Antoine Glaser

  • La France se réveille en Afrique avec la gueule de bois. Elle pensait que tout y était encore sous son contrôle et que sa «  science africaine  » était infaillible. Tout cela n'est qu'un leurre  : les destinées politiques, religieuses, sociales et économiques du continent lui ont complètement échappé.
    Par arrogance, les dirigeants français ne se sont jamais véritablement intéressés à la complexité de l'Afrique. Quant à ceux qui s'y sont installés tout au long de la guerre froide, ils ont plus souvent cherché à former des Africains à leur image qu'à comprendre leurs spécificités et leurs désirs. Aujourd'hui, la France paie cher cette arrogance, et sa méconnaissance de l'Afrique et des Africains l'a conduite à des analyses anachroniques et à sous-estimer la richesse de ce continent et de sa diaspora. C'est ce mépris qu'Antoine Glaser s'emploie à dénoncer ici.
      Antoine Glaser, journaliste et spécialiste de l'Afrique, est également l'auteur, dans la collection «  Pluriel  », de Comment la France a perdu l'Afrique et Africafrance et, aux éditions Fayard, de Nos chers espions en Afrique avec Thomas Hofnung.

  • Et si l'Afrique avait marabouté la France ? Depuis les indépendances des années 1960, l'ancienne métropole se croit toute-puissante dans son pré carré africain. A l'issue de la guerre froide, les dirigeants africains ont totalement inversé les rapports de dépendance. Ce sont désormais eux les vrais patrons. Le monde entier trépigne dans leur salle d'attente. Pour la France, fini le temps du pétrole et de l'uranium à des prix " politiques " , des marchés protégés pour une poignée d'entrepreneurs qui figurent parmi les plus grandes fortunes de l'Hexagone.
    Les opérations militaires dans le Sahel servent de cache-misère à une présence française en déshérence. Et les déclarations d'amitié de l'Elysée n'y changent rien. Habiles à se présenter en " victimes " de la Françafrique, les dirigeants africains profitent de cette nouvelle situation pour imposer à huis clos leurs exigences à leurs interlocuteurs officiels. Adieu Françafrique, bonjour AfricaFrance.
    Qui paie commande !

  • « Nos chers espions » sont de retour en Afrique ! Partout à la manoeuvre, dans le désert avec les Touaregs comme dans les bureaux officiels des capitales, ils orientent discrètement la nouvelle politique africaine qu'entend mener la France.
    Mais dans l'Afrique mondialisée du xxie siècle, nos agents secrets ne sont plus à la fête : Israéliens, Chinois ou Russes leur livrent une féroce concurrence auprès de présidents africains à bout de souffle, avides de renseignements stratégiques pour se maintenir au pouvoir.
    Antoine Glaser et Thomas Hofnung révèlent ici les échanges étonnants entre dirigeants africains et agents français, font parler des ex-espions passés dans le privé - plutôt silencieux d'habitude - et expliquent comment les guerres entre services parisiens ont parfois de terribles conséquences sur le terrain.
    Sur un continent très convoité pour ses matières premières et son potentiel humain, nos « chers espions » défendent ce qui reste des intérêts tricolores. Toujours dans l'ombre, ils tentent de garder la main sur notre ancien pré carré africain dans lequel le dossier le plus anodin est souvent classé « confidentiel défense ».

  • Sarko en Afrique

    Antoine Glaser

    • Plon
    • 16 Octobre 2008

    Contrairement à son prédécesseur, "Chirac l'Africain", Nicolas Sarkozy n'a pas de fétiche sur son bureau à l'Elysée. Pourtant, l'homme qui avait promis la "rupture" des relations intimes, voire incestueuses avec les anciennes colonies d'Afrique, n'a cessé de se renier. Non pas pour poursuivre l'oeuvre de la "Françafrique" du général de Gaulle à Jacques Chirac, en passant par François Mitterand mais, plutôt, en cédant aux chefs d'Etat partageant le misérable petit tas de secrets du "village" franco-africain et par peur d'un continent dont il redoute les vagues migratoires. En dix chapitres vifs, ce livre suit les tribulations d'un Sarko en Afrique qui ne sait plus quel masque porter pour ne pas se faire piéger, pour enfin poser le "fardeau" de la Ve République. Le président dont les deux meilleurs amis dans les milieux d'affaires, Martin Bouygues et Vincent Bolloré, font de l'or sur ce continent semble n'être sensible qu'à l'effet boomerang sur les banlieues françaises, la "France noire" en marge de la République. Motivé par l'Afrique du Nord et l'Afrique du Sud où il peut vendre des Airbus et des centrales nucléaires, Nicolas Sarkozy n'a aucun goût pour l'Afrique sub-saharienne et ses chausse-trappes. De l'Arche de Zoé ivre aux massacres du Darfour, des enquêtes judiciaires qui entravent la diplomatie française dans nombre de pays ( Rwanda, Djibouti, Angola, Côte d'Ivoire, Congo, Gabon, ...) à la renégociation des accords de défense et l'approvisionnement énergétique de la France (pétrole, uranium), il s'est laissé acculer. Pour orchestrer ses affaires africaines, le président a monté un jazz band improbable avec des solistes aussi dissonants que le French doctor, Bernard Kouchner et le maire de Vesoul, Alain Joyandet ; le conseiller Afrique de jour, Bruno Joubert et le conseiller Afrique de nuit, Me Robert Bourgi, homme de l'ombre de feu Foccart ; la ministre aux droits de l'homme, Rama Yade et le père fouettard de l'immigration , Brice Hortefeux...

