Circe

  • 38 ficelles, tours et autres passes pour garder raison à tout prix en ayant objectivement tort ou comment terrasser son adversaire en étant de plus mauvaise foi que lui. Un court traité à l'usage de quiconque croit sincèrement aux dividendes de la pensée. Rédigé à Berlin en 1830-31, ce traité fut publié pour la première fois en 1864. Il est suivi dans la présente édition d'une postface de Franco Volpi.

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  • Le conflit

    Georg Simmel

    Le conflit est un élément inhérent aux sociétés au même titre que l'entente ou le compromis.
    Son rôle n'est pas unilatéralement pernicieux ou désastreux, mais polyvalent. s'il peut être, certes, un facteur de désolation pour les sociétés, il peut être également un facteur de leur épanouissement. facteur de désunion, il est aussi une forme essentielle de toute socialisation. simmel aura été sans doute l'initiateur de cette façon de penser pour avoir mis en évidence les éléments proprement socialisateurs du conflit.

  • Etudiant l'importance du secret dans la vie sociale, Georg Simmel nous rappelle que si la société est " conditionnée par le fait de parler ", de communiquer, elle est aussi " modelée par la capacité de se taire ". Les utopies communicationnelles ont sans doute à se mesurer aussi à cette dernière capacité.

  • " La Chienne a adopté les Ancsa au printemps 1948 ", c'est ainsi que commence le roman. Les Ancsa, un couple d'âge mûr, vivent dans la banlieue de Budapest, alors que la Hongrie est en ruine et commence seulement à se relever du cauchemar de la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement communiste promet de mettre de l'ordre dans le pays. M. Ancsa, qui est ingénieur, est aussi enthousiaste d'aller travailler pour construire le futur que d'oublier le passé. La seule chose à laquelle il peut encore consacrer du temps, c'est une petite chienne, qui attend sa première portée. Mais Niki sait beaucoup de choses, et ce déjà bien avant qu'elle fasse partie de la maison des Ancsa. Quand le nouveau travail de M. Ancsa les a contraints à prendre un appartement en ville, ils l'ont gardé avec eux. Puis, lors d'une répression politique, M. Ancsa disparaît sans laisser de trace. Pendant cinq ans, il ne réapparaît pas ; cinq ans d'absence, de silence, de peur et de lutte ; cinq ans durant lesquels Mme Ancsa n'a que Niki et Niki n'a que Mme Ancsa.
    L'histoire de Niki, une chienne ordinaire, et des Ancsa, un couple non moins ordinaire, est une parabole extraordinairement émouvante, sans toutefois donner dans la sensiblerie, sur l'attention, la gentillesse et la résistance de l'amour. À l'instar de Des Souris et des hommes, Niki est un chef-d'oeuvre de la mise en évidence de l'inhumanité de l'homme envers l'homme. Avec une naïveté astucieuse, Déry retransmet (ou imagine), avec le plus grand sérieux, toutes les secousses de l'âme de Niki. Il met, en quelque sorte, le réalisme psychologique du roman contemporain à la disposition d'un fox-terrier.

  • Il y a sans doute peu de pays au monde où la poésie spécialement écrite pour les enfants soit aussi populaire qu'en Russie, au point de s'être constituée en genre tout à fait à part depuis le début des années vingt de notre siècle. Si elle a pu servir parfois de refuge à des poètes qui, tels Kharms, Sapguir ou Grigoriev, n'avaient pas la possibilité, sous le régime soviétique, de publier leurs oeuvres " pour adultes ", cette poésie reflétait cependant les réalités du pays et de l'époque, singulièrement articulées par le jeu obsédant du son et du sens, du rythme, du mètre, de la rime : " Ne crains pas les contes de fées. / Crains plutôt le mensonge. / Un conte ne peut pas tromper : / En plein dans le vrai il nous plonge ". Ce volume réunit dix des poètes les plus représentatifs (Sacha Tchiorny, Korneï Tchoukovski, Samuel Marchak, Daniil Kharms, Boris Zakhoder, Valentin Bérestov, Guenrikh Sapguir, Roman Sef, Younna Morits, Oleg Grigoriev), des poèmes que des millions d'enfants russes, aujourd'hui encore, connaissent par coeur.

  • Avec comme point de depart les fresques d'Andrea Mantegna dans le palais ducal de Mantoue, Inger Christensen nous introduit dans le quattrocento italien sans pour autant avoir écrit un livre historique. Les personnages du récit sont les personnages des fresques. Leur histoire, pleine de drames d'amour, de mort et de deceptions mais aussi de joie et d'allégresse, est narrée de trois points de vue différents, qui nous laissent comprendre les événements mieux que les personages ne les saisissent eux-mêmes. Ces derniers, malgré les intrigues, trouveront-ils la vérité dernière qu'ils semblent tous chercher ?

