Langue française

  • Que se passe-t-il lorsqu'un conteur, invité dans une classe un peu turbulente, est obligé de laisser sa colombe aux bons soins de tous les élèves pour quelques jours ? Avec beaucoup de délicatesse et d'affection, Jean-Claude Rey nous invite à l'éveil de l'humanisme et de l'amour de l'autre chez nos enfants.

  • Les autoroutes informatiques sont bien étranges ! Et malheur à qui s'y engage. Surtout en sens interdit ! Osée Caspio, écrivain à succès en quête de sa propre identité, part en croisade contre les images, les 3615 et Internet. Ce fou de mythologie se sert de son écriture comme arme et refuge à la fois. Et pendant ce temps-là, les meurtres succèdent aux meurtres, littérairement codés, comme si un lien de fiction les reliait les uns aux autres. Et puis, il y a ces trois femmes, Tisiphone, Alecto et Mégère, qui décrochent l'une après l'autre leur téléphone (sans se connaître ?), suite à une annonce parue dans un journal : « H. 40 ans (riche et séducteur) souh. renc. 3 F (aventureuses et consorts) ».

  • Saturnia est une confusion volontaire avec le papillon nocturne roux et un récit de Pétrone en marge d'une version latine...

  • Longtemps, Guy Toubon a vécu en Cévennes. Un jour, à la façon peut-être de certains de ses personnages, il est parti vers la ville. Mais les Cévennes continuent à l'habiter, à le hanter. Les textes réunis ici, plus qu'une description d'un pays aimé et perdu, sont une évocation, voire une incantation. Une Cévennes immémoriale où passé et présent se conjuguent. Ses personnages, campés à cru et à vif, sont en symbiose avec ces lieux solitaires et hantés : je songe à Farique, l'un des derniers bergers ; à Emma qui revient au pays et dont le premier souci est de retrouver l'eau qui avait déserté le mas ; à Pierre, le « Zippi », qui mourra en voulant planter ses racines en Cévennes... Mais si Guy Toubon nous touche, c'est parce que son écriture procède d'abord d'une exigence morale. Ses personnages sont des héros ordinaires renvoyant à une Cévennes droite et dure. Honnête. Des êtres dont il sait nous donner les ressorts cachés derrière les traits burinés. Ils dessinent un quotidien âpre et difficile car voilà des siècles qu'en Cévennes on a appris le secret du bonheur et de la liberté. Extrait de la préface de Max Chaleil.

  • - Regarde ! Regarde ! Là-haut, vers le moulin ! s'exclame Manu en me montrant du doigt, par-dessus la caserne des pompiers, la colline qui domine Gardanne, avec un vieux moulin et ses ailes en bois. Bien sûr, je n'ai rien vu puisqu'il faisait presque nuit. - Une lumière vert fluo, il insiste, faut qu'on y aille voir ! Faut qu'on y aille voir ! D'après lui, c'était évidemment suspect cette lumière au-dessus de Gardanne, en pleine nuit.

  • Des parents inquiets qui tournent en rond chez eux... Des enfants en promenade qui découvrent la ville avec toutes ses surprises... Le temps qui passe et accentue l'angoisse des uns, la joie et le bonheur des autres... Et, pour faire le lien familial, le téléphone qui, de cabine publique en cabine publique, permet des appels et des conversations régulières racontant le voyage au coeur de la cité...

  • « Il y a des romans d'aventures, mais l'aventure d'une vie suffit. » C'est par cette phrase que le narrateur est incité, par un libraire, à écrire sa vie. L'auteur décrit alors son milieu étriqué, marqué par la monotonie du quotidien. Une vie à la fois continue et fragmentée. Mais la description savoureuse des personnages, le style enlevé et le ton vif employé maintiennent le lecteur en haleine tout au long d'un livre où l'on ne s'ennuie jamais. Paulo - c'est le nom du personnage principal - installe son espace dans la rue. Il deviendra un demi-sel, vivra en marge de la société. Mais il a des principes : il ne touchera jamais « à la drogue, ni pour moi, ni pour la vendre ». Son regard de solitaire, indépendant mais voyeur, n'épargne rien et égratigne, au passage, tout le ridicule d'une société qui se meurt de superficiel : jogging, vacances organisées, moeurs politiques, affabulations en tous genres, etc. Un grand et surprenant premier roman qui nous fait découvrir un « jeune » écrivain.

