Nos récents coups de cœur

Retrouvez tous les coups de coeur de nos libraires sur le blog de la librairie et dans nos rayons.

  • Tout ce qui est solide se dissout dans l'air

    Librairie Le Failler vous conseille

    « [Artiom] ouvre les paupières et le ciel emplit ses rétines, un ciel d'un rouge profond. On croirait que la croûte terrestre s'est retournée, que la lave incandescente est en suspens au-dessus de la terre. Le garçon scrute les profondeurs du ciel, il regarde plus loin que jamais auparavant et découvre les contours de l'univers. [...]
    - Attends de voir le ciel, ce matin, dit Artiom à son père. C'est bizarre.- C'est le même ciel que nous avons toujours connu. Il est seulement d'humeur différente.»
     


    En ce matin du 26 avril 1986, chaque habitant de la région de Tchernobyl vaque à ses occupations habituelles. Puis c'est l'explosion à la centrale qui va toucher, parfois directement, parfois par ricochet, des milliers de personnes. Un médecin qui tente par tous les moyens de révéler la dangerosité de la situation face à la censure du gouvernement, un petit prodige du piano qui joue sans son, une journaliste dissidente devenue ouvrière... Au fur et à mesure, des vérités apparaissent, des vies se déroulent malgré la situation, la pauvreté et l'incertitude de l'avenir.
    Darragh Mckeon raconte la grande Histoire en montrant la petite, créant des personnages attachants, loin d'être résignés par leur situation, héros et héroïnes du quotidien. De passionnants destins croisés qui révèlent avec brio les failles d'un système politique prêt à tout pour sauver son image.
    Un roman très fort sur la catastrophe nucléaire mais surtout sur les générations sacrifiées par cet événement et ses conséquences dramatiques. Puissant.

    Camille

  • Contrecoups

    Librairie Le Failler vous conseille

    « On a tous en nous un mur qui sépare les rêves de la réalité, mais le mien est fissuré. 
    En se tortillant, en se faisant tout petits, les rêves arrivent à passer au travers jusqu'à ce
    que je ne puisse plus bien faire la différence.
    Des fois le mur s'écroule complètement. 
    C'est là que les cauchemars commencent. »

     
    Matthew a dix-neuf ans et est hanté par la mort de son frère qui a eu lieu dix ans plus tôt, dans un tragique accident. Pour tenter de faire son deuil, il raconte, rassemble ses souvenirs, écrit, dessine... Une enfance surprotégée, une adolescence chamboulée, jusqu'au diagnostic de sa maladie et son entrée à l'hôpital psychiatrique. Peu à peu, on comprend que le seul lien qui le relie à Simon, c'est sa voix qu'il a toujours dans la tête, qui lui parle, lui demande de jouer avec lui. Alors Matt n'est pas certain d'avoir envie que ça s'arrête...
    Un petit bijou étonnant et peu médiatisé. Extrêmement touchant, drôle parfois, sensible toujours, ce récit doux-amer est à découvrir !

