Marie-Madeleine Gladieu

  • Ce manuel sur El otoño del Patriarca permet d'étudier la contextualisation historique du personnage du dictateur (« l'écrivain dans son siècle ») et d'élargir la réflexion au mythe de la révolution (« mythes et héros »). Du point de vue littéraire, il souligne les phénomènes d'intertextualité (« héritages et de ruptures ») et la question de l'instance narratrice, tant est fondamentale l'oralité dans ce texte romanesque.

  • Pendant trois siècles, la majeure partie du continent américain se trouve partagée entre l'empire espagnol et l'empire portugais. Au moment de l'invasion de l'Espagne par les troupes napoléoniennes, les colonies affirment leur fidélité au roi Ferdinand VII tout en prenant leur autonomie. La volonté d'indépendance surgit bientôt, essentiellement dans les milieux créoles des grandes villes, très influencés par les idées des Lumières. Bolivar et les autres libertadores se soulèvent et les guerres d'indépendance se prolongent sur une vingtaine d'années. De nouveaux pays naissent alors, fixent leurs frontières ; les peuples deviennent nations, exercent leur souveraineté, se dotent de constitutions et de lois. Cet ouvrage s'intéresse aux rapports qui s'instaurent entre ces pays neufs. Il insiste sur l'importance croissante de l'économie dans la vie des nations et les relations internationales. Il analyse plus particulièrement les liens des nouveaux États avec l'Europe (Royaume-Uni) et les États-Unis d'Amérique, puissance émergente qui acquiert, dès la fin du XIXe siècle, le statut de véritable leader du continent et exerce une emprise toujours plus forte sur l'Amérique latine. Enfin, tout au long du XIXe siècle, à la faveur des soulèvements populaires, apparaissent les figures des grands caudillos souvent issus du peuple. L'auteur étudie cette figure politique et la symbolique du pouvoir à ce moment précis de l'Histoire et dans ces sociétés qui peinent à se structurer.

  • « Voir et entendre par le roman » réunit les actes du séminaire Approches Interdisciplinaires de la Lecture (AIL4), tenu à Reims en 2008-2009. De la vision au sens propre du terme à la représentation mentale en passant par toutes les formes de l'imaginaire, il n'est pas aisé de dire ce que le lecteur de roman voit effectivement par le double prisme de la fiction et de l'écriture. Le roman lui donne également à entendre au sens acoustique du terme et peut-être au-delà, selon des modalités variées, de l'audition racontée à la musique mimée par le texte romanesque, par quoi l'écriture narrative tend vers le poème. Le présent volume, approfondissant la notion d'hétérogénéité romanesque, objet du précédent séminaire, explore ces deux voies de l'expérience humaine. Il en étudie les affinités et décalages, à partir d'un corpus varié, brassant les époques et les aires culturelles. L'étude littéraire se nourrit au passage de réflexions anthropologiques, linguistiques et esthétiques.

  • S'il n'existe pas de " recette " infaillible pour réussir une dissertation (pas plus d'ailleurs que pour réussir un plat cuisiné !), si aucun plan ne peut prétendre être le seul valable, une méthode de travail est nécessaire pour aborder correctement cet exercice complexe.
    Examiner et remettre en question le jugement d'autrui sur quelque sujet que ce soit, c'est en quelque sorte composer un discours sur un discours lui-même composé sur un discours premier. chacun a donc conscience du jeu. et de l'enjeu.

    Cet ouvrage a pour objectif d'éclairer les principales règles de ce jeu et de signaler quelques pistes de réflexion utiles pour franchir aisément les différentes étapes de cette épreuve.

  • La traduction des textes littéraires est un exercice qui met en oeuvre non seulement une bonne connaissance de la langue d'origine, celle dans laquelle le texte a été composé, mais aussi celle du français.
    Ce manuel propose une série de textes espagnols qui constituent un panorama des formes d'expression du XVIe siècle à nos jours. Si les oeuvres en prose y ont été privilégiées, le théâtre en vers du Siècle d'Or n'y a pas été oublié. Il s'adresse donc en priorité aux étudiants de licence et de préparation aux concours désireux d'améliorer leur savoir-faire dans le domaine de la version espagnole. Les textes proposés sont accompagnés d'un bref résumé de l'oeuvre dont ils sont extraits et d'une présentation rapide de l'auteur, permettant d'éclairer le contexte et d'éviter certains contresens dans leur interprétation.
    Les mots et expressions les plus difficiles à comprendre sont expliqués ou traduits. Ensuite seulement vient une proposition de traduction. Il s'agit ici de sensibiliser les étudiants à une méthode d'approche et de compréhension des textes littéraires, conditions préalables à une traduction correcte.