  • Au nombre des multiples romans de Joseph Conrad (1857-1924), c'est l'un des plus méconnus, des plus ignorés. Pourtant, c'est un des textes sur l'ambivalence les plus forts que la littérature nous ait donné. Un jeune capitaine ambitieux débarque dans une île tropicale luxueuse - pour tomber amoureux, au milieu des querelles de sucriers et des fleurs étouffantes, d'une sombre beauté farouche. Elle semble à peine l'apercevoir. Il lui impose ses baisers - et découvre qu'il est l'abusé. Un homme qui voulait se perdre contre sa nature, se retrouve à la frontière de ses sentiments, tout à fait désamouré. Un sourire peut être si amer, le bonheur si triste.
    Nouvelle traduction.

  • De A comme « Action » à V comme « Voix », plus de cinquante mots-clés qui permettront d'orienter l'étude des dramaturgies modernes et contemporaines.
    Une plongée dans cette « crise de la forme dramatique » qui s'ouvre dans les années 1880 et se poursuit et s'accélère sous nos yeux. Un outil précieux, à la fois théorique, méthodologique et descriptif, pour aborder les écritures dramatiques d'hier - au temps du naturalisme et du symbolisme - à aujourd'hui.

  • Ne cherchez pas dans vos manuels de littérature ! tubutsch a piqué une tête dans son encrier à moins qu'il ne se soit pendu à l'heure de sa naissance avec son cordon ombilical.
    De toute façon comme il avait décidé de ne plus écrire qu'au crayon et quand on sait que les âmes distinguées sortent leur gomme dès qu'on leur parle de culture. tubutsch fut la première ombre que perdit albert ehrenstein, un des poètes les plus amers de la langue allemande, un schlemihl un rien schopenhauerien qui s'égara un moment dans la vienne de schiele et de kokoschka pour acheter des saucisses expressionnistes à la pâle tekla aux boucles blondes.

  • Quand on vient l'arrêter en mai 1934, Ossip Mandelstam est "prêt à la mort". Mais condamné à trois ans d'exil, il va écrire à Voronej, en quelques mois les plus fertiles de son existence, les poèmes des trois Cahiers qui sont un des sommets de la poésie russe du vingtième siècle. Arrêté une nouvelle fois en mai 1938, le poète est envoyé au Goulag et meurt le 27 décembre près de Vladivostok, au seuil même de la Kolyma. Cette édition bilingue et intégrale des poésies de la dernière période de Mandelstam, permet de replacer dans leur contexte les Cahiers de Voronej et un poème aussi "dérangeant" que l'Ode à Staline, de mieux comprendre comment, par sa "sémantique éminemment musicale", son élaboration métaphorique et prosodique d'une densité, d'une tension à la fois tragique et lumineuse, l'oeuvre de Mandelstam rejoint les grandes voix de la poésie universelle.

  • " Vif et bref, le premier roman connu d'Ivan Gontcharov (1812-1891), l'auteur d'Oblornov, a pour héroïne une jeune femme désemparée depuis qu'elle a perdu quelque chose qui lui tenait à coeur.
    Quoi ? Elle le dit à l'officier de police qui finit par la recevoir : " Mon mari. " Et quand on retrouve celui-ci, c'est en mauvais état, tout à fait mort, le visage écrabouillé mais toujours l'alliance au doigt. Cela ne fait pas l'affaire de l'héroïne. D'autant que, comme le lecteur, elle est traitée avec une certaine ironie par Gontcharov, c'est bien triste de tomber amoureuse pour perdre l'objet de son amour.
    "On en parle dans tous les romans. Lisez-les donc, et laissez-moi poursuivre mon récit " Mathieu Lindon, Libération.

  • Impossible de rêver le futur ; le seul futur est celui de l'expectative d'un désastre. Le nouveau moralisme ambiant est fondé sur une constante anticipation du pire. Se développe alors une « éthique des responsabilités » fondée sur une heuristique de la peur. C'est parce qu'on a peur, qu'on doit être éco-responsable. À l'encontre de l'obsession trop individuelle de la sécurité dans la vie quotidienne, le discours écologique se veut avant tout communautaire. Il fait consensus parce qu'il s'évertue à poser les problèmes de l'avenir à une échelle planétaire et qu'en ce sens, il s'oppose à l'individualisme contemporain.