    Camille

  • Les Dieux Du Tango

  • Personne Ne Gagne

    Librairie Le Failler vous conseille

    Quelle savoureuse découverte que cette petite pépite littéraire qui nous est offerte grâce au talent de cette belle maison d’édition « Monsieur Toussaint L’ouverture » !
    Dans l’ouest américain du début du XXème, Jack, élevé par son père, dans une petite bourgade tranquille, va faire un choix particulier pour son futur métier. Si certains rêvent de devenir maçons ou avocats, lui sera un voleur. C’est une carrière comme une autre. Certes plus dangereuse et moins sûre que bien des métiers mais tellement enivrante…
    Il va apprendre à voler dans diverses circonstances, à duper son monde, tricher aux jeux, à ouvrir des coffres forts, à sauter dans des trains faisant un point d’honneur à voyager sans billet. C’est une vie difficile dont la prison, menace omniprésente, n’est jamais loin. Une vie solitaire et souvent ingrate où la tentation de l’opium offre un répit de courte durée.
    Une existence en marge qui offre également à notre héros tout l’espace et la liberté dont il rêve…
    Les aventures de Jack Black ne font pas tout le sel de ce formidable roman. Car il y a un second niveau de lecture. Celui qu’offre le regard avisé et lucide du narrateur/auteur sur son propre parcours. Car Black a, tout au long de sa vie, conservé une éthique. Il n’a jamais volé ni blessé quiconque par plaisir mais simplement par nécessité. Il a souvent pensé au bien d’autrui et à la fin de sa vie, s’est réinventé journaliste et a œuvré pour des prisons plus humaines ou plutôt moins cruelles.
    Un parcours hors norme qui a inspiré moult écrivains, retracé ici avec panache par l’auteur lui-même dans un roman des plus exaltants !

    Anne-Sophie

  • La table du roi Salomon

    Librairie Le Failler vous conseille

    Tirso, universitaire spécialisé en histoire de l'art espagnol se retrouve à postuler pour le CNQ, un organisme mystérieux qui s'occupe de récupérer des œuvres d'art, pour l'Espagne, à tout prix. 
    Les énigmes commencent avec le recrutement pour cette société secrète. C'est parti pour un voyage à travers l'Histoire de l'Espagne et une bonne dose d'action et d'espionnage pour réussir les différentes missions du nouveau métier de Tirso. Les compétences de chaque membre (Enigma, Labulle, Tesla...) sont mises à rude épreuve jusqu'à cette fameuse quête de la Table du roi Salomon... 
    Un roman captivant entre l'espionnage et l'apprentissage du héros, qui doit résoudre des énigmes tant professionnelles que personnelles... 
    "Quelle était cette phrase que Narvaez m'avait dite un jour ? Seul le mystère nous fait vivre. Le mystère uniquement. Autant ne pas le révéler. Sans lui, il ne peut y avoir de quête, et sans la quête tout serait très ennuyeux, comme venait de l'affirmer Enigma."

    Laura

  • S'Accrocher Aux Etoiles

    Librairie Le Failler vous conseille

    Les éditions Super8 ont la volonté de brouiller les pistes en proposant des romans « transgenres », des romans qui se résument difficilement à une seule catégorie. Des livres à la croisée entre plusieurs univers.
    S’accrocher aux étoiles est le premier roman d’une auteure anglaise qui travaille pour Paramount. Nous sommes en présence de Carys et Max, deux jeunes amoureux en fâcheuse posture. Suite à un incident technique, ils ont dérivé dans l’espace où ils ne disposent que de 90 minutes d’oxygène.Tout en faisant l’impossible pour essayer de trouver une solution, s’appuyant sur les solides connaissances scientifiques de Carys et en faisant extrêmement attention à ne pas se lâcher la main, ils s’accordent un moment pour revivre les épisodes clés de leur histoire ce qui offre des moments plus légers, teintés d’humour aussi.
    Ils se sont rencontrés sur Europia. Dans ce monde futuriste, Europia, à mi-chemin entre Europe et Utopie (les pays se dénomment Voïvode1, voïvode 2…) regroupe tous les pays d’Europe plus quelques autres. L’idéal prôné est l’individualisme à tout prix, le changement régulier de pays, l’apprentissage de diverses langues, le renoncement à une vie de couple avant d’avoir atteint 35 ans. Et ceci bien évidemment pour le bien de chacun. Or Carys et Max n’ont que 25 ans et leur couple n’a donc aucune raison d’être dans cette société standardisée. 
    Obligés de se faire discrets, ils en sont venus à vouloir faire évoluer les choses pour eux-mêmes et peut-être aussi pour d’autres qui connaîtraient les mêmes déboires.
    Dans cette dystopie aux confins de l’espace, le lecteur retient son souffle en même temps que les héros. Joliment racontée, cette histoire sensible aux allures de conte nous emmène dans un ailleurs empli de promesses où la question des sentiments amoureux se double d’interrogations éthiques et philosophiques concernant le libre arbitre, la famille, le bien commun… 
    Très visuelle, on imagine aisément cette histoire transposée au cinéma.
    Passionnant à plus d’un titre, le roman offre une surprise de taille aussi audacieuse qu’heureuse que je vous laisse la joie de découvrir.

