Auguste Blanqui


  • Auguste Blanqui est le grand représentant du socialisme révolutionnaire au XIXe siècle en France, le lien entre la Révolution, celle de Babeuf et de Buonarroti, et la Commune de Paris, vécue dans sa cellule de Clairvaux. Depuis sa première blessure lors des émeutes de la rue Saint-Denis en 1827 jusqu'à sa libération en 1879 après la campagne menée par Victor Hugo et Georges Clemenceau, il a tout mené de front, fondé des sociétés secrètes, créé des journaux, monté des insurrections, instruit la jeunesse révolutionnaire parisienne. Et il a pourtant trouvé le temps d'écrire, en particulier pendant les longues années de prison la moitié de sa vie.


    On trouvera ici présentés des proclamations, des extraits de sa défense lors de ses procès, des articles, des lettres, des textes théoriques et polémiques, et deux classiques : Instructions pour une prise d'armes, et L'Eternité par les astres. "
    Le peuple est muet, il végète loin des hautes régions où se règlent ses destinées. Lorsque, par hasard, la tribune ou la presse laissent échapper quelques paroles de pitié sur sa misère, on se hâte de leur imposer silence au nom de la sûreté publique, qui défend de toucher à ces questions brûlantes, ou bien on crie à l'anarchie. Et puis, quand il s'est fait un grand silence, on dit : Voyez, la France est heureuse, elle est paisible, l'ordre règne !
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    Textes choisis et présentés par Dominique Le Nuz.
    Préface par un des agents du Parti imaginaire.

  • Livre rédigé en prison par celui qu'on surnommait « l'éternel conspirateur », L'Éternité par les astres est une étonnante réflexion cosmologique qui a inspiré Nietzsche pour sa théorie de l'éternel retour.
    Cette « spéculation cosmologique » est bien plus qu'une curiosité. Ce texte à la fois scientifique, poétique et philosophique mérite d'être redécouvert. La riche préface de Jacques Rancière l'éclaire d'un jour nouveau.

    Auguste Blanqui (1805-1881) était un révolutionnaire républicain socialiste français. Prônant la révolution par la violence, il fut emprisonné une grande partie de son existence.Jacques Rancière est aujourd'hui un des intellectuels français les plus connus et les plus influents. Il publie non seulement sur des sujets philosophiques, mais aussi sur la pédagogie, le cinéma et l'histoire sociale.

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  • Extrait
    La richesse naît de l’intelligence et du travail, l’âme et la vie de l’humanité. Mais ces deux forces ne peuvent agir qu’à l’aide d’un élément passif, le sol, qu’elles mettent en oeuvre par leurs efforts combinés. Il semble donc que cet instrument indispensable devrait appartenir à tous les hommes. Il n’en est rien.
    Des individus se sont emparés par ruse ou par violence de la terre commune, et, s’en déclarant les possesseurs, ils ont établi par des lois qu’elle serait à jamais leur été, et que ce droit de propriété deviendrait la base de la constitution sociale, c’est-à-dire qu’il primerait et au besoin pourrait absorber tous les droits humains, même celui de vivre, s’il avait le malheur de se trouver en conflit avec le privilège du petit nombre.
    Ce droit de propriété s’est étendu, par déduction logique, du sol à d’autres instruments, produits accumulés du travail, désignés par le nom générique de capitaux. Or, comme les capitaux, stériles d’eux-mêmes, ne fructifient que par la main-d’oeuvre, et que, d’un autre côté, ils sont nécessairement la matière première ouvrée par les forces sociales, la majorité, exclue de leur possession, se trouve condamnée aux travaux forcés, au profit de la minorité possédante. Ni les instruments, ni les fruits du travail n’appartiennent aux travailleurs, mais aux oisifs. Les branches gourmandes absorbent la sève de l’arbre, au détriment des rameaux fertiles. Les frelons dévorent le miel créé par les abeilles.
    Tel est notre ordre social, fondé par la conquête, qui a divisé les populations en vainqueurs et en vaincus. La conséquence logique d’une telle organisation, c’est l’esclavage. Il ne s’est pas fait attendre. En effet, le sol ne tirant sa valeur que de la culture, les privilégiés ont conclu, du droit de posséder le sol, celui de posséder aussi le bétail humain qui le féconde. Ils l’ont considéré d’abord comme le complément de leur domaine, puis, en dernière analyse, comme une propriété personnelle, indépendante du sol.






