François Boespflüg

  • L'homme en croix, qui fut entre Ve et XIXe siècle le symbole identitaire du christianisme, est désormais l'un des sujets-symboles les plus universels qui soient, dans toutes les formes d'art de tous les continents. Il échappe à tout contrôle ecclésiastique ou politique, est la cible de toutes les dérisions et bricolages, et aussi l'outil rhétorique le plus éloquent pour dénoncer les maltraitances infligées à des populations ou à des personnes assimilables dès lors à des « crucifiées ».

    Cet ouvrage est une somme jusqu'à présent inédite, qui retrace l'histoire artistique, mais aussi intellectuelle,théologique et spirituelle, et pour les deux derniers siècles, politique et sociale, de ce sujet.

    Il s'adresse à tous ceux qui voudraient établir des liens rigoureux et éclairants entre la Crucifixion et la culture, de siècle en siècle et de lieu en lieu, et se faire une idée de la diffusion sans équivalent de ce sujet, non seulement en Europe et dans les Orients chrétiens, mais dans les continents hors d'Europe. Il comble un manque, celui d'une synthèse récente et bien documentée, en répondant aux critères de qualité et aux exigences informatives des sciences humaines, et avant tout à celles que requièrent les différentes facettes de l'histoire comparée des confessions chrétiennes, des religions et des civilisations, de l'histoire de l'art ou de l'histoire du dogme chrétien et de son interprétation.

    Il n'existait aucun livre de synthèse de ce genre. La précédente somme sur le sujet a été publiée à Nantes en 1959, avec des reproductions en noir et blanc, l'enquête s'arrêtant au Concile de Trente. Tous les livres sur la crucifixion parus depuis se limitent à un espace-temps restreint, ou à des survols.

  • Cette somme est inégalée et unique dans le paysage éditorial : elle retrace les évolutions et les métamorphoses de la représentation artistique de Dieu sur 2000 d'histoire, en peinture, sculpture, depuis les origines du christianisme jusqu'à l'art contemporain du 20 ème siècle, et à travers toutes les cultures.
    Cette nouvelle édition propose outre de nombreuses corrections et ajouts, mises à jour, un texte inédit de l'auteur faisant le point sur les nouvelles questions portant sur l'histoire de l'art chrétien. Elle est préfacée par le cardinal Ravasi.

  • Et si vous aviez à présenter le judaïsme, le christianisme ou l'islam en 6 images parlantes ? Six, pas plus. Lesquelles choisir ? Pour quelles raisons ? Et que disentelles de la religion qu'elles représentent ?
    Tout à fait possible, répond ici François Boespflug, et surtout très utile. L'image est un langage à part entière, à travers lequel les grandes religions abrahamiques se sont fortement exprimées. En 6 images originales, appartenant au patrimoine culturel, on peut faire comprendre à tous l'essentiel de la foi de chacune des religions.
    Ce livre tout à la fois pédagogique, beau livre, catéchétique à sa façon et interreligieux permet de découvrir les images fondamentales qui ont transmis, au fil des siècles, et représenté le message spirituel et théologique des 3 monothéismes.

  • Né en 1945, François BOESPFLUG a opté subitement, au cours de sa scolarité à l'École Nationale des Mines de Saint-Étienne, pour la vie religieuse au sein de l'Ordre des dominicains, en 1965.
    Pourquoi ?
    Il l'a quittée cinquante ans plus tard, en 2015.
    Pourquoi ?
    Il s'en explique ici. Il ne vise pas à accuser ni à dénoncer, mais raconte ce qui lui est arrivé, et réfléchit à partir de son expérience. Il se pourrait que ce parcours soit un condensé de problèmes des communautés chrétiennes d'aujourd'hui : individualisme chronique et homosexualité militante de certains clercs, en particulier parmi ceux qui ont quelque pouvoir, laisser-aller dans la préparation des homélies, manque d'estime des milieux catholiques pour la réflexion théologique, absence de débat sur des questions comme le célibat obligé des prêtres et le rôle des femmes dans l'Église, etc.
    Autant de problèmes qui mettent trop souvent les jeunes qui s'engagent dans les Ordres en difficulté, puis en situation de double vie, double langage, et finalement de mensonge.
    Mais l'auteur s'interroge aussi, sans tricher ni se donner le beau rôle, sur son itinéraire intérieur, son rapport à la prière, à Dieu, à l'amour, à la sexualité...
    Son livre n'est pas un brûlot, mais plutôt une bouteille à la mer, publié dans l'espoir d'alimenter ou de réveiller le débat sur des questions qui intéressent, au-delà du catholicisme en France, la vie de la société et la laïcité elle-même.
    Un témoignage fort et argumenté qui propose un éclairage original et essentiel de la crise qui secoue l'église actuellement.