  • Kiarostami.: le réel, face et pile , le précédent livre de Y. Ishaghpour, était consacré aux aspects di érents et aux métamorphoses d'une oeuvre complexe dans son apparence de simplicité.
    Le présent volume continue la même démarche, à propos des fi lms récents. On retrouve chez le réalisateur le même détachement esthétique, avec sa sérénité, sa disponibilité, son ouverture et son accueil. Cependant, tout en gardant toujours leur «.minimalisme.», sans rien d'une réfl exivité moderniste, les fi lms et les photographies de Kiarostami s'a£ rment de plus en plus «.conceptuels.».
    Le nouveau fi lm de Kiarostami ( Like Someone in Love ) sortira sur les écrans le 12 septembre.

  • " Les sujets de vos récits, je vous en laisse le libre choix ; seulement faites-nous voir, à la forme, que nous sommes en bonne société.
    Donnez-nous, pour commencer, une histoire où l'on trouve peu de personnages et peu d'évènements, bien conçue et bien pensée, vraie, naturelle, sans être vulgaire ; autant d'action qu'il est indispensable, autant de sentiment qu'il est nécessaire ; qui ne se languisse pas, qui ne se meuve pas trop lentement ... Que votre histoire nous amuse d'un bout à l'autre, que la conclusion nous satisfasse et nous laisse un secret désir d'y rêver encore...
    "

  • Les domestiques de Swift apprennent à tout considérer comme égal et à faire franchement ce que beaucoup font par faiblesse. Nous entretenant de côtelettes dérobées, de vin coupé d'eau, de galanteries dans les cuisines, d'objets cassés, Swift nous parle aussi de notre âme. Les Instructions peuvent s'adapter à toutes les professions, y compris celles de la vie intellectuelle... Ici, Swift a choisit de faire de l'homme un domestique, et il lui enseigne à récréer une société libre et ingénieuse au sein de son esclavage. Les Directions to Servants ont paru en 1745, l'année de la mort de Swift. Il y travaillait depuis 1704, mais le temps et la santé lui manquèrent pour achever ce traité.

  • « L'allégorie réaliste d'une architecture de verre à l'échelle de la planète entière développe peut-être seulement, à travers la multiplicité de ses descriptions savantes et minutieuses, cette simple leçon d'émancipation : l'humanité peut survivre, malgré tout, si elle sait accepter sa « pauvreté » avérée, c'est-à-dire d'abord si elle sait se libérer de la passion des images de soi et des marques d'une puissance désormais dérisoire, si au-delà des propriétés, des clôtures, des replis et des capitalisations qui l'étouffent, elle parvient à inventer les formes d'accueil d'un Nouveau à venir, extérieur et mobile. » (Daniel Payot)

  • Grâce à la variété du style et de l'inspiration, mais surtout à l'image qu'il y donne de sa personnalité tourmentée, chaque nouvelle illustre l'une des facettes de cet homme étonnant. L'Héritier, l'histoire de Kasem Hussein qui rêva d'être riche, et la fortune venue, ne rencontra que déboires et déceptions, évoque les contes « orientaux » du XVIIIe siècle et leur aimable scepticisme. Dans La fin du chant, à l'atmosphère poétique, Slauerhoff décrit l'errance d'un homme à la recherche d'un indéfinissable salut à travers les absurdités et les banalités d'une existence désenchantée. Conrad semble avoir inspiré Le dernier voyage du Nyborgt, qui, pousse sur l'infini du Pacifique par quelque obscure fatalité, entraîne son équipage à la mort. Larrios est la navrante histoire d'un marin désemparé, dont la vie n'a plus d'autre sens que la quête, poursuivie au cours d'étranges expériences, d'une femme un instant entrevue. Enfin, c'est dans un esprit d'« understatement » typiquement anglo-saxon que Such is life in China décrit avec réalisme une journée de quelques européens échoués aux flancs de l'immense empire qui tolère avec indifférence leurs manies, leurs trafics et leurs illusions.

  • Dans le mexique révolutionnaire des années vingt, guadalajara vit dans l'isolement, dans une torpeur immobile, qu'elle alimente de ses ambitions et de ses illusions dangereuses.
    Elle perdure dans un climat d'attente messianique qu'a compris el vidriero, un vagabond agité et insatisfait. pourquoi ne pas croire, ou du moins ne pas faire croire, qu'il est le rédempteur, apte à racheter les vies dépourvues de sens des indiens ? a mi-chemin entre réalité et légende, le roman raconte avec une cruauté impitoyable la parabole d'une révolte, ce mélange de fanatisme et d'intérêts personnels, d'idéalisme et de corruption.

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