Daniel Boy

  • De l'affaire du sang contaminé à la crise de la « vache folle », du scandale de l'amiante à la controverse sur les plantes génétiquement modifiées, de multiples crises ont affecté les rapports qu'entretient la société avec la science et la technique.

    Pour autant, nous ne sommes pas devenus technophobes ; certains risques sont acceptés, en témoigne la croissance du taux d'équipement des téléphones mobiles. D'autres semblent rejetés d'emblée, c'est sans doute le cas des cultures génétiquement modifiées.

    Pourquoi la société ignore-t-elle certains risques qui, selon les experts, ont de fortes probabilités d'être réels ? Pourquoi en rejette-t-elle d'autres dont la probabilité de réalisation est extrêmement faible ?

    Empruntant la voie tracée par la sociologie du risque, cet ouvrage pose quelques questions essentielles : faut-il considérer les réactions du public comme « irrationnelles » ? Comment se distribuent les opinions au sein de la société ? Quels dispositifs politiques peut-on imaginer pour permettre une confrontation utile entre représentations profanes et expertes du risque ?

  • Ce livre réunit les résultats d'enquêtes réalisées auprès des adhérents communistes, socialistes et Verts sur la socio-démographie des adhérents, leurs attitudes à l'égard de leur parti, leur conception du changement social.
    Elles mettent l'accent sur ce qui fait la spécificité de chacune des organisations, ce qui crée l'identité partisane. Ainsi pour les adhérents communistes, la " mutation " du parti, la lutte des classes, la lutte contre l'impérialisme et la valorisation de l'internationalisme. Pour les adhérents socialistes, la permanence de l'" identité républicaine ", axe majeur d'un parti qui a abandonné son ambition de " changer la vie ".
    Enfin pour les Verts, les valeurs environnementales et la radicalisation progressive à gauche. On prend ainsi la mesure des difficultés de la gauche dans son ensemble mais aussi dans chacune de ses composantes. Le déclin du parti communiste se poursuit inexorablement, le parti socialiste, à l'identité et à la stratégie incertaines, semble bien incapable d'orienter le mouvement social, les Verts, obnubilés par les règlements de compte internes, n'ont pas recueilli les bénéfices attendus de leurs alliances.
    Cette évolution ne risque-t-elle pas de renforcer le rejet du militantisme partisan et ainsi de contribuer à la crise de la représentation ?

  • En 1998 en France, une quinzaine de citoyens se prononce sur l'opportunité d'introduire des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l'alimentation des Français et dans leur agriculture.
    Ils émettent alors une série de recommandations et permettent ainsi au débat public de prendre une forme nouvelle, le débat traditionnel entre experts et décideurs ne suffisant plus pour régler une question d'intérêt général aussi sensible. C'était la première conférence de citoyens française. Cet ouvrage en retrace l'histoire et la mise en oeuvre. À la fois ouvrage théorique - les auteurs étudient notamment les mérites respectifs de la démocratie représentative et de la démocratie participative - et ouvrage mode d'emploi - ils décrivent très précisément le déroulement des conférences de citoyens, cet ouvrage se veut un plaidoyer en faveur du débat public.
    Pour que la démocratie participative accompagne la transformation de la démocratie élective au profit d'un nouveau modèle de liberté.

  • Le Grenelle de l'environnement est un processus politique lancé par la majorité issue de l'élection présidentielle de 2007. Il réunit des acteurs du développement durable représentant l'État, les entreprises, les salariés, les collectivités territoriales et les associations de défense de l'environnement.  Encensé lors de son déroulement à la fois en raison de l'originalité de sa méthode et de la hardiesse de certaines de ses propositions, le Grenelle de l'Environnement est aujourd'hui souvent accusé d'avoir renoncé à ses ambitions dans un contexte politique ou la volonté de trouver des solutions à la crise environnementale semble à nouveau faire défaut.  Si le Grenelle a souvent été commenté et critiqué, une évaluation sereine de sa portée, de l'originalité de sa méthode, de ses conséquences sur les politiques publiques d'environnement manque encore. C'est l'ambition que s'est fixé cet ouvrage. Il rassemble une équipe d'universitaires qui a examiné l'ensemble du processus selon trois points de vue complémentaires : le premier centré sur une analyse sociologique des quelques mille cinq cent acteurs qui ont fait le Grenelle, le second sur une étude exhaustive des discours qui y ont été tenus, le troisième sur un recensement de ses effets dans trois domaines choisis en raison de leur exemplarité.  Daniel Boy est directeur de recherche au Centre d´étude de la vie politique française (CEVIPOF) à Science Po Paris.  Matthieu Brugidou est chercheur au Groupe de recherche Énergie, technologie et société (GRETS) d´EDF-R&D et chercheur associé au laboratoire PACTE.  Charlotte Halpern est chercheuse de la Fondation nationale de sciences politiques au laboratoire PACTE, Sciences Po Grenoble.
    Pierre Lascoumes est directeur de recherche au Centre d´études européennes de Sciences Po Paris.

