Emanuela Fogliadini

  • Durant les premiers siècles de son histoire, le christianisme fut sans image. Il a ensuite accepté progressivement l'existence d'un art sacré figuratif, non sans traverser une grave « Querelle des images ». Celle-ci verra s'affronter durant un siècle et demi partisans et adversaires des images, ces derniers étant nombreux dans l'Église, y compris parmi les évêques et dans les milieux monastiques. L'Orient byzantin finira par reconnaître la légitimité des icônes, en particulier au concile de Nicée II (787) et lors du Triomphe de l'orthodoxie (843). Mais cela n'a pu se faire qu'au prix d'une réduction de la Controverse iconoclaste à une série de troubles sans portée intellectuelle. Ce livre rétablit la vérité. Il démontre que l'enjeu du débat fut théologique. Il s'agissait de savoir si l'existence d'icônes respectait les décisions du concile de Chalcédoine (451) concernant l'union des deux natures divine et humaine en Jésus-Christ. Unissant les méthodes respectives de l'histoire et de la théologie, Emanuela Fogliadini analyse la Crise iconoclaste à la lumière du concile de Hieria (754) et établit de manière convaincante que ceux qui contestaient la légitimité des images ont paradoxalement beaucoup contribué à la naissance d'une véritable théologie de l'icône.

  • Ce beau livre généreusement illustré est le fruit d'une enquête menée par deux grands spécialiste de l'histoire de l'art sur l'un des épisodes bibliques qui rejoint notre actualité dans ce qu'elle a de plus dramatique. À travers la Fuite en Égypte, en effet, Jésus et la Sainte-Famille rejoignent l'expérience de millions de personnes qui sont obligées de quitter leur pays pour échapper à la persécution et à la mort.
    S'appuyant sur 38 oeuvres parcourant toute l'histoire de l'art chrétien, François Boespflug et Emanuela Fogliadini parviennent à mettre en lumière les raisons de la fécondité insoupçonnée de ce thème et l'évolution du traitement qu'il a connu au cours de siècles - du conte merveilleux issu de la tradition des écrits apocryphes à la prise en compte de la réalité cruelle de l'exil, beaucoup plus respectueuse de la réalité de l'Incarnation.
    Plus qu'un beau livre, plus qu'un traité d'histoire de l'art, cet ouvrage est donc une invitation à rejoindre la Sainte-Famille dans son expérience de la migration et, à travers elle, tous ceux qui sont poussés à fuir leur pays. Pour ceux-ci, il constituera peut-être, aussi, un message d'espoir, grâce à la prise de conscience que la Sainte-Famille chemine avec eux.

  • Le présent ouvrage présente une sélection de 35 oeuvres très diverses, la plus ancienne remonte aux années 400 et la plus récente date de 2014. Chacune d'elles est soigneusement reproduite en pleine page et commentée avec les ressources de l'exégèse, de l'histoire de l'art et de la théologie.
    L'ouvrage comble une étrange lacune - il n'existait pas d'ouvrage de référence sur ce sujet essentiel - et présente sous un jour nouveau à la fois la bipolarité de l'art chrétien, qui saute aux yeux une fois passé le tournant entre les deux millénaires de l'ère chrétienne,et les récentes remises en question du concept même de Résurrection chez les théologiens européens de la décennie écoulée.

empty