    Anne-Sophie

  • Port d'âmes

    Librairie Le Failler vous conseille

    Dans Port d’Âmes, Lionel Davoust nous présente un jeune noble déchu, qui a connu la servitude pendant huit ans. 
    A présent libre, il désire reconquérir son rang et l’honneur de sa famille, en débarquant dans la ville où tout est possible et tout se vend, Aniagrad, la Cité franche. Naïf et idéaliste, il va se heurter aux intrigants et aux prédateurs qui peuplent cette ville. Mais il rencontrera aussi une fascinante Vendeuse…
    Comparé par son éditeur à Brandon Sanderson et Robin Hobb, Lionel Davoust maîtrise en effet à la perfection l’art d’écrire un roman. Dans un univers riche et foisonnant, il noue une intrigue menée de main de maître et fait évoluer des personnages plus vivants les uns que les autres, à commencer par son héros. Rhuys rappelle tout à fait un Fitz chez Robin Hobb, et son évolution est remarquable. Quant au style, c’est peut-être le plus gros atout de ce roman qui en a pourtant pléthore. Un style aussi riche et foisonnant que l’univers qu’il porte, empreint de poésie.
    Port d’Âmes est un vrai chef d’œuvre, l’un de ces romans qui vous hantent une fois refermé.

    Anna

  • L'ordre du jour

    Librairie Le Failler vous conseille

    Lauréat du prix Goncourt 2017 


    L’indifférence, la lâcheté, l’hypocrisie, la violence au service du profit.
    Voici les thèmes qu’Éric Vuillard aborde dans son nouveau livre.
    Nous sommes en 1938, l’Allemagne nazi s’apprête à dévorer l’Autriche avant de lancer ses troupes sur l’ensemble de l’Europe.
    L’auteur nous entraine de Berlin à Vienne, de Londres à Paris pour assister aux incroyables pressions qu’Hitler et Goering font peser sur le chancelier-dictateur de Vienne.
    On est stupéfait par l’immense lâcheté des démocraties occidentales qui préfèrent détourner le regard.
    Les industriels, les grands groupes, eux, sont là à spéculer sur les futurs bénéfices promis par les nazis.
    Ces Opel, BASF, Krupp, Siemens et autres sont toujours présents aujourd’hui, jamais inquiétés, jouissants de la prospérité construite sur la souffrance et la mort des déportés, des travailleurs forcés.
    Eric Vuillard, une fois de plus éclaire l’Histoire, il nous ouvre les yeux.
    Servi par une écriture vive, concise, directe, le texte entraine chaque lecteur à la réflexion, au débat, à la recherche.
    Ne détourne-t-on pas, nous aussi le regard, aujourd’hui ?
    En cela, Eric Vuillard contribue à l’élévation des consciences.

    Dominique

  • La tresse

    Librairie Le Failler vous conseille

    Trois femmes, trois vies au bord du précipice, trois continents, trois cultures.
    Trois défis au destin relevés haut la main par trois femmes résolues et courageuses.

