"Il se peut, écrit Chesterton, le ciel me pardonne, que j'aie essayé d'être original, mais je n'ai réussi qu'à inventer par mes propres moyens une copie inférieure des traditions existantes de la religion civilisée... Je m'ingéniai à trouver une hérésie originale et, quand j'y eus mis les derniers soins, j'ai découvert que c'était l'orthodoxie.. Et j'ai trouvé que j'étais dix-huit cents ans en arrière."
Orthodoxie présente l'intérêt d'une apologie de la religion chrétienne par un converti. Païen à 12 ans, agnostique à 16 ans, quel chemin Chesterton a parcouru pour venir à la foi. Quelques aspects du christianisme authentique y sont mis dans une lumière vigoureuse : en particulier ce que Chesterton appelle son "romantisme", c'est-à-dire en somme son caractère poétique, extrême, enthousiaste, infiniment éloigné des platitudes d'une religion naturelle ou rationnelle. Apologiste à coup sûr, mais d'une espèce à part : jamais abstrait, ni grave, ni docte, jamais superficiel non plus, cet esprit pénétrant et singulier a réalisé ce paradoxe de mettre l'humour au service de la foi.