  • Le Vénézuélien Romulo Gallegos, homme politique, éducateur et écrivain, est universellement connu pour le Prix littéraire le plus prestigieux d'Amérique latine qui porte son nom, mais surtout pour l'un des romans emblématiques de la terre américaine, Doña Barbara.
    Le jeune juriste Santos Luzardo, qui après avoir envisagé de partir s'installer en Europe, décide de revenir exploiter la propriété familiale, engage la lutte du droit contre la loi des caciques, de l'éducation contre la soumission aux lois du milieu naturel, de la civilisation contre la barbarie. L'importance accordée à l'évocation de la nature et des paysages, ainsi qu'à celle des activités relevant des saisons et du quotidien, a fait classer Doña Barbara parmi les " romans de la terre ".
    Mais le tellurisme de cette oeuvre relève parfois de ce que la critique nommera, quelques années plus tard, le " réalisme magique " : lu et apprécié par Miguel Angel Asturias, le Guatémaltèque, par Arturo Uslar Pietri, le Vénézuélien, et par Alejo Carpentier, le Cubain, Gallegos se détache des modèles réalistes et naturalistes, pour proposer une nouvelle manière d'appréhender les terres du Nouveau Monde, à travers les croyances des personnages, les rites et les pratiques populaires, identitaires même, qui influencent la vision du monde et de la vie dans les grandes plaines de l'Est vénézuélien.

  • Le goût du pouvoir, la folie, le désir de posséder l'autre jusqu'à la mort sont de puissants moteurs qui génèrent violence, crimes et délits, parfois au nom même de la raison d'Etat. Quand tout raisonnement achoppe, comment suggérer, imaginer, représenter l'un des problèmes les plus dérangeants et les plus fascinants qui soient ? Comment aller jusqu'au bout de la connaissance du mal grâce aux mots de la littérature ? Chacun des trois auteurs abordés dans cette étude impose sa propre vision du mal au fil de récits impressionnants instantanés de cruauté dans les Cuentos completos du Paraguayen Augusto Roa Bastos, images paranoïaques dans El tûnel de l'Argentin Ernesto Sâbato, représentations numériques où les mots sont autant de pixels dans Los vivos y los muertos du Bolivien Edmundo Paz Soldán. C'est à la découverte de ces trois oeuvres singulières qu'invite cet ouvrage destiné aux candidats à l'agrégation d'espagnol 2011, ainsi qu'à tous les lecteurs passionnés de littérature latino-américaine.

  • Cet ouvrage analyse, à partir des trois oeuvres romanesques au programme de l'agrégation externe d'espagnol, la relation complexe entre art, pouvoir et violence en Amérique latine. Lituma en los Andes de Mario Vargas Llosa, Abril rojo de Santiago Roncagliolo et Trabajos del reino, Yuri Herrera (2004) ont en commun de partager la même thématique ancrée dans la réalité historique de leurs pays respectifs : la « guerre populaire » qu'a menée Sentier Lumineux ou la violence des narcotrafiquants qui gangrène l'État mexicain.

  • Los rios profundos, publié en 1958, est le deuxième roman de l'écrivain péruvien José Maria Arguedas (1911-1969).
    Héritier du courant indigéniste qui, dans les années 1920-1930 au Pérou, dénonce la situation d'asservissement et de pauvreté que le système de l'hacienda impose aux paysans indiens dans les Andes, le roman transgresse les lois du genre réaliste en mettant en place un dispositif narratif original. Le personnage-narrateur, double de l'auteur, à la croisée de deux cultures, celle du monde quechua dans lequel il a été élevé et celle de la culture du Pérou officiel, catholique et blanche, devra trouver sa place dans le microcosme du collège religieux d'une petite ville des Andes, Abancay.
    Ce roman d'apprentissage d'un jeune adolescent est aussi une recherche formelle pour l'écrivain qui tente de restituer en espagnol une autre culture, panthéiste et harmonieuse, celle du monde indien. Réalisme magique, autobiographie fictionnelle, recherche identitaire, les codes de lecture de l'oeuvre sont nombreux ainsi que les questions d'ordre théorique que pose le roman d'un écrivain-ethnologue.
    Mais au-delà d'une lecture interprétative multiple, Los rios profundos, grâce au style de l'auteur que l'on pourrait assimiler à une écriture de l'enchantement, est un grand texte lyrique, un roman-poème, où l'imaginaire universel reconnaît dans " les fleuves profonds " la nature de ses rêves.

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