    Smita est mariée à Nagarajan, un gentil garçon qui ne l'a jamais battue ni insultée. Un homme bon qui a accepté de garder leur petite fille quand tant de pères les enterrent à la naissance, vivantes, dans une boite en carton. Smita et Nagarajan sont des Intouchables, ceux que Gandhi appelait les enfants de Dieu. Des misérables, des invisibles, presque des nuisibles, comme les rats que Nagarajan doit chasser puisque c'est son métier. Celui de Smita est pire, elle est scavenger.  Autrement dit, elle ramasse les excréments des autres à mains nues, sans un mot, parce que sa vie pourrait s'en trouver en danger. Mais Smita à décidé de rompre ce cercle infernal de traditions. Elle a convaincu Nagajaran que leur fillette devait apprendre à lire et à écrire afin de devenir une femme libre. Ce matin-là, pour ce premier jour d'école, elle l'habille soigneusement et tresse ses magnifiques cheveux en une longue et belle tresse. 

    Giulia aime la vie,  les livres à la folie, les promenades dans Palerme en Vespa, accrochée au papa, l'atelier de perruques en cheveux naturels que son père dirige où elle travaille par amour de ce métier qui devient rare. C'est une jeune femme courtisée par de beaux partis, sa mère essaie de la convaincre d'y prêter attention, elle même a fait un mariage arrangé et ne s'en est pas trouvée malheureuse. Mais Giulia veut être libre d'aimer qui elle veut. Ce matin-là le papa a eu un accident de Vespa, il est dans le coma. Guilia, qui doit assurer l'intérim de la direction à l'atelier, découvre dans un tiroir du bureau paternel un papier qui va bouleverser sa vie.

    A Montréal, les journées commencent dès cinq heures pour Sarah. Des journées marathon qui ne laissent aucune place à l'improvisation. Elle a réussi à être promue associée en equity dans le prestigieux cabinet d'avocats où elle exerce. C'est une guerrière impitoyable, une bosseuse hors pair, une avocate respectée qui ne craint personne, surtout pas ses confrères. A l'approche de la quarantaine, elle est un modèle de réussite professionnelle. Mais Sarah a découragé l'amour de deux maris, ne s'autorise aucune fantaisie, aucun répit. Elle a tout sacrifié à son métier, surtout ses enfants. Dans son job, à son niveau, ils n'existent pas. C'est la règle. Tacite bien sûr, mais être enceinte relève déjà de l'excentricité, alors être mère...Sarah résiste à la culpabilité et  au chagrin, se convainc que ses enfants seront fiers d'elle. Comme des milliers de femmes, elle enfouit ses souffrances secrètes. Ce matin-là, en pleine plaidoirie, Sarah s'est effondrée. Elle ne le sait pas encore mais le cancer l'a rattrapée et sa vie devra changer quel qu'en soit le prix.

    Trois femmes, trois vies sur lesquelles plane l'ombre de la mort. Trois femmes emblématiques qui vont prendre leur destin en main et se battre contre tous les dangers parce qu'aucun combat n'est perdu d'avance et qu'il peut suffire de très peu pour que les forces en présence changent de camp. Laetitia Colombani entrelace avec efficacité et finesse trois portraits magnifiques reliés par ce symbole de féminité et de force qui fait si peur à certains.

    Un premier roman saisissant que toutes les femmes de la terre devraient avoir la chance de pouvoir lire.

     

    Je dédie mon travail à ces femmes,
    Liées par leurs cheveux,
    Comme un grand filet d'âmes.
    A celles qui aiment, enfantent, espèrent,
    Tombent et se relèvent, mille fois,
    Qui ploient mais ne succombent pas.
    L.C

     Véronique

    Véronique

  • Fille de l'air

    Librairie Le Failler vous conseille

    Après Le Livre des secrets, (portraits de trois générations de femmes en Nouvelle-Zélande entre le XIXe et XXe siècles), Fiona Kidman nous livre la biographie romancée de Jean Batten, pionnière de l'aviation néo-zélandaise. Jean a le caractère bien trempé et sait dès le plus jeune âge qu'elle veut piloter un avion. Seulement, elle doit faire accepter l'idée à ses parents puis aux hommes et à la société de l'époque. Elle doit aussi trouver l'argent pour prendre des leçons de pilotage et trouver un mécène pour financer ses traversées autour du monde. Mais rien n'arrête Jean Batten.
     
