Écologie : La catastrophe de Fukushima - 10 ans

  • Funeste chimère promue au rang de technique thérapeutique face aux désastres en cours et à venir, la résilience érige leurs victimes en cogestionnaires de la dévastation. Ses prescripteurs en appellent même à une catastrophe dont les dégâts nourrissent notre aptitude à les dépasser. C'est pourquoi, désormais, dernier obstacle à l'accommodation intégrale, l'"? élément humain ? " encombre. Tout concourt à le transformer en une matière malléable, capable de "? rebondir ? " à chaque embûche, de faire de sa destruction une source de reconstruction et de son malheur l'origine de son bonheur, l'assujettissant ainsi à sa condition de survivant.
    A la fois idéologie de l'adaptation et technologie du consentement à la réalité existante, aussi désastreuse soit-elle, la résilience constitue l'une des nombreuses impostures solutionnistes à la critique de laquelle cet essai, fruit d'un travail théorique et d'une enquête approfondie menés durant les dix années qui ont suivi l'accident nucléaire de Fukushima, entend prendre part. La résilience est despotique car elle contribue à la falsification du monde en se nourrissant d'une ignorance organisée.
    Elle prétend faire de la perte une voie vers de nouvelles formes de vies insufflées par la raison catastrophique. Elle relève d'un mode de gouvernement par la peur de la peur, exhortant à faire du malheur un mérite. Autant d'impasses et de dangers appelant à être, partout et toujours, intraitablement contre elle.

  • Le 11/3, c'est ainsi que les Japonais appellent désormais la catastrophe de Fukushima, ce nom qu'ils ne veulent plus entendre. C'est le 11 mars 2011 à 14 heures 46 min 23 sec, heure locale, que le Japon a vécu son plus terrible tremblement de terre de magnitude 9 sur l'échelle de Richter. Ce tremblement de terre qui va déjà endommager la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ishi provoque un tsunami avec une vague haute de plus de 30 mètres à certains endroits qui va ravager 600 km de côte, pénétrant jusqu'à 10 kilomètres à l'intérieur des terres. Ce tsunami a provoqué la plus grande catastrophe nucléaire civile de tous les temps. Plus grave que Tchernobyl, elle sera classée 7 sur l'échelle de INES.
    La centrale de Fukushima Dai-Ishi se retrouve au coeur du désastre, privée d'électricité, il n'y a plus de refroidissement des coeurs de réacteur. Le coeur des réacteurs 1, 2 et 3 fondent et le corium perce les cuves de protection, tous les produits radioactifs volatils s'échappent. La population est d'abord évacuée sur 10 km, puis le lendemain sur 30 km. Les enseignements de Tchernobyl n'ont servi à rien. Il ne faut pas paniquer la population.
    La mentalité japonaise fait qu'un tel accident était impossible, donc rien n'est prévu, les employés comme les cadres ne prennent pas les bonnes décisions parce qu'ils ne sont pas informés de ce qu'ils doivent faire. Plusieurs bâtiments explosent dans les jours suivants. La radioactivité se répand dans l'air et dans l'eau qui se déverse dans l'océan Pacifique régulièrement. Chaque semaine de nouveaux problèmes techniques, de nouvelles fuites montrent que rien n'est maitrisé.

    Aujourd'hui, 10 ans après, il y a une très forte contamination des sols, des plantes, du riz, des animaux, au sol comme dans l'océan Pacifique, même en Californie les thons sont contaminés. Normal, on trouve encore de l'iode 131 radioactif dans les boues d'épuration alors que sa période de vie est de 8 jours. Il aurait dû disparaître après 10 semaines.
    A présent, afin que l'Etat cesse de payer des compensations, les populations déplacées doivent revenir vivre sur des terres fortement contaminées. Des milliers de cancers de la thyroïde sont détectés chez les enfants, enfin reconnus par les autorités.
    Le Japon a dû fermer tous ses réacteurs nucléaires dont un certain nombre ne seront jamais remis en fonction. Toutefois, il a été décidé de redémarrer le réacteur n°1 de la centrale de Sendai le jour anniversaire de Hiroshimaen août 2015. Le n°2 a été redémarré le 15 octobre 2015, d'autres ont suivi, 9 ont redémarré à ce jour.