  • De l'art paléochrétien à la peinture moderne, des icônes aux oeuvres de la Renaissance, une histoire des représentations du Christ dans l'art.

    Un texte accessible et une iconographie très riche : plus de 120 reproductions d'oeuvres magnifiques et très diverses.

  • Un Dieu Créateur armé d'un compas, concevant et fabricant le monde. Un Dieu architecte, géomètre et arpenteur : cette image n'a cessé depuis le Moyen Âge de nourrir l'imaginaire de l'Occident.
    Revisitant la Bible, la philosophie antique et les Pères de l'Église, François Boespflug retrace l'histoire de cette représentation. Il fait assister à la naissance discrète, au XIe siècle, du motif artistique, à son épanouissement dans l'enluminure médiévale, à son usage quelque peu répétitif jusqu'à la pré-Renaissance puis à son progressif déclin, en dépit du rôle que la franc-maçonnerie reconnaîtra au Grand Architecte de l'Univers et au symbole du compas.
    Un essai flamboyant sur l'histoire d'un motif, aussi passionnant que savant.

  • François Boespflug, né en 1945, a opté pour la vie religieuse en 1965, par passion pour l'Évangile, pour la vie communautaire des Dominicains, qui s'en réclame, et pour l'acte même de la prédication. Il a quitté l'Ordre des Prêcheurs cinquante ans plus tard, en 2015, et s'en explique dans Pourquoi j'ai quitté l'Ordre et comment il m'a quitté (Éditions Jean-Claude Béhar, 2016). Sa voix s'est tue ? Pas tout à fait... Il se pourrait qu'on l'entende encore, et durablement, lorsqu'on lira ses « sermons ». L'éditeur a aimé leur ton singulier. Tout sauf bigot, apologétique ou soporifique. Direct, engagé, autocritique, au contenu, toujours soigneusement préparé et médité, solidement construit. Il a donc demandé à l'ex-dominicain de fouiller ses archives, et, de concert, ils ont composé un bouquet d'une quinzaine d'homélies prononcées, au fil du temps, sur près de quarante ans.« Il faut se bagarrer avec le texte de l'Écriture sainte pour réussir à extraire de soi un parler vrai, une réponse d'adulte à ce qu'annonce la Parole de Dieu, si possible documentée et pertinente, tout en restant personnelle et engagée, et audible, surtout. », écrit-il dans son introduction. Le recueil qu'on va lire ici, est une autre façon de conclure une vie dédiée à la prêtrise par un florilège de textes courts, souvent surprenants, toujours profonds et rafraichissants.

  • Cet ouvrage a été rédigé pour servir d'instrument de travail simple et utile aux enseignants et aux étudiants qui ont à présenter ou à étudier tel ou tel élément de l'histoire religieuse de l'humanité conformément aux programmes de l'Éducation nationale. Mais ce « manuel » ambitionne également de s'adresser à un public plus large assez motivé pour se mettre en recherche de définitions et autres repères éclairants.
    La méthode choisie a été celle du panorama, de la visite guidée.
    L'objectif est d'introduire à l'histoire des religions en faisant découvrir aux lecteurs, de manière systématique, ce dont parle cette discipline, le vocabulaire qu'elle emploie, ses questions. Qu'est-ce que l'histoire des religions ? Peuton définir ce qu'on appelle une religion ? Comment découvrir l'histoire des religions sans se perdre dans le labyrinthe des « faits religieux » ? Que signifie son inscription sporadique et fragmentaire dans les programmes de l'Éducation nationale de la France laïque ? L'ouvrage donne les arguments indispensables à une bonne distinction des termes comme sacré, icône, divin, idole, âme, sacrifice, etc. Il aborde les questions d'appartenance et de croyance avec de nombreux exemples dans les religions du monde entier.
    Avec un index des notions majeures et un index des auteurs cités.

  • Avec ce très grand livre d'art et d'histoire, l'auteur a écrit la première histoire iconique de Dieu. Il raconte les mutations d'une aventure iconographique pleine de rebondissements, très mal connue, de l'Antiquité à nos jours.