    Un beau portrait de femme indépendante et déterminée.
     

    Laura

  • Ragdoll

    Librairie Le Failler vous conseille

    Ragdoll autrement dit « poupée de chiffon » ou encore un cadavre assemblé de six corps qui compose une drôle de scène de crime à Londres. La tête appartient à celle d’un assassin qui purgeait sa peine en prison. 
    Cette mise en scène macabre exhume une vielle affaire de tueur en série qui avait particulièrement marqué l’inspecteur Wolf et avait failli lui coûter sa carrière. Ce n’est donc pas un hasard si le bras du cadavre pointe l’appartement dans lequel vient d’emménager l’inspecteur. Et pas davantage une coïncidence lorsque l’on trouve une liste de six noms, six futures victimes avec la date précise de leur mort imminente, liste sur laquelle Wolf figure en sixième position.
    Toute l’équipe met bien sûr en place une protection rapprochée et pourtant les couperets tombent.
    Le compte à rebours a commencé.
    En matière de rythme, Daniel Cole, adepte des séries télévisées, s’y connaît, de même qu’il maîtrise les rebondissements et changements de cap inhérents aux feuilletons à suspense.
    La galerie de personnages du commissariat est aussi attachante qu’étonnante. Si la tension est parfois à son comble, l’auteur insuffle une certaine légèreté grâce à son humour « so british ».L’on passe avec ce premier roman un fort agréable moment de lecture. 

    Anne-Sophie

  • Ce qui git dans ses entrailles

    Librairie Le Failler vous conseille

    Bienvenue à Bakerton (Pennsylvanie), où tout le monde se connaît. Cette ville a connu son heure de gloire avec l'extraction du charbon mais maintenant les gens sont au chômage.
    Alors quand des représentants de la compagnie de gaz naturel viennent sonner à leur porte pour leur proposer un contrat soit-disant mirobolant, certains n'hésitent pas à vendre leur sol. 
    Cet événement va faire ressurgir les failles entre les voisins mais aussi au sein des couples. Personne n'est parfait. "Nous sommes tous des marins."
    Un roman social grinçant avec des personnages qui ne sont pas si innocents qu'ils n'en ont l'air.



     

    Laura

  • Intelligence dans la nature ; en quête du savoir

  • Cataclysmes ; une histoire environnementale de l'humanité

    Librairie Le Failler vous conseille

    Dans la droite ligne de Sapiens d’Harari et des ouvrages de Jared Diamond comme Effondrement, cet ambitieux essai d’histoire globale convoque dans une fresque étourdissante tout le champ des sciences humaines pour décrire avec clarté le destin de notre espèce et ses effets sur notre planète. Passionnant, impressionnant, fascinant d’érudition, ce livre est également un vrai plaisir de lecture. 
     
    José

    José

  • Mister Caspian et Herr Felix

    Librairie Le Failler vous conseille

    Que voilà un roman étonnant !
    David est acteur, il vit à Los Angeles. Un beau jour, il commence à souffrir d’absences. Absences qui le font s’extraire de son environnement pour le transporter dans l’Allemagne nazie, où il devient Felix, un ponte du marché noir de haut vol.
    Petit à petit, ces absences se multiplient, s’intensifient, au point qu’il croit devenir fou.
    Qui, de David ou de Felix, est le vrai « Lui » ?
    Ce roman, grâce à sa délicieuse et virtuose maestria, nous offre deux histoires qui se mêlent et se confondent, et sous lesquelles pointe une angoisse existentielle et vertigineuse : est-ce moi qui vous parle, ou un autre « moi », ailleurs et à une autre époque ?
    Laissez-vous faire, et embarquez sans plus attendre dans l’univers décalé et fiévreux de Kotzwinkle, ce prodigieux conteur.

