Epure

  • Toujours aussi enthousiastes, exigeants et incom-pétents, Mimi, Fifi & Glouglou remettent le couvert pour quelques séances de dégustation couronnées de quelques très rares moments de gloire et beaucoup d'échecs cinglants.
    Ils ne savent pas ce qu'ils boivent, encore moins ce qu'ils disent, car leurs illusions s'évaporent encore plus vite que le vin dans leurs verres.
    Objets d'un amour monomaniaque, les vins bios, biodynamiques ou naturels les préservent du mal de tête, mais pas de la prise de tête. Ils glosent, radotent, abusent, gaffent, ils parlent même avec un cheval ou se transforment en chiens. L'ivresse n'excuse pas tout.
    Heureusement, restent les bonnes tables pour apprécier des plaisirs sans arrière-pensées, tant qu'un sommelier autoritaire ne s'en mêle pas...

  • Dix recettes pour préparer cette plante sauvage qu'est l'ail des ours : pickles de boutons de fleurs d'ail des ours, salade de fraises à l'ail des ours, pesto d'ail des ours, flan végétarien d'ail des ours, mousses au chocolat aux fleurs d'ail des ours, entre autres.

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  • J'ai beaucoup plongé et nagé dans ma vie, et je possède désormais une maison en Bretagne. Ajoutez à cela une passion pour l'écologie, la mer et la cuisine, et vous comprendrez pourquoi je ne pouvais passer à côté de l'incroyable champ des possibles ouvert par les algues.

    Dans un monde de bouleversements climatiques, les algues sauveront certainement les hommes. Manger des algues et de la spiruline relève presque, en effet, d'un acte politique, en tout cas d'une citoyenneté radicale : elles poussent sans énergie ni eau, et sans recours à des intrants chimiques. Riches en vitamines, fibres, protéines et oligo-éléments indispensables à notre santé, elles peuvent nourrir les populations et éviter la stérilisation des sols tout en captant le CO2.

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  • Et si, pour que le pain retrouve sa dignité, il nous fallait savoir le perdre en redécouvrant le pain perdu??

    Ingrédient de base de la cucina povera - littéralement cuisine pauvre -, le pain rassis nous a nourris pendant des générations avant de disparaître de nos tables il y a un siècle, par snobisme bien sûr, mais aussi parce que le pain d'aujourd'hui est, comme la société qui l'engendre, incapable de vieillir. Prenez une baguette blanche une semaine après sa fabrication : sa consistance s'apparentera à celle du caoutchouc.

  • L' eau de mer Nouv.

    « Dans mes veines ce n'est pas du sang qui coule, c'est l'eau, l'eau amère des océans houleux... », écrivait le poète franco-marocain Jean-Bernard Venturini en 1939. Peut-être avait-il pris connaissance des travaux du naturaliste René Quinton qui a déterminé que la composition du plasma humain est très proche de celle de l'eau de mer. Il en a extrapolé des applications thérapeutiques et évolutionnistes qui ne sont pas mon propos, mais j'aime cette idée du rapport charnel que nous avons à l'océan. C'est dans l'eau que toute vie sur cette terre est née, eau douce ou salée.

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  • Cuisiner un sentiment

    Jacky Durand

    • Epure
    • 16 Avril 2021

    « Cuisiner, un sentiment » est un livre de recettes pas comme les autres, presque un roman, qui cultive la madeleine proustienne. Entre souvenirs, rites, saisons, envies et lieux, tout part des sentiments. Jacky Durand expose ici avec talent le cheminement qui le pousse à cuisiner.

    Le zinc, la table et le fourneau sont des scènes irremplaçables pour dérouler nos vies, créer des instants minuscules comme des jalons mémorables. On peut tout dire, tout entendre en cassant la graine ou en confectionnant une sauce béchamel. On se confie rarement dès l'oeuf-mayonnaise, plus souvent en attaquant l'onglet à l'échalote ou en s'attardant sur la crème brûlée. Partager un plat est une invitation à l'hospitalité des corps et des âmes. Et cuisiner, le plus court chemin pour écouter, sentir, voir, toucher et goûter l'autre. En racontant des histoires de cuisine, Jacky Durand donne faim de bonnes choses et envie de passer un moment autour d'une assiette, de se lancer pour de vrai et d'y mettre du coeur pour que la cuisine soit affaire de sentiments.