  • Jeff Marney, grand reporter devant l'Éternel, coule des jours heureux entre ses enquêtes et ses conquêtes. Mais la dernière en date, Nadège, l'entraîne dans une spirale où la mort et l'amour se confondent. Ballotté par les événements, ne pouvant croire à tout ce qui lui arrive, Jeff Marney est le jouet de forces inconnues. D'individus dont il ignore tout. Et qui, de toute évidence, savent tout de lui. Sa vie devient un enfer d'incertitudes et de mauvaises surprises. Va-t-il plonger où l'on veut l'entraîner ou bien son instinct de limier prendra-t-il le dessus ? Tirez sur le journaliste ! Ne vous gênez pas ! Jeff Marney, pour sa première enquête policière, ne recule devant rien. Pour le plus grand plaisir des lecteurs.

  • Les grands espaces de Haute-Provence semblaient à l'abri de tout événement dramatique. Certes, il y eut bien l'Affaire D... Mais c'était juste après la guerre et depuis... le calme, les oiseaux, la quiétude. Jusqu'à ce que l'on retrouve cet étrange bonhomme, en jupe, pendu par les pieds au Pont Mirabeau. Ce qui a pour effet de faire sortir de la naphtaline l'inspecteur Marcel Dugenoux, quinquagénaire désabusé, quasiment en préretraite à Marseille. Il est natif de Manosque. Alors pourquoi pas ? Et lorsqu'il va soulever le voile qui recouvre l'apparente tranquillité du paysage, il ne sera pas le dernier étonné devant l'étrange défilé de personnages incroyables, travestis campagnards, vieille femme exorciste aux pouvoirs paranormaux, sans compter cette auberge où se nouent de sordides rencontres. Dans ce méli-mélo inattendu et pittoresque, le passé va exploser sous le regard mélancolique de Marcel Dugenoux. Et la mort amonceler ses traces.

  • Il y a onze ans - c'était un 7 novembre -, la Tunisie entamait, avec enthousiasme et volontarisme, son parcours dans la modernité. Choix difficile dans un environnement géographique et politique qui avait déjà d'autres stratégies. Arabo-musulmane, la République tunisienne ne pouvait que faire le choix fondamental de la culture pour réussir son pari économique et social avec une éducation fondée sur l'égalité des options individuelles philosophique et religieuse, et un statut de la femme parfaitement égalitaire. Ainsi, de par la structure même de sa société nouvelle, la Tunisie devenait le fer de lance de l'humanisme et des valeurs démocratiques aux portes d'une Afrique du Nord et d'un Moyen-Orient profondément agités par les intégrismes les plus divers, les totalitarismes les plus rétrogrades. C'est cette Tunisie qui s'apprête à entrer par la grande porte dans le troisième millénaire, que Salvatore Lombardo est allé visiter, interroger, rencontrer pour un ouvrage passionné, nécessaire à toute réflexion sur l'Euro-Méditerranée. Gérard Blua

  • Six heures du matin : une jeune femme est violemment interpellée à son domicile par la police, pour une affaire dont elle ignore tout. Marionnette manipulée, devenue une sorte d'otage qui devrait provoquer la chute d'un autre qu'elle a connu et qu'elle a aimé, elle entre dans l'enfer de la garde à vue, des questions en rafale, des intimidations, puis de l'emprisonnement. Cette longue chute, décrite avec une précision glauque et écoeurante, est descriptive d'un univers carcéral constamment aux limites de l'humain. Les policiers, les juges, les avocats, les matonnes, les prisonnières, tout ce petit monde d'acteurs d'une autre vie tourbillonne autour de l'innocence piégée. Jusqu'à la folie. Jusqu'à la mort. Jusqu'au dénouement final. Rêve réalisé ou réalité rêvée.

  • Un peintre un peu « has been » accepte pour se refaire une santé, de prendre en main la destinée d'une galerie qui vient de se monter en Floride. Le voyage, le dépaysement, l'appel d'un pays mythique. Oui mais, voilà, la galerie est sous la coupe de deux margoulins de haut vol : une arnaqueuse qui a déjà fait carrière en inondant les USA de fausses lithographies de Dali, et un avocat marron, qui n'en finit pas de régler des comptes avec son passé. Pris entre le marteau et l'enclume, notre héros se laisse embarquer dans une sorte de canular artistico-littéraire qui l'amène à peindre à la chaîne de faux tableaux, dont le succès le dépasse et dans lequel il s'empêtre. Dans ce dédale artistico-tragique, on meurt gaiement, de la façon la plus pittoresque qui soit. Mais notre peintre a de la couleur et on ne mélange pas facilement ni longtemps ses pinceaux !

  • C'est comme une chronique, un moment de l'histoire d'une ville. Une ville magnifique au bord de la mer, lovée entre les montagnes qui l'enserrent et l'adorent. Une ville paradoxale, souvent dépossédée d'elle-même. Passionnée et continuellement partagée. Une ville de l'excès. Aujourd'hui, elle se retrouve entre les mains de l'extrême droite. Dans la honte ! Serge Plagnol et Daniel Bizien ont fait, parallèlement mais sans que l'un illustre ou commente l'autre, une série de dessins et de textes qui disent le drame de cette ville, ses lambeaux de mémoire et l'espoir de la voir à nouveau se redresser comme elle sut toujours le faire. De l'ombre à la lumière...