    Bénédicte

  • Les souhaits ridicules

    Librairie Le Failler vous conseille

    « Je voudrais que nous redevenions des enfants, que nous rejoignions un conte, n'importe lequel.Attendre le loup. Le sentir approcher. Se redresser, imaginer sa présence. Le loup devient cette peur qu'il ferait bon croiser pour renouer avec la jeunesse, le symptôme d'une frisson perdu dans la nature domptée de l'âge adulte. On connaît la forêt par cœur, et les bois sont maîtrisés. On en est sorti mais on voudrait y retourner pour se perdre à nouveau. Être Hansel, ou Gretel. »

    Depuis qu'elle a perdu la boussole offerte par un petit garçon qu'elle aimait, la narratrice souffre de crises d'allergie, diagnostiquée « allergie aux territoires étrangers »... Alors elle évite les lieux inconnus, les espaces de surprises. Sa vie est réglée comme du papier à musique. Devenue adulte, elle se marie, fait deux enfants et s'ennuie. Alors son esprit s'évade et elle cherche un loup, comme dans les contes, pour retrouver la peur, l'adrénaline. Apparaît Baptiste, son nouveau collègue de dix ans son cadet...

    Petit roman fantasque, entre réalité et rêveries, Les souhaits ridicules nous plonge dans l'intériorité d'une femme en mal d'aventures et de nouveautés. Toujours à la frontière de l'imagination, dans le corps et dans l'esprit de ce personnage atypique, avec un grand talent littéraire, l'auteure dissèque le monde, la famille, le désir et la routine dans une ronde troublante et délicieuse.

    Camille

  • Le plus loin possible

    Librairie Le Failler vous conseille

    C’est une très heureuse découverte que ce premier roman traduit de l’Australienne Maureen McCarthy.
     
    Nous sommes au cœur de l’Australie aux côtés d’une jeune héroïne aux abois, Tess, âgée de vingt et un ans dont la vie auprès de son compagnon est devenue synonyme de brimades et d’une spirale de violence de laquelle il semble si difficile de sortir indemne. Bien qu’apeurée et meurtrie, Tess fait le choix salutaire, quoique non exempt de danger, de prendre le large. Et sa motivation principale est certainement la protection de sa fillette, Nellie, âgée de trois ans.
    Quelques jours avant l’incipit du roman, Tess dont le corps meurtri porte les stigmates d’une vie douloureuse, a conduit son enfant à la bibliothèque où elle a croisé un couple de jeunes gens a priori sympathiques. Dans un élan, elle a accepté cette offre insensée de profiter de leur voiture pour s’échapper en pleine nuit. Le cœur haletant, ayant une conscience aigüe des conséquences désastreuses qui découleraient du moindre faux pas, elle prend Nellie et quelques affaires et se dépêche de rejoindre le couvert des arbres en espérant que la voiture du couple sera bien là à les attendre.
    Finalement, il n’y aura qu’une seule personne : cet homme qu’elle ne connaît pas, sa compagne ayant eu une urgence familiale. Tout comme notre héroïne, on ne peut pas dire que la vie l’ait épargné puisque cet homme est amputé d’une jambe et la moitié de son visage est défigurée.
    Tess s’embarque malgré tout sans savoir ce qui les attend. Terrorisée, elle espère mettre le plus de distance possible entre elles et le père de l’enfant dont elle sait ô combien son désir de vengeance peut compter sur ses alliés féroces pour s’exercer.
    Et ensuite ? Quel avenir attend cette jeune mère et sa fille à l’intelligence attendrissante ? Tess compte beaucoup de fantômes dans son sillage et tellement de portes à peine closes sur un passé qu’il lui faudra rouvrir alors qu’elle a jadis fait le choix de tourner le dos à sa ville et à sa famille… Ce road movie aux côtés d’un inconnu lui offrira-t-elle la rédemption tant attendue ?
    Le plus loin possible offre une lecture vibrante et saisissante, d’une maîtrise rare. La plume de l’auteure est au service de ce roman magnifique qui ne saurait laisser son lecteur indifférent. Conjuguant avec brio un passé lourd, un présent électrique et un avenir incertain, explorant la famille à travers divers liens, s’imprégnant de lieux insolites chargés d’ambiance, l’auteure offre une introspection sans fausse note dans cette Australie insaisissable aux côtés de personnages inoubliables.
     