  • C'est sur les sentiers côtiers de Bretagne et de Charente, que j'ai découvert une graine dont le goût est resté ancré dans mon coeur. Cette graine, c'est le sarrasin. Petite et anguleuse, telle une minuscule pierre noire taillée, elle me fascine depuis plusieurs années.

    Le sarrasin, une fois apprivoisé, permet de réaliser des merveilles à la fois rustiques et réconfortantes, aux parfums subtils de noisette et de caramel, avec une touche boisée et une pointe d'amertume. La graine provient d'une plante herbacée dont la tige rouge porte des fleurs blanches, presque rosées. Également connue sous le nom de "blé noir", celle-ci n'a pourtant rien à voir avec le blé, puisqu'elle appartient à la famille des polygonacées et non des graminées.

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  • « Si je vous dis que le curry, avec les tempuras, les sushis et les râmen, est l'un des plats représentatifs du Japon, vous ne me croirez peut-être pas immédiatement. Pourtant, un Japonais mange du «karê raisu» (curry and rice) en moyenne 73 fois par an. À la maison comme dans les restaurants, le style du curry développé par les Japonais est si singulier qu'il existe même une plaisanterie à ce sujet : un Indien en visite au Japon, après avoir goûté au curry japonais, s'exclame :
    'C'est délicieux ! Comment ce plat s'appelle-t-il ?' » Ryoko Sekiguchi « Dans la cuisine de la Maison du Voyageur à Cancale, nous avons tâtonné, avancé au nez dans un tunnel d'échantillons des parfums de currys japonais rapportés par Ryoko pour trouver la quintessence de cette composition, afin ensuite d'être en mesure de la réaliser. Après de nombreux essais, nous avons, ensemble, choisi d'y ajouter de la laitue de mer des côtes bretonnes. Cette algue apporte une douceur iodée qui accentue l'umami (du curry déjà présent grâce au hatcho miso. » Mathilde Roellinger Nous souhaitons que ce livre incite les amoureux et les curieux à préparer un curry du levant comme les japonais à la maison et aussi à trouver d'autres inventions.

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  • Les tellines Nouv.

    Pour déloger ces coquilles délicates, il faut faire un cratère dans le sable avec le bord externe du pied... pas trop profond surtout et comme par magie, avec le ressac, toute une ribambelle de tellines apparaissent à la surface. Le jeu est double. Les ramasser au plus vite avant que la vague d'après ne vienne les recouvrir et les faire disparaître. Ne prendre que les grosses pour assurer la descendance et donc la pérennité des gourmandises à venir. Un exercice délicat mais qui est le point de départ de l'incontournable plat de tellines des apéritifs du week-end au cabanon.

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  • De la sueur, du sang, des larmes, du chardonnay et du grenache. Mimi, Fifi & Glouglou reviennent !
    Après quelques timides tentatives de détox, Mimi, Fifi et Glouglou ont décidé de s'adonner de plus belle à leur occupation favorite : la dégustation à l'aveugle, si possible avec des commentaires savants. Ils se perfectionnent, vont à la rencontre de vignerons, s'aventurent même dans le vignoble et dans les chais. Mais le résultat n'est pas toujours à la hauteur et quelques rencontres féminines leur font comprendre leurs limites. C'est bien la peine de passer autant de temps à s'entraîner pour de si piètres résultats !
    De nombreux pièges guettent celui qui s'expose à parler du vin : snobisme, ignorance, dogmatisme, leçons retenues très approximativement. Pour garder leur dignité, éviter de sombrer dans le ridicule, Mimi, Fifi & Glouglou sont prêts à faire preuve de la pire mauvaise foi. La rivalité exacerbe leur combativité. Pour s'imposer, il ne faut pas hésiter à taper le premier.
    Quand ils se sentent dépassés, nos trois dégustateurs se réfugient dans le rêve. Rêves de gloire, déambulations angoissantes au milieu de bouteilles géantes, rêves qu'un jour, enfin, ils sauront glisser négligeamment en reposant leur verre : « Crozes-Hermitage blanc 2007, 70 % marsanne, 30 % roussane sur sous-sol argilo-calcaire... »

