Clément Chéroux

  • «Photographier, c'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur. C'est une façon de vivre», résumait Henri Cartier-Bresson, cofondateur en 1947 de la célèbre agence Magnum, figure mythique de la photographie du XXe siècle. C'est en 1931, après avoir étudié la peinture, fréquenté les surréalistes et entrepris un premier voyage en Afrique, qu'il décide de se consacrer à la photographie. De Mexico à New York, de l'Inde de Gandhi au Cuba de Fidel Castro, de la Chine devenue communiste à l'Union soviétique des années 1950, il ne cessera plus de déambuler à travers le monde, son fidèle Leica rivé à l'oeil. Clément Chéroux nous invite à suivre le tir photographique de cet inlassable promeneur qui, se refusant au sensationnalisme et à tout recadrage de ses tirages, donna ses lettres de noblesse à la photographie de reportage et fit de l'«imaginaire d'après nature» une éthique. Et une esthétique.

  • Conçue thématiquement, cette monographie met en évidence la fascination du photographe pour certains sujets typiquement américains comme les baraques des bords de routes, les devantures de magasins ou les visages des anonymes. Cette approche de l'oeuvre d'Evans permet de mieux comprendre ce qui en constitue le noyau dur : la recherche passionnée des caractéristiques fondamentales de la culture vernaculaire américaine.

    Réunissant les meilleurs tirages des plus grandes collections publiques et privées, l'ouvrage accorde également une large place aux objets (cartes postales, enseignes, ephemera graphiques, etc...) collectés par Walker Evans pendant toute sa vie. À travers plus de 400 reproductions et des essais de spécialistes internationaux, il offre une approche renouvelée de cette oeuvre majeure de l'histoire de la photographie.
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  • Ces entretiens constituent un véritable état des lieux de la photographie contemporaine. Clément Chéroux y use d'une approche originale, menant une conversation rythmée qui lui permet de dévoiler les interrogations des photographes, leurs inspirations et les multiples facettes de leur travail. Au fur et à mesure des entretiens, il établit ainsi des liens entre les diverses séries, les photographes et les événements qu'ils ont vécus. Le lecteur entre alors dans l'intimité du processus créatif des artistes, invité à porter un regard renouvelé, toujours accompagné d'une pointe d'humour, sur le travail de ces grands témoins de la photographie.

    Entretiens avec :
    Christian Boltanski.
    Sophie Calle.
    Raymond Depardon.
    Samuel Fosso.
    Graciela Iturbide.
    Alfredo Jaar.
    Josef Koudelka.
    Susan Meiselas.
    Jean-Luc Moulène.
    Patrick Tosani.
    Sophie Ristelhueber.
    Denis Roche.
    Agnès Varda.

  • Rarement une monographie de photographe a été aussi attendue que celle que Clément Chéroux consacre à Henri Cartier-Bresson.



    Dix ans après sa disparition, c'est à une relecture de son oeuvre que nous sommes invités grâce à l'ouverture des archives de la Fondation Cartier Bresson et quelques mois avant la grande rétrospective que le Centre Pompidou consacrera à " HCB " à partir du 9 février 2014.

    Car il n'y a pas un Cartier-Bresson mais des Cartier-Bresson. En près de 80 années de travail photographique, il voyage à travers le monde, découvre des cultures, côtoie différents groupes humains, participe à quelques-uns des plus grands mouvements de pensée.

    Du surréalisme à mai 68 en passant par la Seconde guerre mondiale, la décolonisation, la Chine de Mao et les Trente Glorieuses, ses images constituent un extraordinaire témoignage sur le XXème siècle.

    Avec son génie de la composition, son intelligence des situations et son aptitude à les saisir au bon moment, Cartier-Bresson est devenu l'une des légendes de l'art photographique.


    Le catalogue propose une sélection de 500 photographies, dont plusieurs inédites, accompagnées d'un texte de Clément Chéroux et de nombreuses illustrations pour éclairer le travail de l'artiste.

  • Cette série, présentée à la fondation Cartier Bresson en 2020 puis au SF MOMA en 2021, a été réalisée par le photographe Gregory Halpern lors d'une résidence en Guadeloupe. Le titre, référence à Aimé Césaire, traduit le caractère hybride du travail d'Halpern qui a voulu témoigner à travers paysages et portraits de l'histoire mouvementée de l'archipel mais aussi de sa nature luxuriante.