  • Résumé:
    Depuis trente ans, les conflits d'aménagements se sont multipliés en France : les projets de lignes à très haute tension, de déchetterie, d'infrastructure de transport ou encore d'éoliennes sont l'objet de contestations et de rejets parfois violents de la part de riverains, d'associations de défense de l'environnement voire d'élus locaux. Les procédures de concertation et de débat public constituent une tentative du législateur de concilier les besoins d'aménagement avec les revendications du territoire et du public.
    Afin de comprendre et d'analyser ces mécanismes de délibération, il est indispensable d'étudier conjointement le conflit en lui même, les processus de mobilisation et la mise en oeuvre de la décision. C'est dans cette optique que Le débat public, un risque démocratique ? présente l'étude concrète multidisciplinaire d'un conflit et d'un débat suscités par un projet de ligne à très haute tension dans le Quercy blanc. Il analyse le débat public comme un moment singulier d'une controverse, révélateur de rapports de forces, de processus de professionnalisation tant du côté du maître d'ouvrage que des associations voire de transformations des pratiques de l'expertise. Il s'interroge en outre sur la prétention du débat public à constituer un élément de démocratisation de la décision. Il attire enfin notre attention sur la manière dont les acteurs ont fait évoluer leur stratégie et ont participé, ou non, à l'après-conflit. Cet ouvrage s'adresse aux professionnels intéressés par la gestion des risques liés aux équipements (responsables de collectivités locales, cadres d'entreprises publiques ou privées) tout comme aux étudiants et chercheurs en sciences politiques, sociologie et sciences de la communication.

    Sommaire:
    Introduction -D. Boy, M. Brugidou. 1 - De la contestation à la concertation : chronique d'une controverse électrique -É. Pautard, É. Drocourt/I>. 2 - La mise en débat des dispositifs d'expertise -L. Blondiaux, L. Michel. 3 - Regards sur une scène de débat local : pour une approche anthropologique des situations de débat public ? -I. Ras, É. Drocourt. 4 - Étude sémiolinguistique de la couverture médiatique du débat public autour de la ligne très haute tension dans le Lot -M. Galio, E. Mouratidou. 5 - Le public de la controverse et le public du débat M. Brugidou, C. Escoffier. 6 - Le débat local sur les lignes THT dans le Lot : analyse d'une enquête par sondage -D. Boy. 7 - La gestion politique d'une solution alternative négociée : un épilogue incertain -É. Pautard. 8 - Un débat sans conséquences ? Quelques remarques de conclusion sur les effets du débat public sur la controverse autour de la ligne THT du Lot -L. Blondiaux.

  • La thèse d'une spécificité de la culture politique française, notamment par rapport aux autres pays européens, a resurgi avec force, d'abord face à l'européanisation et à la mondialisation, puis avec la crise économique.
    S'appuyant sur des données originales, celles de l'enquête European Social Survey - véritable laboratoire pour comprendre les transformations des sociétés européennes comparées les unes aux autres -, ce livre pose la question de la spécificité française sous différents angles : sentiment de bonheur et confiance, tolérance et attitudes vis-à-vis de l'immigration, participation et valeurs politiques, poids de la religion et des segmentations sociales (classe sociale, genre).
    Comparés à nos voisins européens, nous ne sommes finalement ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres. Malgré quelques différences (défiance envers les mécanismes du marché, attachement au service public, influence encore forte de la religion sur le comportement électoral, attirance pour les formes d'action protestataires), il n'existe pas d'exception française forte et récurrente.
    Utile aux étudiants en sciences sociales pour sa dimension comparative, aux décideurs tant français qu'européens parce qu'il donne la clé des comportements politiques des Français, et au delà à toute personne intéressée par la place de la France en Europe aujourd'hui.

    Daniel Boy est directeur de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Bruno Cautrès est chercheur CNRS au Cevipof et enseigne à Sciences Po. Nicolas Sauger est chercheur, membre du Centre d'études européennes et enseigne à Sciences Po.
    Ont également contribué à cet ouvrage : Jean Chiche, Claude Dargent, Béatrice Hammer, Pierre Lascoumes, Viviane Le Hay, Raul Magni-Berton, Nonna Mayer, Janine Mossuz-Lavau, Marion Selz, Jean-François Tchernia, Vincent Tiberj, Monique Wach.

empty