  • À partir du mur considéré comme une des premières constructions réalisées par l'homme, à la fois d'abri et de défense, ce texte est un survol poétique de l'évolution humaine et de l'évolution individuelle.

  • Le XXIe siècle sera-t-il le siècle du massacre des innocents ? Au fur et à mesure que sur le pavé des rues, le désordre des banlieues, le parvis des lycées, des jeunes meurent sans savoir pourquoi, la question, de fait, se pose. [...] Parce que l'assassinat de Nicolas (le 9 septembre 1996), transcendé par son père, a été la triste occasion de poser enfin le problème de la délinquance juvénile, le père et le fils, unis dans l'amour boiteux de la séparation, ne se sont plus quittés pour mener un combat social : dire à ceux qui tremblent en dormant, que la société, si elle continue comme cela, se perdra dans la barbarie de la rue. [...] Un jeune qui en tue un autre, le tue pour rien. C'est le meurtre qui se justifie par le meurtre. C'est le meurtre qui se regarde dans le meurtre et qui attire le meurtre. [...] Merci à Michel Bourgat, père Noël de la tristesse, qui essaie d'apporter dans ce monde de deuil les lumières de son histoire. Il a su tirer de la hotte du malheur des cadeaux d'espérance pour chacun d'entre nous. Lui à qui l'on a tout pris, ne cesse de nous donner. Extrait de la préface de Me Gilbert Collard

  • Loin des coupables simplifications, des gémissantes palinodies, « Tous les matins de Corse » tente un pari impossible : aborder par l'écriture la réalité profonde de l'île et tenir résolument le cap vers l'avenir. Contrairement à ce que semblent croire certains de nos compatriotes, on n'est pas plus ou moins Corse. On l'est - dans la diversité, la douleur et la contradiction - ou on ne l'est pas. À sa manière, chacun des écrivains participant à ce livre l'est incontestablement, Après le découragement descriptif et analytique de Corse : « Défense île » (1992) tourné vers un passé que nous ne renierons jamais, nous nous étions promis d'aborder un jour aux rivages de demain et - naïve béatitude - de proclamer nos espérances. Jour est venu. On remarquera, en lisant cet ouvrage, que la parole poétique y domine de toute sa charge émotionnelle les textes qui le constituent. OEuvres de création qui révèlent, pour chaque participant, une implication profondément personnelle et fondamentale en ses objectifs. C'est qu'il s'agissait de prendre en compte l'acquis et de le dépasser pour aller plus loin, plus profond, sur les chemins du XXIe siècle. Voilà pourquoi, à l'image insupportablement déprimante d'une Corse crépusculaire, promue plaque tournante de tous les trafics et livrée à la déchéance d'une quelconque « baléarisation » nous préférons celle d'une île qui s'éveille doucement dans la fraîcheur lumineuse du matin.

  • L'île d'à côté. Rarement titre a su aussi bien dire, en quelques mots, exactement ce qu'il voulait dire, nommant tout à la fois la proximité et la distance, le voisinage et la rupture - discontinuité territoriale oblige - de cette île méditerranéenne qui, par sa géographie comme par son Histoire, est à elle seule un abrégé de continent. Démesure insulaire ? Peut-être. Sans nul doute l'expression naïvement maligne - ainsi sont nos montagnards corses - d'une réalité qui nous entoure et nous dépasse. Paul Silvani, qui conte si bien la Corse, ne s'en laisse point conter. Avec une fureur parfois iconoclaste, il remet les choses en perspective, dénonce les faux-semblants, fustige les excès de toutes sortes - à commencer par les excès verbaux. Là où la légende, fût-elle complaisamment valorisante, lui paraît controuvée, préjudiciable à la vérité, vous le trouverez debout, obstiné, méticuleux et sincère. Travail de Sisyphe ! Perpétuel recommencement qui exige une vigilance à toute épreuve pour tout ce qui touche à sa terre. Sentinelle dressée dans l'aube pleine des fragrances du maquis et des appels d'une nature - pour combien de temps encore - sauvage, Paul Silvani, qui ne récuse rien des métamorphoses de son temps, sait bien qu'en Corse aussi, le soleil se lève à l'Est. Jacques Lovichi