  • La passion immodérée du vin peut conduire à certains abus. Mais dans le cas de Mimi, Fifi et Glouglou, ça n'est pas tellement qu'ils boivent trop, mais qu'ils boivent tout le temps. La dégustation, ils ne pensent qu'à ça, ils en rêvent la nuit, c'est une passion qui l'emporte sur tout. Goûter les vins, les comparer, mettre des mots sur des sensations fugaces et insaisissables, et surtout le Graal : reconnaître un vin à l'aveugle, l'appellation, le millésime, le vigneron et, si possible, le prénom de sa belle-soeur.
    Hélas, cet exercice réserve bien des déceptions. Mimi, Fifi et Glouglou vont faire assaut d'ignorance, de présomption, de mauvaise foi, connaître l'échec, mais jamais rien ne les découragera, parce qu'ouvrir une bouteille en se demandant quelles surprises elle vous réserve fait partie des plaisirs les plus exquis de l'existence.

  • J'ai découvert à Venise pour la première fois, il y a plus de vingt ans les spaghettis à l'encre de seiche. J'ai aimé ce goût, cette texture mais aussi cette couleur inhabituelle pour un plat. J'ai, depuis, saisi toutes les occasions pour essayer un plat traditionnel à l'encre ou pour en créer de nouveaux. Cet ingrédient essentiellement méditerranéen est utilisé même dans mon pays d'origine, le Liban, pour un plat de seiche à l'encre, servi froid, en mezzé. C'est en voulant mettre par écrit quelques recettes autour de l'encre, que j'ai soudain compris l'évidence d'un livre sur l'encre de seiche, car on écrit (et dessine) avec l'encre bien plus naturellement qu'on ne cuisine. Ma rencontre avec Zeina, magicienne de l'encre, a confirmé la nécessité d'écrire et de décrire la manière de cuisiner et de déguster l'encre avec la même encre. La boucle est ainsi bouclée.
    Il ne reste plus qu'à suivre l'encre noire (de seiche) dans ses savoureuses aventures, dessinées et cuisinées.

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  • On les disaient venus de Perse. En franchissant le perron de la grande maison d'Alep ; nous pouvions les voir se profiler comme un tableau juste en face de l'entrée, dans l'embrasure de la fenêtre côté jardin.
    Leurs branches se couvraient dès la fin du mois de juin de fleurs rouges majestueuses ; clochettes élégantes et joyeuses . Le premier donnait des fruits opulents, aux arilles grenat et au jus acide tandis que le second en produisait des plus petits ; couleur jaune orangée qui nous surprenaient une fois épluchés par leur douceur et leur parfum vanillé. Mon grand père aimait à dire que ces grenadiers - symboles de vie - la racontaient un peu à leur façon.

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  • Depuis la nuit des temps, avant même que l'homme ne découvre la cuisson, on sait qu'il se nourrissait d'aliments fermentés. Culturels et empiriques, les processus de transformation des aliments restaient pourtant mystérieux et laissaient penser à une intervention divine.
    Dés le XVIIe siècle, ces forces invisibles, portent un nom et sont désormais identifiables au microscope. Depuis, les technologies récentes découvrent le rôle primordiale des micro-organismes dans la chaine du vivant, mais aussi de l'insondable complexité de leur organisation .
    Même si nos yeux ne les voient pas, notre palais et notre odorat les reconnaissent souvent avec davantage de pertinence. Le vin, le pain, le fromage et le chocolat sont des exemples d'aliments fermentés, rendus à l'excellence grâce à ces micro-organismes.
    /> Bien que la science nous aide à mieux comprendre ces phénomènes, l'impassible transparence de notre environnement dans lequel grouillent ces êtres invisibles, n'en reste pas moins un mystère. Ici la cuisine est un moyen de convoquer et de communiquer avec les invisibles.