    Plus qu’un roman noir, c’est avant tout une histoire qui peut conquérir les amateurs de belles lettres. 
     
    A découvrir !

    Anne-Sophie

  • Nuit

    Librairie Le Failler vous conseille


    Bernard Minier, avec son dernier roman Nuit, nous régale d'un face à face que le lecteur attendait impatiemment : l'inénarrable Martin Servaz et le redoutable psychopathe en liberté Julian Hirtmann. Quel plaisir de retrouver ce tandem ! Mais ce n'est pas tout, le lecteur aura le plaisir délectable de découvrir de nouveaux personnages dont notamment, Kirsten Nigaard,  une enquêtrice norvégienne qui n'est pas sans marquer certains esprits... Elle est envoyée pour enquêter sur le meurtre d'une technicienne d'une base pétrolière.
    Parallèlement, Martin va découvrir que depuis longtemps, il est traqué, pisté. Des photos de lui dans sa vie quotidienne à Toulouse le montrent à différentes périodes, sous toutes les coutures. Qui peut bien l'épier ainsi ? Si ce n'est son vieil ennemi mélomane...Et sur les photos retrouvées, un autre visage apparaît, celui d'un petit garçon au prénom plus qu'évocateur : Gustav comme le musicien préféré de notre enquêteur fétiche et d'Hirtmann justement.
    Voici le lecteur plongé dans le grand bain glacé comme si sait bien le faire Minier. Des paysages enneigés, une atmosphère à couper au couteau, une intrigue très bien tenue, un rythme effréné, des rebondissements qui font parfois froid dans le dos, tout est réuni pour passer un moment de lecture idéal.
    Bernard Minier est un voleur de sommeil, il est presque physiquement impossible de lâcher ce livre avant la toute fin qui vous mettra à la torture en attendant la suite. 

    Anne-Sophie

  • Déclic

    Librairie Le Failler vous conseille

    « L'argent ne fait pas le bonheur » prétend l'adage. Mais il simplifie rudement la vie, pourraient ajouter Madison ( qui est un garçon ! ) et  Momo qui galèrent depuis toujours. Alors quand ils trouvent un gros sac plein de billets de banque, ils ne réfléchissent pas vraiment avant de s'en emparer même s'il y a un cadavre à coté...Les deux compères ont assez vu de films de gangsters pour savoir que s'approprier un tel bien dans une telle situation peut leur valoir de très gros ennuis. Nulle autre solution que la fuite. Pour eux ce sera le Sud, jusqu'en Espagne s'il le faut, loin de cette ville portuaire du Nord et de sa banlieue sinistre où ils ont grandi et vivotent. Mais les malfrats connaissent le truc, l'attrait irrésistible du Sud quand on a de l'argent, aussi prennent-ils le même chemin, à la poursuite de leur trésor. Et de leurs voleurs...

    Dans cette même ville du Nord, Léandre n'a pas une vie très réjouissante non plus. Cet ouvrier consciencieux et réservé, grand amoureux de livres, fait le « dos rond » devant sa femme et ses filles qui le méprisent ouvertement. Son seul bonheur, il le trouve dans le silence de son bureau où il s'adonne voluptueusement à la lecture, loin du bruit et de la fureur comme aurait dit Faulkner. Un jour, arrive au courrier une enveloppe qui lui est adressée. Dedans, une somme d'argent, rien de plus. Une somme suffisamment conséquente pour faire de grands projets...Choisira t-il aussi le Sud ou une autre voie ?