  • Extrait
    M. le Président — La parole est à l’accusé Blanqui.
    Blanqui — Je demande pardon à MM. les jurés de leur avoir fait perdre hier une demi-journée, mais j’étais véritablement pris de court. Je vais maintenant me défendre.
    Je suis devant vous, MM. les jurés, et ce n’est pas à vous que je parle, c’est à la France, la seule haute cour de justice que je connaisse et dont les arrêts ne sont pas susceptibles de cassation.
    Déjà le cri de ce tribunal suprême arrive de tous les points du territoire, c’est un cri de surprise contre l’accusation dont nous sommes l’objet, c’est un cri de pitié pour les hommes contre lesquels la haine ne s’assouvit jamais ; cette grande voix de l’opinion publique est la seule dont à nos yeux le verdict puisse être légitime.
    C’est sans doute pour y échapper qu’on s’est lancé dans cette voie des persécutions ; c’est pour se dérober au cri de la conscience, qu’au mépris des principes les plus respectables du droit, on soutient ici une accusation qui, devant nos pairs, serait tombée au grand jour de la discussion.
    M. le Président — Accusé, dans votre intérêt même, je vous engage à vous abstenir de semblables considérations.
    Blanqui — On nous a traduit devant la haute cour...
    M. le Président — La qualification des faits qui sont attribués justifie la juridiction.
    Blanqui — Mais il n’y a pas de charges, et plus l’accusation est grave, plus la faiblesse des charges est évidente ; une commission spéciale, la rétroactivité appliquée, une haute cour constituée en vue d’un procès, voilà ce qu’on nous a fait.
    On ne s’arrête pas là, ce n’est pas assez d’avoir violé les règles de la jurisprudence, on nous amène ici, nous, hommes politiques, pour y voir proclamer, non pas un jugement de justice, mais un jugement de nécessité.
    M. le Président — Accusé, je ne puis vous permettre de continuer ainsi.
    Blanqui — Remarquez, M. le Président...
    M. le Président — Remarquez vous-même qu’il y a deux choses que vous devez respecter, d’abord le décret de l’Assemblée nationale, et ensuite l’arrêt de la haute cour sur la compétence... Dans l’intérêt de la justice, dans le vôtre, je vous engage...

  • Blanqui a payé de la prison, de la déportation, de l'exil (voir L'Enfermé, sa biographie monumentale et historique par Gustave Geffroy, que nous publions simultanéement) l'échec des insurrections de 1830 et 1848.
    Vingt ans après, en 1868 - et d'autres prisons, d'autres journaux, un autre exil -, il revient par l'écriture aux barricades : comment s'organiser, comment résister, où trouver les matériaux, l'argent, comment distribuer les grades. Et que devient la ville dans l'insurrection, comment percer les murs, se nourrir, ou ne pas mourir.
    Grand texte qui a fasciné Walter Benjamin. La question des émeutes urbaines traverse toujours nos sociétés, et encore plus celle de la résistance à l'ordre établi.
    Ce texte n'avait pas été réédité depuis le livre-culte de Miguel Abensour (éd. Futur antérieur), en 1973. Le voici en version numérique.
    FB

  • Extrait : "L'économie politique est le code de l'usure, la description de la mécanique sociale et l'inventaire de son matériel. Rien de plus, rien de moins. Pas trace de philosophie, ni de morale..."
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  • 7 septembre 1870.
    La République est proclamée. La France respire et renaît à la vie. Elle ne se sent plus, - rêve affreux ! - descendre lentement dans l'abîme, garrottée et impuissante. Son armée, en mourant, l'a délivrée. Défaite victorieuse ! C'est la Prusse qui va rester ensevelie dans son triomphe.
    Que la France ne se montre pas indigne d'un si héroïque sacrifice ! Que Paris républicain soit le premier à payer sa dette aux soldats martyrs de notre liberté.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Louis Auguste Blanqui, né à Puget-Théniers (Alpes-Maritimes) le 8 février 1805, est d'origine italienne.
    Carbonaro depuis 1824, au sein de cette organisation secrète en lutte contre la restauration monarchique, Auguste Blanqui est mêlé à toutes les conspirations républicaines de son époque. Dès lors, se succèdent pour lui complots, coups de force manqués et emprisonnements.
    En 1825-1826, il participe au journal saint-simonien Le Producteur fondé par Olinde Rodrigues et Prosper Enfantin.
    Il entre au journal d'opposition libérale de Pierre Leroux Le Globe fin 1829. En 1830, on le compte dans les rangs de l'association républicaine la plus séditieuse, connue sous le nom de Conspiration La Fayette, qui joue un grand rôle dans la préparation de la Révolution de 1830, à laquelle il participe activement. Après la révolution, il adhère à la Société des amis du peuple , il se lie avec d'autres opposants au régime orléaniste : Buonarrotti (1761-1837), Raspail (1794-1878) et Barbès (1809-1870), entre autres.
    En janvier 1831, au nom du « Comité des Écoles », il rédige une proclamation menaçante. À la suite de manifestations, il est emprisonné à la Grande Force pendant trois semaines. Mais, récidiviste et prêchant toujours la violence, il est de nouveau arrêté et inculpé de complot contre la sûreté de l'État. Fin 1831, a lieu un procès durant lequel lui et quatorze camarades sont accusés de délits de presse. Blanqui témoigne alors de son caractère révolutionnaire, réclamant le suffrage universel, accusant des bourgeois d'être des 'privilégiés', se déclarant, lui, prolétaire. Il utilise une formule qui témoigne de son idéal socialiste : 'Frapper d'impôts le nécessaire, c'est voler , frapper d'impôts le superflu, c'est restituer.' Et il dit alors : 'Toute révolution est un progrès'. Aggravant alors son cas devant les juges, il est alors condamné à un an de prison.

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