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  • Ça a débuté comme ça, pour rire, ou plutôt sérieusement mais sans se prendre au sérieux. Mes copines « cochonnettes », amatrices de bonne chère, d'abats, et de charcuteries cherchaient un sujet adéquat pour mon premier livre, les « couilles » sont apparues comme une évidence.
    Les couilles ne sont guère abordées dans les livres de cuisine, pourtant elles firent les délices de la cuisine de cour sous Louis XV, furent un hors d'oeuvre friand de la cuisine classique et bourgeoise au XIXe siècle, et l'un des mets canailles préférés des professionnels de la viande à la Villette, à la grande époque des Abattoirs. Laëtitia Visse collecte auprès de cinq chefs des recettes qui les mettent en scène, et se penche à son tour sur ces abats tant négligés. Des recettes pour leur rendre hommage, qu'elle ne manquera pas de mettre à la carte de son restaurant « Vorace » qui ouvrira à Marseille à l'été 2020.

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  • « Connais-tu le pays où fleurit l'oranger ? » chante la jeune Mignon dans le charmant opéra-comique en évoquant l'Italie où le bigaradier fut rapporté à l'époque des croisades, précédemment transmis par les Perses aux Arabes. Véritable invitation au voyage, le parfum délicat de la fleur d'oranger nous transporte immédiatement vers les effluves de la cuisine méditerranéenne et ses saveurs ensoleillées. Fleurs, feuilles, branches et fruits procurent chacun à leur manière de multiples fragrances et nuances comme autant de couleurs sur leur arbre. Les fleurs, très odorantes, sont d'un blanc pur. Le fruit, la bigarade, appelé communément orange amère, a une écorce épaisse et rugueuse et la pulpe, au goût puissant et acide, est impropre, fraîche, à la consommation mais excellente en confiture...

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  • Des cerises chiliennes ou des haricots verts en provenance du Kenya au mois de décembre. Des tomates arrivées directement du sud de l'Andalousie en février ou des fraises, au mois de mars, nées sous des serres chauffées, sur de la fibre coco en France. Des grappes de raisins du Pérou en avril et des pommes sorties de chambres à atmosphère contrôlée en juin. La liste est longue, presqu'aussi longue que le chemin parcouru par la majorité de ces fruits et légumes qui inondent les étals des marchés et hypermarchés de notre pays, tout au long de l'année. Les « évolutions » de l'agroindustrie font que les poules pondent toutes l'année, les chèvres produisent du lait en hiver, les tomates poussent hors sol dans des serres chauffées et éclairées.
    Il n'y a plus de contraintes saisonnières de production ou de transformation.
    Nous sommes devenus des consommateurs pressés et avons perdu le cours des saisons, la notion des cycles naturels. Nous jouons depuis trop longtemps aux apprentis sorciers avec la Nature. Nos choix alimentaires conditionnent notre santé et la santé de notre planète. Il est temps de redécouvrir le plaisir de savourer le meilleur de chaque saison, de reprendre le contrôle de notre alimentation, de prendre les bonnes décisions... pour demain.

  • Si vous vous demandez ce que peut bien vouloir dire un thé naturel ou si vous pensiez que le yellow tea était un thé jaune alors ce manuel est pour vous. Si vous aussi vous avez été surpris de ce que l'on pouvait mettre dans votre tasse d'eau chaude alors ce manuel est aussi pour vous.
    Depuis ces 20 dernières années le thé a fait couler beaucoup d'encre. Entre bienfaits et histoires entrainantes d'un voyage gustatif millénaire il n'est pas toujours aisé de s'y retrouver. Qu'est réellement cette plante qui serait si bénéfique pour notre santé ? Comment devrait-on le boire ou même le conserver ?
    Le Manuel pour s'initier au thé naturel propose de donner les clés pour mieux appréhender ce produit que vous pourrez bien vite adopter.

  • Celui qui nous intéresse ici est le petit gastéropode marin noir, bref le vrai bigorneau (Littorina littorea) et qui est comestible. À l'heure où l'obsession générale est d'aller toujours plus vite et d'être en permanence connecté, mettre à l'honneur le bigorneau qui, pour moi, breton de souche, de coeur et de tripes, est l'éloge même de la lenteur, est ma façon de nous rappeler l'urgence de prendre son temps, de laisser le temps nécessaire pour que les choses se fassent ! Lenteur dans la vitesse de déplacement bien sûr, même si personne n'a jamais vu cet animal se déplacer. Lenteur de la cueillette, lorsqu'enfants nous allions le pêcher. Soulever les touffes de goémons ou de grosses pierres, chercher cette mare, pas trop profonde où se cachent ces colonies de bigorneaux... des heures pour en ramasser suffisamment pour en faire le repas du soir.