  • La violence dans le football n'est pas un phénomène nouveau. Simplement, récupérée, elle s'est organisée et institutionnalisée. De ce fait, elle est passée du terrain lui-même aux tribunes, puis dans la cité. Cet aspect nouveau n'est pas un fait du hasard. Madjid Allali et Jean Nicolaï, qui travaillent au plus près des jeunes dans les quartiers dits « défavorisés » par le biais du milieu associatif, ont découvert que tout ceci se rattachait au tronc commun de la paupérisation rampante, de la marginalisation sournoise. Ceci les a amenés à enquêter dans divers pays européens, dont l'Angleterre où est né le phénomène hooligan. À chaque fois ce sont les extrémismes les plus divers qui ont récupéré une jeunesse désemparée pour en faire de véritables combattants du néant. Depuis le drame du Heysel, évoqué par Michel Platini dans sa préface, une prise de conscience s'est faite, pas toujours coordonnée. Mais avec les grandes confrontations internationales, dont la Coupe du Monde de football de 1998 en France, une réflexion profonde s'est fait jour. Cela permet aux auteurs un certain nombre de propositions constructives pour l'avenir.

  • Quand vous découvrirez le contenu de ce livre, vous serez sans aucun doute surpris par la variété des textes qui y sont présentés. Chaque auteur nous invite tantôt à une tranche de vie personnelle - un cliché autobiographique - tantôt à une vision parfaitement onirique. On y trouvera encore des récits inspirés par des faits d'histoire ancienne et des anecdotes populaires, répondant ainsi à un désir de lecture différent. Nous avons demandé à quelques auteurs (tous écrivent et publient depuis fort longtemps) de nous proposer un récit, une chronique dont la trame se situe en Haute-Provence. Ces auteurs ont une approche très différente de la littérature comme ils l'ont - de par leur expérience de vie - de leur région. Cette petite mosaïque de gens et de sensibilités s'ouvre non pas sur la Haute-Provence, mais sur plusieurs Haute-Provence : imaginée, tragique, cocasse ou fabuleuse - dans tous les cas, littéraire et poétique.

  • C'est l'hiver dans ce village de Provence, au pied du massif du Louerion. Les enfants y ont mis en scène une vieille légende sur les loups, qu'ils jouent dans les rues devant une population enthousiaste. À la fin de la représentation, le plus jeune, David, a disparu. Cet événement brusque déclenche une véritable tourmente. Le feu des vieilles rancunes va à nouveau incendier les esprits et les coeurs. La délation fait résurgence, comme aux temps les plus noirs de l'Occupation et de la Résistance. Les haines refleurissent sur un terreau de folie, de suicide et de crime. Le petit David est devenu, comme dans la légende qu'il jouait innocemment, l'otage des loups. Sur le fil précis d'une enquête menée par un jeune lieutenant de gendarmerie, fin psychologue et épris de justice, le lecteur est entraîné par l'auteur dans le tableau authentique de la propre histoire de chacun des personnages et du quotidien du village. Et, au-dessus de cette recomposition d'une Provence profonde et tourmentée, le regard d'un étrange auteur, qui expose à la première personne les raisons qui l'ont poussé à se fixer dans ce village pour écrire ce livre.

  • De Rutebeuf à Francis Carco, en passant par l'un des plus grands, François Villon, il est, chez les poètes français une tradition solidement établie depuis les origines. On peut qualifier ce courant - permanent et profond - de réalisme poétique. C'est évidemment de cette lignée que se réclame l'oeuvre de Geo Catoni, chez qui une sourde angoisse, un pessimisme désespéré - dus peut-être en partie à ses origines insulaires - ne cessent de le disputer à la verve la plus débridée, à la liberté de ton la plus absolue, à la gouaille rageuse et à la tendresse humaine qui parcourent les écrits de ses illustres prédécesseurs. Jacques Lovichi

  • L'abbé Gaufridy : le héros malgré lui d'une histoire de sorcellerie, de possession et d'exorcisme qui fit grand bruit dans les années 1610-1611. Cette affaire est, depuis, devenue exemplaire. Jacques de Retz, jeune oratorien, est envoyé à la Sainte Baume pour assister la « guérison spirituelle » d'une demoiselle de la noblesse marseillaise, réputée habitée par les démons : Madeleine de Demandolx. Il est ainsi projeté dans l'irréversible engrenage qui doit broyer fatalement l'abbé Gaufridy. Dans ce roman, le lecteur est à la fois grand témoin et enquêteur au jour le jour. Regard externe, il remonte les fils ténus d'une histoire trouble, en une Provence chargée de ses émotions et de ses mystères. La reconstitution de l'atmosphère et des mentalités de l'époque, les personnages croqués dans le vrai du moment, s'échappent de la plume vive et subtile du romancier et historien Alain Gérard qui, en la circonstance, a su retrouver la richesse du style et du vocabulaire du XVIIe siècle.

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