  • Clément Chéroux offre 10 récits de son "expérience des images" et livre ici son ouvrage le plus personnel. Une plongée dans son musée intime au travers de ces "histoires d'images" toutes inédites dans une temporalité qui court sur près de deux siècles, de Nicephore Niepce à Britney Spears.

  • Ce livre révèle une page méconnue de l'histoire de l'art : celle du jeu en photographie. Avec une désopilante sélection de 350 images, Clément Chéroux présente le fascinant répertoire des «récréations photographiques». Et raconte comment ce divertissement d'amateur à la fin du 19ème devient une pratique d'avant garde dans les années 1920-1930 avec Man Ray, Berenice Abott, Henri Cartier-Bresson, André Katesz...
    De la culture populaire à l'art majeur : une relecture complète des avant-gardes artistiques.

  • Diplopie (le fait de voir double) étudie deux effets de répétition produits par le 11-Septembre : diffusion massive d'un très petit nombre d'images dans la presse ; reprise dans ces images de celles d'une autre attaque surprise (Pearl Harbour) suivie d'une autre mobilisation nationale légitime (guerre du Pacifique). Evénement mondial sans précédent, le 11-Septembre n'illustre pas seulement une concentration économique et une diffusion instantanée, mais aussi une uniformisation imaginaire et historique.

    Dans la première partie, l'auteur fait un recensement très précis des images parues dans la presse et identifie des motifs récurrents (le nuage, les ruines, etc.). Dans la seconde, il élargit son corpus à d'autres représentations, quelques mois avant et après le 11-Septembre. Cette seconde partie, plus analytique, met en lumière des superpositions d'images, tant pour des raisons factuelles (anniversaire de Pearl Harbour en 2002) qu'idéologiques (restauration, après le Vietnam, de la guerre légitime) La force du livre est d'aborder de manière nouvelle un événement très connu ; non de manière " sentimentale " ou critique, mais en analysant les images à travers lesquels il nous est apparu.

  • Le titre évoque l'expression anglaise de « photographie vernaculaire ».
    « Vernaculaires » désigne ici des images situées hors du champ de l'art et liées à des pratiques propres à un milieu, à un usage très spécifiques.
    Si ces images sont généralement peu considérés par l'histoire de la photographie, elles jouèrent en leur temps un rôle social important.
    Clément Chéroux revient, en historien scrupuleux, sur quelques-unes de ces pratiques photographiques oubliées. Certaines se situent au croisement de la science et de l'ésotérisme au XIXe siècle, comme la photographie spirite (« La dialectiques des spectres ») ou l'enregistrement des fluides vitaux (« L'alphabet des rayons invisibles ») ; d'autres renvoient à des usages récréatifs comme la photographie foraine (« Portraits en pied de nez ») ou les techniques photographiques utilisées dans les films de Georges Méliés (« Le grand troc des trucs »).
    Ce n'est cependant pas par simple goût de la curiosité ou d'anecdotes souvent étonnantes, que ces essais ont été écrits et sont réunis ici. Plus fondamentalement, chacune de ces pratiques pose, à sa manière, question à l'histoire de la photographie. Ainsi, deux textes s'interrogent sur l'amateurisme en photographie (« L'expert et l'usager ») et la réception des photographies d'Atget (« Le décor de la rue »).
    C'est là une des vertus de la marginalité : en déplaçant les problèmes, elle les rend plus visibles, et donc plus faciles comprendre. En conclusion, Clément Chéroux appelle à une prise en compte de cette photographie vernaculaire qui invite à une relecture de l'histoire établie.