  • François Boespflug s'attaque avec rigueur et précision à un sujet polémique, voire tabou aujourd'hui. D'où vient la supposée interdiction des images dans l'islam et notamment celle portant sur la représentation du Prophète ?
    Héritée du décalogue biblique, l'interdiction des images de Dieu ne figure pourtant nulle part dans le Coran ! L'auteur propose de distinguer l'interdiction coranique des idoles préislamiques de celle des images.
    L'interdiction des « images vivantes » (qui représentent des êtres vivants) est largement post-coranique.
    Et pourtant les fatwas formulées par les théologiens n'ont pas empêché le développement d'une grande histoire de l'image en terre d'islam. Et l'interdiction de l'image du Prophète est loin de faire l'unanimité parmi les musulmans. On en trouve des représentations dès le Xe siècle. La figure du Prophète apparaît dans l'illustration de nombreux manuscrits de textes historiques, destinés aux cours des califes et des sultans. Il est représenté en pied très souvent, en action, accompagné.
    François Boespflug apporte des preuves concrètes, historiques, iconographiques de la représentation du Prophète au cours de l'histoire.
    Il dénonce le black-out contemporain qui ne correspond pas à la tradition, particulièrement chiite.

  • Jésus de Nazareth, Dieu fait homme, a-t-il eu l'enfance d'un petit d'homme ? A-t-il dû apprendre à marcher, à lire et à écrire, à compter et à prier, a-t-il désobéi à ses parents, été corrigé par ses maîtres, ou bien a-t-il tout su dès sa naissance ? Les évangiles canoniques n'en disent rien, les textes apocryphes fournissent des réponses peu crédibles, et le magistère de l'Église ne se prononce guère à ce sujet.
    Les peintres eurent donc carte blanche, surtout en Occident. L'auteur les interroge longuement, et classe leurs oeuvres. Les uns montrent un enfant qui n'en est pas un, un adulte en réduction. D'autres, plus rares, s'aventurent à décrire Jésus passant par des apprentissages. D'autres encore, finalement nombreux, l'imaginent comme un enfant ordinaire mais doté dès son plus jeune âge de visions prémonitoires sur ce qui l'attend, la mort en croix. Au total, cette enquête novatrice établit que bien peu d'artistes ont attribué à Jésus une enfance véritable, comme si elle lui avait été dérobée par sa divinité. La peinture religieuse serait-elle innocemment hérétique ?
    L'imagination et le dogme, en tout cas, ne marchent pas toujours main dans la main.

  • François Boespflug, spécialiste de l'iconographie chrétienne, nous fait découvrir ici un cycle de sept toiles peintes par Arcabas et consacrées au récit de l'apparition du Christ aux disciples d'Emmaüs dans l'évangile selon saint Luc.

  • En 2006, immédiatement après "l'affaire des caricatures de Mahomet", François Boespflug publiait Caricaturer Dieu ? (Bayard), une mise au point documentée et éclairante sur cette actualité plus ou moins retentissante de certaines images dont la majorité concernent ou impliquent l'islam, et quelques-unes le christianisme. Dix ans plus tard, et un an après les assassinats de Charlie Hebdo, François Boespflug reprend un dossier qui n'a cessé de s'alourdir, et qui prouve au moins que la fin ou la privatisation des religions n'est pas pour demain...
    Comment la figuration du divin et de ses représentants peut-elle susciter aujourd'hui tant de crises, de violence et d'incompréhension, voire d'ignorance ? Est-elle légitime et bénéfique, ou bien interdite et blasphématoire ? Dans quelles conditions ? Qui en décide ? "La principale visée de ce livre, écrit l'auteur, est de plaider en faveur d'un dépassement des affaires pour parvenir jusqu'au point précis où se dégage de leur tumulte plus ou moins chaotique les principes en cause et les débats portant pour l'essentiel sur la représentation du divin et sur ce qu'il est convenu désormais d'appeler le droit au blasphème".

  • Dans ce livre d'entretiens, François Boesflug revient sur ses travaux sur l'histoire de l'iconographie chrétienne en Occident. Il s'explique de façon vivante, parfois polémique, sur le statut des images dans notre culture et dans le christianisme. Pour lui, l'image est une pensée, elle propose et produit une pensée propre, figurative, qui n'est pas réductible simplement à son sujet discursif. D'où l'extrême importance de savoir regarder et lire une image. Il convient, pour l'auteur, d'apprendre à regarder les images de Dieu. Et ces entretiens nous y invitent.
    L'auteur s'explique également sur l'évolution contemporaine de l'art chrétien. Pourquoi cet effacement de l'art religieux à partir du 20ème siècle ?

