Climats (réédition numérique FeniXX)

  • « Les rideaux de l'ambulance sont ouverts. La ville se frottera bientôt contre les fenêtres de la voiture. Nous quittons le périphérique. Encore quelques mètres de cet asphalte gansé de barrières... Surgissent alors les vieux immeubles. Soudés le s uns aux autres, ils remontent les larges avenues. Ils ont fardé leurs façades mais je connais cette tribu de caillasse ; elle n'aura pas torché ses arrière-cours. En contrebas, deux fleuves affouillent des lits d'argile. Sur la place au goudron rouge, un roi, impatient de colporter la nouvelle, chevauche sans étrier. Dans le haut de la ville, après avoir excité portes et volets, des courants d'air font gémir les traboules. Lyon a lâché sa rumeur comme elle aurait libéré les chiens : je suis de retour. À l'intérieur de l'ambulance, allongée sur un brancard, je m'abandonne au baiser de la ville. Une goutte de sueur glisse sur ma tempe droite, une autre agace mon cou. Ce sang impur sent l'oignon. » Accident ? Suicide ? Qu'est-il arrivé à Roxane de Saint-Romain ? Autour de ce corps paralysé, la famille fait cercle jusqu'à l'étouffement. Dans cette meute, depuis des générations, ce sont les sorcières, et non pas les fées qui se penchent sur les berceaux.

  • Un petit carnet, puisque ce polar d'un genre très particulier, fait d'ellipses et de blancs, à la construction fragmentée, est le méticuleux compte-rendu des seuls méfaits commis par un individu au fil des années. Ce texte met en scène un personnage qui, s'il est coupable, n'est pas, comme souvent dans le roman noir, une victime. Si la mort accidentelle de ses parents, et la culpabilité ressentie ensuite, peuvent expliquer, en partie, son comportement ultérieur, l'auteur laisse pourtant aussi penser que cet accident n'aurait, peut-être, pas eu lieu par hasard... Fatalité du destin ? Folie meurtrière précoce ? Le récit débute sur cette ambiguïté fondatrice, pour se poursuivre jusqu'à la fin sur la même ligne trouble. Très trouble. Le lecteur se posera d'autant plus de questions que l'écrivain, se contentant d'une description glacée de ce singulier itinéraire, se garde bien de tout commentaire, comme de toute analyse.

  • SOMBRES : Qui ne laissent aucune place à l'espoir. CLIMATS : Ensemble des conditions dans lesquelles on vit, - Un désespéré avec un Skorpion et un Makarov, c'est un désespéré drôlement débrouillard. Regardez autour de vous, partout dans les rues, ces centaines de jeunes clodos au bout du rouleau. On a jamais pensé qu'ils pourraient un jour se muer en bêtes fauves. Pourtant il n'y avait qu'un pas à leur faire franchir. Elle est inépuisable cette armée de la misère. Il suffit de descendre dans le métro et de faire son choix, la main-d'oeuvre abonde. Organisant des SDF en terroristes, un psychopathe sème la terreur dans Paris.

  • Collection Sombres Climats. Sombres : qui ne laissent aucune place à l'espoir. Climats : ensemble des conditions dans lesquelles on vit. Avec ce premier texte Delcour était immédiatement à la marge. Situé au Mexique, baignant dans l'alcool et la drogue, Mezcal Terminal, dans une violence sous-jacente, évoque une série B parfaite.

  • Paul, employé dans une maison d'édition musicale, est témoin, à son insu, du meurtre d'un compositeur. Persécuté au téléphone par une voix anonyme, enfermé dans ses mensonges maladroits, son univers quotidien devient un cauchemar. À la manière d'Hitchcock, l'auteur tisse une histoire étrange et perverse, qui provoque chez le lecteur un insidieux malaise.

  • SOMBRES : Qui ne laissent aucune place à l'espoir. CLIMATS : Ensemble des conditions dans lesquelles on vit (Larousse 1997). Enquête sur des sectateurs de Gilles de Rais, conduite par un privé déjanté et moribond, déjà passé de l'autre côté. Dans un style hyperréaliste, l'auteur construit par un montage qui mélange actions, incidentes, rêves et souvenirs, une histoire en marge du récit principal. Glaçant...

  • Bois-Colombes n'est sans doute pas la banlieue paisible que l'on croit. On y voit défiler une théorie de personnages singuliers : Orsoni, inspecteur de police coureur de fond, l'agent(e) Zabeth, perle des Antilles, Paringaux, brigadier de la canine, l'anorexique jeteuse de sorts et, bien sûr, l'assassin, grand amateur de travestis. Aigu, condensé, Patrice Lelorain enchaîne montage cut sur ellipse.

  • Une romancière en quête de tranquillité et curieuse de découvrir ce qu'elle appelle le grand âge, s'installe dans une maison de retraite du Médoc, afin d'apporter la touche finale à un livre en cours. Le soir même de son arrivée, elle trouve sur le petit bureau de sa chambre deux piles de feuillets, qu'elle s'empresse de découvrir. Trop innocemment, peut-être. Une aussi éprouvante qu'imprévue, nuit de lecture débute. Comprenant qu'un complot se trame autour d'elle, la jeune femme décide d'agir. Mais, comme dans L'assassin habite au 21 de Clouzot, l'analyse de la situation et l'examen de ses protagonistes, se transforment vite en la traversée hagarde d'un plus qu'inquiètant palais des glaces. La Pension Myosotis est, à coup sûr, le récit d'une machination. Mais ce roman pourrait bien être, également, une réflexion sur les rapports troubles qu'entretiennent fiction et réalité, mensonge et vérité, pouvoir romanesque et désir de manipulation.

  • À Pékin, en automne. Un commissaire français, ancien élève de Langues O et son alter ego, aussi fin connaisseur de la Chine que lui, mènent l'enquête. Gastronomie, poésie, peinture, histoire, érotisme, autant de terrains sur lesquels les Chinois et les Français se retrouvent et qui sont les ingrédients de ce polar écrit dans les coulisses de la diplomatie et de l'entreprise françaises. Dans ces pages palpitantes qui tiennent autant du roman d'espionnage que des enquêtes d'un juge Di mâtiné de San Antonio, l'auteur met toute son ironie au service de son amour de la Chine et tend au monde de la sinologie un miroir où les habits neufs ne se reflètent pas. Sur le ton gouailleur du titi parisien, il nous fait passer entre deux éclats de rires son analyse du monde chinois, en deçà et au-delà du détroit de Taïwan.

  • Certainement un des livres les plus Sombres Climats paru à ce jour. Un cauchemar : prison, violence, drogue, peur, cruauté, misère, amour, maladie, odeurs, insectes etc... Guillaume Nicloux décline un enchevêtrement de situations quotidiennes dans un univers oppressant et insupportable. Un livre étouffant, onirique, déroutant...

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