  • De ses illustrations pour Nadja d'André Breton, en passant par Le Gros Orteil ou Les Mouches publiées dans la revue Documents de Georges Bataille, le photographe Jacques-André Boiffard (1902-1961) a offert les images parmi les plus emblématiques de l'iconographie surréaliste. Bien que restreinte en temps et en nombre, son oeuvre révèle en creux, tout autant que sa trajectoire intellectuelle et idéologique, les tensions traversant le mouvement d'avant-garde. Boiffard a été un témoin discret mais actif de l'aventure surréaliste signant par exemple, aux côtés de Paul Eluard et de Roger Vitrac, la préface du premier numéro de La Révolution surréaliste. S'il ne s'illustre que tardivement comme photographe après plus de quatre années passées dans l'ombre de Man Ray, Boiffard a cherché à amalgamer dans sa propre pratique du médium la subversion, l'étrangeté et l'onirisme, toujours avec intransigeance et obsession analytique.
    Membre de la première heure du mouvement, complice de Pierre Naville et de Simone Breton-Collinet, élève de Man Ray et enfin, compagnon de route du photographe d'avant-garde Eli Lotar, Boiffard demeure encore aujourd'hui une figure mystérieuse que l'ample fortune critique générée par son corpus n'a pas suffi à désépaissir. « [.] Que ceux d'entre nous dont le nom commencent à marquer l'effacent. Ils y gagneraient une liberté dont on peut encore espérer beaucoup [.] », écrivait Paul Nougé à André Breton en 1929. Boiffard semble avoir pris à son compte l'injonction du leader surréaliste belge en parant d'un voile opaque sa destinée fulgurante, sensible et intrigante qui reste aujourd'hui à exhumer.

  • Pierre Mac Orlan, l'auteur du célèbre Quai des brumes, est, sans conteste, au XXe siècle, l'écrivain français qui a consacré le plus de pages à la photographie.
    Or si l'on en croit les histoires de la photographie, il n'existerait pas en France, pour la période de l'entre-deux guerres, de grande figure intellectuelle qui ait contribué à la reconnaissance esthétique de la photographie, comme ont pu le faire László Moholy-Nagy ou Walter Benjamin en Allemagne. Dans les années 1920 et 1930, Mac Orlan a pourtant écrit près d'une vingtaine de textes sur la photographie : articles, recensions de publications, préfaces. Tout ce que le Paris de cette époque compte de photographes importants éveille alors sa curiosité : Eugène Atget, Brassaï, Man Ray, Claude Cahun, Germaine Krull, André Kestész... Il faut ajouter à cela les quelques textes écrits après-guerre sur Willy Ronis, Pierre Jahan ou Marcel Bovis.
    Ces écrits ne sont pas connus des spécialistes et a fortiori du grand public, parce qu'ils n'ont, à ce jour, jamais été réunis. Clément Chéroux les exhume de leur gangue d'oubli et rappelle le rôle critique fondamental que Pierre Mac Orlan a joué : dès la fin des années 1920, il propose un concept novateur, le " fantastique social ", qui offre le chaînon manquant entre un surréalisme à la française et l'expressionnisme allemand et permet de comprendre admirablement ce qui est en jeu dans les recherches photographiques de l'époque Outre l'anthologie illustrée par les plus grands photographes de l'époque, l'ouvrage se compose d'un essai de Clément Chéroux et des photos prises par Pierre Mac Orlan lui-même.

  • Longtemps tenue pour une "petite misère de la photographie", l'ombre s'affirme, à partir des années 1920-1930, comme un motif photographique à part entière, dont se saisissent les avant-gardes, autant que comme un moyen de mettre en évidence les processus à l'o euvre dans la photographie.
    De l'auto-ombromanie - ombre de l'opérateur se surimposant à l'objet photographié - à l'autoportrait en ombres portées, des jeux d'ombres énigmatiques, porteurs d'un univers fantastique (la ville, la nuit), à la pratique du photogramme révélant les phénomènes lumineux, la photographie, cet art de la lumière, "art solaire au service de la nuit", ne peut se faire et se penser sans sa part d'ombre.