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  • Nourriture printanière par excellence, le pissenlit n'est pas seulement bon pour son croquant et sa légère amertume, mais il nous purifie. Les pissenlits des champs sont aimables aux gourmands, juste au moment où la végétation reprend de l'allant. Avant l'arrivée des fleurs. Car manger le pissenlit par les feuilles, ne se fait pas au hasard. Les pissenlits trop verts, sont trop rêches, trop amers à la gargoulette. Il faut du pissenlit bien blanc, étiolés à l'abri de la lumière. Tout comme il faut faire le tour du marché pour trouver la bonne marchande au panier qui propose des pissenlits au printemps, il faut faire le tour de la campagne pour repérer LE près à pissenlit. Il doit être le plus naturel possible et entretenue de préférence par un paysan rejetant les pesticides. Une fois découvert, le près à pissenlit se mémorise. Vous pourrez y faire plusieurs récoltes pendant la courte saison du pissenlit sauvage.

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  • « C'est un brun presque noir, au caractère bien trempé, ténébreux, au regard limpide et brillant, au parfum intense d'une senteur aigre-douce tout en équilibre et délicatesse, une harmonie durable de notes boisées.
    C'est un élixir suave, un éloge à la lenteur dans tout ce qu'elle a de plus noble... Grace à sa progression continue selon les degrés de maturation ce condiment umami par excellence, miracle de la nature, enrichi à l infini de substances aromatiques, est un vrai dilemme à utiliser comme ingrédient. Je conseille de l'approcher avec dévotion et, humblement, le siroter tout seul en fin de repas, sans se soucier du temps qui passe. »

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  • Vendre du bio sur le marché de Malakoff, c'est avoir les mains dans la terre qui recouvre les légumes cultivés par les petits producteurs régionaux au gré des saisons. Manger ces produits, c'est pouvoir mettre un visage sur celui qui nous nourrit, dans une ville de plus en plus anonyme et aseptisée. Le marché permet aux gens de se retrouver et de reconstituer une microsociété hétéroclite. Authentique lieu de rencontres, on y croise le bobo, le vieux, le riche, le pauvre, la mère de famille, le moins de cinq ans, le plus de 85, le poète, l'esthète, l'anarchiste, Mohamed et Marie-Christine...
    Qu'ils se parlent ou s'exaspèrent, le marché les rassemble et les répare. Le marché est ce lieu des possibles.
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  • J'ai depuis toujours une passion pour le carpaccio. Il est devenu incontournable pour nos déjeuners du samedi et le premier objectif de mon marché du week-end... Quand je pars faire mon marché le week-end, je pars toujours sans idée précise pour mon carpaccio, c'est l'ingrédient de base qui va donner le « ton », j'imagine ensuite, comme un jeu, avec quels ingrédients l'associer... un végétal ou une herbe aromatique, un agrume ou un vinaigre et enfin les épices et le poivre pour compléter le plat. Je donne juste ce qu'il faut de conseils et de bons gestes... Vous trouverez dans cet ouvrage 30 de mes associations préférées illustrées avec poésie par Alessia Serafini. À vous maintenant de vous les approprier et d'oser vos propres accords.

  • « Issu de la même famille que certains choux sauvages, le brocoli découvert et adopté par d'insatiables épicuriens au temps de l'Empire Romain était très usité dans la cuisine de cette époque. Mais ce n'est qu'au XVIe siècle que Catherine de Médicis, l'a réintroduit sur les tables nobles et bourgeoises. Il était alors appelé à tort « asperge italienne ». Avec le manque d'intérêt de la population, le brocoli tomba peu à peu aux oubliettes.
    Depuis une vingtaine d'années, dans la lignée de la mode des « légumes oubliés », le brocoli est apprécié tant pour son aspect végétal, floral et son goût particulier que pour ses vertus et propriétés médicinales. Comme quoi, malgré sa présence assez discrète sur les étals, il est un puits de santé à ne pas négliger et à accommoder à toutes les sauces pour booster sa saveur ! »

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