  • Dieu est un pur esprit, foncièrement invisible et donc radicalement irreprésentable. Mais si Dieu se fait homme, alors il se donne à voir et à toucher et l'on peut le représenter. De fait, dans la civilisation inspirée du christianisme, l'art religieux ne s'est pas privé de figurer l'Incarné et a même développé, au-delà de Dieu fait homme, une impressionnante galerie d'images de Dieu le Père et de la Trinité. À côté du Dieu des croyants, des théologiens ou des philosophes, il y a donc « le Dieu des peintres et des sculpteurs ». François Boespflug se propose de donner un véritable contenu à cette expression et de montrer comment les images de Dieu ont été à la fois le reflet et l'outil d'une véritable pensée esthétique. Il s'efforcera de dégager les principales caractéristiques du Dieu de la peinture et de la sculpture en suivant le fil d'Ariane de la trajectoire du Dieu fait chair et en les regroupant autour de quelques moments clés d'une colossale « mise en scène » à l'échelle des siècles. Il soulignera chemin faisant que le Dieu des artistes, sans contredire formellement celui des philosophes ou des théologiens, s'en distingue cependant sur plus d'un point.

  • Les peintres de la fin du Moyen Age ont su concilier avec bonheur et créativité les impératifs de la doctrine chrétienne de la Trinité et les aspirations religieuses des dévots, notamment des laïcs, s'agissant de leur rapport personnel à Dieu.
    L'ouvrage le montre à la lumière de sept chefs-d'oeuvre de la peinture du XVe siècle. Sont décrits et analysés tour à tour, de manière minutieuse et très documentée, la Grande Pietà ronde de Malouel (Louvre), Communion et martyre de saint Denis de Bellechose (Louvre), le petit Diptyque de Saint-Pétersbourg de Campin (musée de l'Ermitage), la Trinité de Masaccio (Florence, Sainte-Marie-Nouvelle), le Couronnement de la Vierge de Quarton (Villeneuve-les-Avignon), le Retable de Boulbon (Louvre), l'Adoration de la Trinité de Fouquet (Heures d'Etienne Chevalier, Chantilly, musée Condé).

  • L'ouvrage est fait de trois parties. La première est consacrée à la série de sept toiles peintes par Arcabas entre novembre 1993 et avril 1994, et évoquant l'apparition du Ressuscité aux deux disciples d'Emmaüs. Chacune d'elles est reproduite d'abord en entier, avec, en regard, un court poème en prose pour aider l'oeil à la découvrir ; puis, pour chaque toile, un certain nombre de détails sont montrés en pleine page. Arcabas ayant fréquenté le thème d'Emmaüs depuis les débuts de son activité artistique, l'ouvrage fait voir ensuite vingt-huit oeuvres qui renvoient au même passage de l'évangile selon saint Luc, et qui constituent une série d'approches, d'esquisses et d'étapes préparatoires ayant trouvé leur aboutissement dans le cycle de 1993-1994. Enfin, une étude synthétique présente l'épisode des disciples d'Emmaüs, son interprétation par les Pères et la liturgie, son écho dans l'art, et la rencontre entre Arcabas et cette page d'Évangile

  • Ce beau livre généreusement illustré est le fruit d'une enquête menée par deux grands spécialiste de l'histoire de l'art sur l'un des épisodes bibliques qui rejoint notre actualité dans ce qu'elle a de plus dramatique. À travers la Fuite en Égypte, en effet, Jésus et la Sainte-Famille rejoignent l'expérience de millions de personnes qui sont obligées de quitter leur pays pour échapper à la persécution et à la mort.
    S'appuyant sur 38 oeuvres parcourant toute l'histoire de l'art chrétien, François Boespflug et Emanuela Fogliadini parviennent à mettre en lumière les raisons de la fécondité insoupçonnée de ce thème et l'évolution du traitement qu'il a connu au cours de siècles - du conte merveilleux issu de la tradition des écrits apocryphes à la prise en compte de la réalité cruelle de l'exil, beaucoup plus respectueuse de la réalité de l'Incarnation.
    Plus qu'un beau livre, plus qu'un traité d'histoire de l'art, cet ouvrage est donc une invitation à rejoindre la Sainte-Famille dans son expérience de la migration et, à travers elle, tous ceux qui sont poussés à fuir leur pays. Pour ceux-ci, il constituera peut-être, aussi, un message d'espoir, grâce à la prise de conscience que la Sainte-Famille chemine avec eux.

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