  • Livre d'artiste dédié à la très belle série de collages photographiques éponyme d'Alessandra Spranzi (avec un essai, en français, de Clément Chéroux).
    Le geste artistique d'Alessandra Spranzi consiste, ici, en l'appropriation de photographies préexistantes, prélevées méthodiquement dans des manuels ou des magazines de petites annonces, et en leur transmutation. Ces images, qui renvoient à l'espace domestique et ses objets, sont soustraites à leur contexte originel, re-photographiées et présentées pour elles-mêmes, ou encore utilisées pour des assemblages. À l'issue de ce processus, l'artiste confère à des sujets triviaux un caractère énigmatique, quasi métaphysique, et ré-enchante, comme par magie, le quotidien.
    La série Nello stesso momento a notamment fait l'objet d'une exposition au Centre Photographique d'Île-de-France en 2014.
    Dans ses travaux récents, Alessandra Spranzi (Née en 1962 à Milan, où elle vit et travaille) utilise des images de livres scientifiques, de manuels, ainsi que des publicités qu'elle a collectées au fil des années. Ces images sont alors photographiées, coupées, agrandies, imprimées à l'aide de différentes techniques ou utilisées pour des collages ; retravaillées afin de révéler la beauté cachée de clichés réalisés originellement sans volonté artistique. En l'absence d'une présence humaine, les objets dans l'oeuvre d'Alessandra Spranzi semblent sur le point de révéler un secret caché. L'idée est d'inciter le spectateur à redécouvrir la meraviglia - l'émerveillement - en portant un regard différent sur des objets et des images apparemment banales.

  • Si le terme de Fautographie semble remonter à Man Ray, la pratique ; elle, sous ses multiples formes, est bien plus ancienne - aussi ancienne que la photographie elle-même.
    Ratures et ratages, bonnes ou mauvaises surprises, détournements, lapsus et pataquès ont jalonné son histoire, fécondé des avant-gardes, inspiré les concepts les plus sérieux ou les expériences les plus fantaisistes, suscité des débats esthétiques épineux mais passionnants. Car l'accident photographique est aussi délicat à saisir qu'à éviter ou à provoquer (sauf à considérer, avec Ben, qu'" il n'y a pas de photos ratées ", ou au contraire qu'elles le sont toutes).
    A la fois avec sérieux, précision et légèreté, avec une érudition qui puise aussi volontiers dans l'histoire des images que dans la technique des manuels d'amateurs ou les théories de la modernité, Clément Chéroux propose une visite guidée, cohérente, réjouissante et abondamment illustrée de cette petite mais inépuisable maison des erreurs. Chacun, Jourdain qui s'ignore et fait de la photo ratée sans le savoir, pour sûr, s'y sentira un peu chez soi...

  • "J'ai rencontré la famille Gorgan en 1995, lorsque je faisais mes études à l'École de photographie d'Arles. Les parents, Johny et Ninaï, vivaient alors en caravane avec leurs 7 enfants sur un terrain situé entre la gare de transport de marchandises et le Rhône. Je ne connaissais rien de cette communauté et ignorais à ce moment-là qu'il s'agissait d'une famille Rom installée en France depuis plus d'un siècle.

    "J'ai réalisé mes premières images en noir et blanc avec le vieux Rolleiflex que mon père m'avait offert. Je voulais les photographier comme on le ferait des membres d'une minorité à laquelle on n'appartient pas. Je gardais une distance, faisais face et essayais de comprendre ce que ce médium pouvait encore nous apprendre d'eux.
    C'est en 2013, plus de 10 ans après avoir réalisé les dernières photographies, que j'ai compris que cette aventure n'était sans doute pas terminée. J'ai donc décidé, malgré l'inquiétude qui me tiraillait, d'aller les retrouver un après-midi de Juillet. Ils avaient été prévenus de ma visite quelques jours avant. À peine sorti de la gare d'Arles, je vis arriver Ninaï accompagnée de 2 jeunes filles venues m'accueillir. Il s'agissait de Vanessa et Prisicillia qui tenaient dans les bras leurs enfants. Une nouvelle génération de Gorgan venait de naître. L'évidence que cette histoire devait continuer le plus longtemps possible m'apparut immédiatement. En couleur cette fois.
    Ce livre est l'album d'une famille et le récit de l'histoire que nous avons construite ensemble. Face à face. Désormais côte à côte."

  • Entre légende et réalité, crises endémiques et renaissances, les photographes de Magnum Photos sont parvenus à construire le seule exemple de coopérative autogérée qui a su traverser, accompagner et documenter les mutations profondes de l'histoire du monde. Livre-somme publié à l'occasion du 70e anniversaire de la création de l'agence, Magnum Manifeste, fruit de longues recherches, nous livre à travers des documents, témoignages, correspondances, essentiellement inédits, l'histoire intime et publique de cette extraordinaire saga, et nous plonge au coeur des laboratoire Magnum et de sa permanent ébullition.

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