Christiane Chauviré

  • Une biographie de ce logicien autrichien, né en 1889, mort en 1951, qui influença le mouvement appelé le Cercle de Vienne. Certaines de ses oeuvres furent découvertes après sa mort.

  • « La philosophie a perdu son aura » déclare Wittgenstein à ses étudiants de Cambridge en 1930, au moment même où Walter Benjamin évoque la perte d'aura de l'art. Il s'est produit selon le philosophe viennois une « torsion » dans l'histoire de la philosophie, qui se trouve coïncider avec l'avènement de ces Temps Modernes auxquels il ne souscrit qu'avec résignation. La nouvelle philosophie a selon lui le même rapport avec l'ancienne que la chimie avec l'alchimie, car il existe dorénavant une méthode philosophique, un savoir faire bien délimité, et du même coup des philosophes « de métier ». »

    Extrait de: Christiane Chauviré. « Wittgenstein en heritage. » iBooks.

  • Le but du présent ouvrage est d'introduire à la philosophie de Charles Sanders Peirce (1839-1914), à travers une question longtemps restée mystérieuse : celle de la logique du vague. Ce thème semble assurer l'unité de cette oeuvre complexe et multiforme, dont on commence à entrevoir la portée. Il a été longtemps impossible d'écrire en philosophe sur Peirce : celui-ci, considéré comme pionnier de la sémiotique, réduit au rôle de précurseur, de la logique contemporaine ou du positivisme logique, est en fait l'auteur d'un système ambitieux qu'il tenta toute sa vie d'édifier. La présente enquête, fondée sur un examen précis de ces textes méconnus, consiste à aborder la théorie générale du signe et de la signification, en liaison avec les problématiques de Husserl, de Frege ou de Russell. Le départ en est fourni par l'examen de la part assignée dans la sémiotique à la grammaire pure : celui-ci mène, par la dérobade du sens, à la pragmatique de la proposition, puis à l'invention du sujet logique, pour aboutir à la théorie de la quantification qui permet de nommer le vague. Le lecteur français peut dès lors disposer d'une entrée dans un projet philosophique d'envergure, dont l'inventivité logique et la profondeur métaphysique évoquent Leibniz. Sa contribution à la philosophie analytique contemporaine apparaît à travers ce thème du vague qui en fournit l'accès privilégié.

  • On a longtemps considéré Wittgenstein comme un anti-mentaliste qui niait l'existence ou l'intérêt des processus ou états mentaux. En réalité il lutte contre des mythes par exemple celui de l'intériorité et non pas contre le sujet intériorité. La seule façon d'échapper à l'emprise des mythes est de trouver une manière non mystifiante de parler de la vie mentale, donc d'étudier la grammaire de nos concepts psychologiques pour nous défaire des images incrustées dans notre langage.

  • Que faut-il penser de ces nouveaux savoirs issus des sciences cognitives qui pénètrent à l'intérieur de la « boîte noire » de l'esprit ? En quoi sont-ils utiles, voire nécessaires à la philosophie ? On peut chercher à répondre à ces questions dans le sillage de Wittgenstein, et voir comment philosopher autrement sur l'esprit.

  • L'expérience humaine est vulnérable. L'erreur y est inévitable. Elle se faufile partout. Si elle est généralement affectée d'une valeur négative - elle est à éviter, à corriger, à réparer -, elle présente aussi un potentiel positif. On apprend de ses erreurs, car les révisions auxquelles conduisent leur découverte et leur examen sont des moments essentiels dans la production du savoir, dans le raisonnement pratique ou dans la détermination des conduites appropriées aux situations. L'étude de l'erreur se développe en grande partie aujourd'hui à partir de travaux de psychologie cognitive, qui traquent les erreurs de raisonnement, les biais cognitifs et la formation de croyances fausses et expliquent causalement ces phénomènes par des mécanismes inconscients ou des inclinations naturelles de l'esprit humain. Le problème est que, pour ce faire, ils doivent présupposer des normes absolues (de vérité ou de rationalité, de raisonnement déductif ou de raisonnement statistique) par rapport auxquelles les erreurs représentent des écarts mesurables. C'est une tout autre approche que propose le présent ouvrage : analyser l'erreur sous l'angle de sa socialité, c'est-à-dire en l'envisageant dans les multiples contextes et dans les dynamiques plurielles où elle se produit, est prévenue, identifiée, relevée, appréciée, attribuée, rejetée, qualifiée, traitée. Des études de cas mettent la thèse de la valeur positive de l'erreur à l'épreuve : elles examinent l'usage de l'erreur aussi bien dans la science que dans l'enseignement de la logique ; dans l'établissement des preuves au tribunal que dans la résolution de problèmes pratiques de la vie courante ; dans la délibération que dans la perception ; dans le diagnostic médical que dans la décision politique.

  • Qu'est-ce au juste que le mental ? Les nouvelles « sciences de l'esprit » ne paraissent pas avoir de doute sur la réponse : c'est ce qu'il y a dans la boîte crânienne. L'idée que le mental puisse être autre chose que le côté « interne » d'une métaphore qui l'oppose à de l'externe, et qu'à ce titre il puisse s'avérer intrinsèquement social, leur paraît incongrue. C'est pourtant cette idée que le pré­sent ouvrage s'applique à défendre. Il élabore une conception sociale du mental, en prenant appui sur les courants de recherche qui, en philosophie et en sciences humaines et sociales, ont souli­gné, tant d'un point de vue conceptuel qu'empirique, l'imbrication du social et du mental. Cette élaboration passe par une clarification des deux concepts. D'un côté, il est nécessaire de remédier au rétrécissement du social non seulement par les sciences cognitives, mais aussi par une partie des sciences sociales. De l'autre, il faut proposer une nouvelle compréhension de ce que l'on entend par mental. La conception esquissée est une conception qu'on peut qualifier d'adverbiale : « mental » est un concept opératoire qui qualifie une modalité de l'action d'agents appartenant à une société.

empty