  • Le 11 mars 2011 à 14h46, au large des côtes de l'île japonaise de Honshu, un séisme de magnitude 9,1 provoque un tsunami atteignant par endroit plus de 30 mètres de hauteur. À l'Est du Japon, 54 des 174 villes côtières sont englouties par la vague, ainsi que la centrale nucléaire de Fukushima Dai ichi... Trois des six réacteurs de la centrale fusionnent alors, entraînant un désastre nucléaire sans précédent. Plus de 160 000 personnes sont évacuées du département en quelques semaines et se sont trouvées sans logement.Cécile Asanuma-Brice, résidente permanente au Japon dans le cadre de ses recherches en sociologie urbaine au CNRS, était présente au moment des faits. Par la suite, la codirection d'un laboratoire de recherches sur les suites de la catastrophe de Fukushima lui a donné une place de choix pour suivre la gestion politique de ce désastre nucléaire.Dans cet ouvrage, elle analyse les différentes dimensions de la catastrophe, notamment au travers de témoignages qu'elle a recueilli en japonais auprès des résidents (réfugiés ou non), du directeur de la centrale nucléaire de Fukushima, Masao Yoshida, et du Premier ministre, Naoto Kan, tous deux en poste au moment des faits. Leurs récits dissonants interrogent les modalités de gestion de l'ignorance et du droit à savoir. Dans des circonstances qui mettent en jeu la vie de millions de personnes, qui régit l'accès à des informations de santé publique vitales? Qui peut décider de la non-évacuation d'une ville sinistrée ou du relogement des populations dans une ville radioactive?L'ouvrage est une mémoire vive, archives inédites d'un désastre, mais aussi, une analyse scientifique des politiques de relogement des réfugiés, des enjeux des mesures de radioactivité et du suivi psychologique des populations traumatisées.Autant de questionnements pour comprendre, ne pas laisser faire et surtout ne pas refaire.

  • L'audition du directeur de la centrale de Fukushima, Masao Yoshida, à la suite de la catastrophe de mars 2011, s'est échelonnée sur plusieurs jours. Dans cet ouvrage en est réuni l'essence : de par l'enchaînement des péripéties qu'il rapporte, l'épaisseur des personnages qu'il met en scène ou encore la temporalité qu'il dégage, le témoignage de Yoshida apparaît comme un « roman technique ». Aux questions techniciennes des enquêteurs, le directeur répond parfois par de longs développements dans lesquels il fait surgir ici un nouveau protagoniste, là un événement qui s'impose au développement de l'histoire. Il livre son expérience hors du commun avec un réalisme et une cohérence qui confèrent un sens profond à son action, particulièrement lors de ses écarts aux recommandations et autres bonnes pratiques que les enquêteurs relèvent systématiquement. Pourtant, en transgressant la procédure, Masao Yoshida a assurément empêché une catastrophe pire encore : l'explosion pure et simple de toute la centrale.
    Dans ce témoignage présenté et mis en lumière par deux ingénieurs français, il apparaît que lorsque les probabilités sont contrariées et les manuels devenus inutiles, l'humain est le dernier rempart face au pire.

  • C'est maintenant officiel : le nucléaire n'est plus « compétitif ». Il n'offre plus de réelles perspectives de profit commercial en tant que source d'électricité. Westinghouse, le géant américain du secteur, vient d'ailleurs de faire faillite, et les constructeurs français sont en train de lui emboîter le pas. Malgré cela, l'État nucléaire français se comporte comme si de rien n'était. Et pendant que les énergéticiens spéculent sur les vertus de la transition, les fermetures de réacteurs sont partout différées, la voiture électrique installe ses bornes dans les campagnes. Le nucléaire est propre, net, rentable, il sauvera le climat, qui le sauvera en retour. Pourtant, en y regardant de plus près, les infrastructures nucléaires semblent particulièrement inadaptées à la violence des nouveaux phénomènes climatiques. Vulnérables aux épisodes de sécheresse, d'inondations, de tempêtes, elles risquent la perte de refroidissement à chaque coupure d'alimentation électrique. Dans le même temps, elles ont absolument besoin d'être situées à proximité d'importantes réserves d'eau, ce qui n'arrange rien. Le climat, dans son état actuel d'instabilité, est foncièrement antinucléaire.

  • Quels sont les risques environnementaux du nucléaire ? Le nucléaire coûte-t-il vraiment moins cher ? le nucléaire peut-il sauver le climat ? Quelle est la stratégie de la France ?
    Autant de questions délicates qui ponctuent le débat sur le nucléaire depuis quelques années, et auxquelles la journaliste Géraldine Woessner apporte des éléments de réponse.

    Fidèle à l'esprit des Nuls, cette nouvelle collection propose d'aider les lecteurs et lectrices à comprendre les enjeux des grands débats d'aujourd'hui et à se faire une opinion.
    Sur chaque sujet, un expert contextualise le débat puis expose les points de vue contradictoires d'une manière simple et pédagogique de façon impartiale.

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