat. Il présente les résultats d'une longue et passionnante traque sur deux continents, des campagnes du Haut-Quercy et du Pérou aux murs de Belfast, de la chambre des Communes et des Cortes aux kiosques à journaux parisiens, On y rencontre Léon Blum et Carlos Menem, Byron et Louis-Napoléon Bonaparte, Louise Bernardi et Manuel Almandos, des femmes du Venezuela et des députés de la Ve République, des camelots et des caricaturistes, des commissaires de police et des juristes.
    Certaines caractéristiques majeures de la vie politique d'hier ou d'aujourd'hui sont ainsi rendues lisibles dans le bruissement ou le fracas des mots.

  • Contre la réduction du printemps 1968 à un monôme étudiant, ce livre entend restituer l'épaisseur conflictuelle de ce qui fut un des événements majeurs de l'histoire du siècle dernier. Pendant huit semaines en effet, la société française connut un ébranlement considérable : dans les universités évidemment, mais également dans les usines et sur tous les lieux de travail, dans les campagnes enfin. Il fallait par conséquent décentrer l'analyse au-delà des rives de la Seine vers d'autres régions et envisager la multiplicité des acteurs de ces épisodes : les étudiants comme les ouvriers et tous les salariés, mais aussi les paysans, et bien évidemment l'Etat, qui n'est pas resté impavide ; les organisations politiques et syndicales, au-delà du seul mouvement ouvrier ; les répertoires d'action (les manifestations, les grèves) comme les stratégies pour réprimer et/ou désamorcer la conflictualité (élections et amnisties). Mais comprendre 68 suppose aussi d'opérer une double mise en perspective : en situant ce printemps dans une conflictualité séculaire d'une part, en regard des mouvements de contestation qui secouent le monde d'autre part. Si ce livre n'offre pas un récit du printemps, il permet en revanche de mesurer combien ces huit semaines ébranlèrent la France.

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