  • L´Afrique est devenue un continent d´avenir, entend-on ici ou là. Elle affiche un appétit sans limite pour les téléphones portables et les nouveaux riches ont adopté tous les tics des classes moyennes mondialisées. De « pré carré » de l´ancienne Europe coloniale, l'Afrique devrait devenir en 2030 membre à part entière de la nouvelle triade (Chine-Inde-Afrique) en lieu et place des États-Unis-Europe-Japon. Les pays émergents - dont la Chine - y trouvent les potentialités naturelles rares et un marché pour les biens de consommation. Après quatre décennies de description larmoyante d´une Afrique qui agonise, voici venue l´heure du miracle subsaharien ou du moins de son décollage. Retournement réel, statistiques trafiquées ou effet du nouveau regard « ajusté » des Européens ? C´est ce que la Revue des Deux Mondes a cherché à savoir dans ce numéro.


    En ouverture du dossier, Georges Courade et Robert H. Beates dressent un large panorama économique, démographique, géopolitique et sociétal, mettant en évidence les mouvements contradictoires à l´oeuvre sur le continent. L´Afrique subsaharienne se cherche un modèle politique entre communisme et capitalisme, explique de façon originale Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Katherine Marshall se penche sur la délicate question religieuse : cette force dynamique complexe reste difficile à appréhender par les décideurs politiques africains et les autorités nationales. Lucy Mushita et Albertine Tshibilondi Ngoyi explorent quant à elles la condition féminine : la première regarde l´évolution entre la femme d´hier et d´aujourd´hui, la seconde s´exprime sur le couple numérique/beau sexe. Anne-Sophie Bordry et Anne Bouverot s´interrogent plus largement sur les usages d´Internet, son pouvoir et son influence. Enfin Jean-Louis Triaud revient sur les fameux manuscrits de Tombouctou, objet de tous les fantasmes mais aussi de toutes les menaces.
    Également au sommaire, le second volet d´un bel entretien avec Roger Grenier. Le « doyen des éditions Gallimard » nous fait revivre son expérience d´éditeur à partir des années soixante.

    La Revue des Deux Mondes a réalisé ce numéro avec la collaboration de l'institut Aspen France.

  • Mai 2017 : quinze ans après son stage d'énarque au Nigeria, Emmanuel Macron est élu président de la République française. Il promet de faire souffler un vent nouveau sur les relations avec le continent africain. Fort de sa jeunesse et de son libéralisme, il dénonce une « Françafrique » postcoloniale dont il ne se sent pas comptable et mise sur les nouvelles générations pour réconcilier les mémoires des deux côtés de la Méditerranée.

    Mais il se heurte vite au réel. Les autocrates, à la longévité exceptionnelle, ne tardent pas à lui rappeler qu'ils sont les derniers des Mohicans à défendre les intérêts français, en Afrique comme dans les organisations internationales. Sur un continent mondialisé redevenu géostratégique, la France ne pèse guère plus que par son armée dans le Sahel et quelques empires économiques familiaux.

    Pour échapper à cette perte d'influence globale, Emmanuel Macron joue un joker inédit : « l'Afrique » en France. Il crée un Conseil présidentiel pour l'Afrique composé essentiellement de Français originaires du continent, dans le dessein de dépoussiérer la politique africaine de l'Hexagone.

    Au terme d'une enquête de deux ans auprès de multiples interlocuteurs, les auteurs dressent un constat implacable : malgré des succès, l'ardoise magique de la « génération Macron » n'a pu effacer d'un trait, plus d'un demi-siècle après les indépendances, des relations ambiguës. L'offensive de charme, notamment auprès des diasporas, du chef de l'État n'a pas réussi à convaincre l'électorat des banlieues, comme il l'admet dans une longue interview exclusive. Une épine dans le pied à l'approche de la présidentielle de 2022 ?
    Ou comment, par un singulier effet boomerang, Emmanuel Macron risque d'être piégé autant en France qu'en Afrique.

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