     « L'argent ne fait pas le bonheur ». Cela dépend de ce que l'on décide d'en faire, pourraient affirmer Madison, Momo et Léandre. Certes l'usage de cette manne providentielle flirte sérieusement avec la légalité et n'est pas sans danger, mais qu'importe puisque la vie devient enfin exaltante et réserve d'incroyables surprises ! Bien sûr, il y a aussi des dommages collatéraux et de malheureux malentendus, la chance ne peut pas échoir à tous...

    Changement de décor pour Stéphane Jolibert qui nous avait déjà enchantés avec Dedans ce sont des loups, qui paraît au Livre de Poche. Loin du grand Nord américain huit mois par an sous la neige, dans une petite ville perdue où viennent se faire oublier de la justice quelques paumés, nous voici entre le Nord de la France et l'Espagne en compagnie des petits cousins des Pieds Nickelés malmenés par la vie. Beaucoup d'humour, des dialogues qui font mouche, une galerie de portraits inoubliables, une intrigue et une chute impeccables, Stéphane Jolibert confirme avec ce texte jubilatoire son talent d'auteur de roman noir.

    « J'en menais pas large lorsque la caissière de la station-service vérifia l'authenticité de mon billet tout droit sorti du sac. Me vint à l'esprit que ce pouvait être un faux, ce qui, vous en conviendrez, aurait fait beaucoup de morts pour pas grand-chose. Il se révéla être aussi vrai qu'inespéré. Nous repartîmes tels deux richards à bord de leur berline de luxe et prîmes la direction du sud. Momo jubilait, les rares fois où il avait voyagé c'était en bus, l'expédition consistant à quitter la cité pour le centre-ville et à y revenir, c'est dire... »

    Véronique

  • Le gardien des choses perdues

    Librairie Le Failler vous conseille

    Voilà un roman absolument délicieux qui devrait enchanter nombre de lecteurs.

    Une histoire comme personne, hélas, n'en vit mais qui nous fait rêver et regretter que justement la vie ne se déroule pas ainsi. Une savoureuse comédie qui ferait un excellent film dans le style Quatre mariages et un enterrement, dont il est d'ailleurs question dans le roman. Une belle histoire d'objets perdus et/ou trouvés, de rencontres, de chagrins, d'amour et d'amitié, saupoudrée d'une mesure de merveilleux qui nous fait oublier le quotidien pas toujours merveilleux merveilleux...

    Si donc, vous n'avez pas trop le moral, devez faire un voyage en train/avion/bateau, avez la chance de pouvoir lézarder au bord d'une piscine ou de vous lover dans un canapé au coin du feu, si vous êtes insomniaque ou avez tout simplement envie de lire une jolie histoire (jolie n'étant pas synonyme de  stupide, nous sommes d'accord ! ), une histoire que vous ne lâcherez qu'à regret et n'aurez de cesse de faire lire à vos ami(e)s, alors n'hésitez pas à faire connaissance avec Anthony, le gardien des choses perdues.

    Anthony est un écrivain un peu oublié, un vieux monsieur solitaire très triste qui ramasse  les objets qu'il trouve au hasard de ses promenades, les étiquette soigneusement et écrit l'histoire qu'il leur imagine. Pourquoi, alors qu'il n'est atteint d'aucune autre maladie que sa profonde mélancolie, s'adonne-t-il à ce curieux passe-temps ?

    Jeune homme, Anthony a perdu le seul objet auquel il tenait profondément, un médaillon offert par Thérèse, sa fiancée adorée, brutalement décédée une semaine avant leur mariage. Depuis, inconsolable, il marche les yeux rivés au sol, pistant les choses perdues, sûr qu'un jour une de ses trouvailles réparera un cœur brisé. Mais la vie est passée, Anthony a vieilli et n'a plus l'énergie de rechercher les propriétaires de ses trésors. Le temps est venu pour lui de rejoindre Thérèse. S'il renonce à  sa mission c'est aussi parce qu'il sait pouvoir compter sur sa fidèle assistante Laura, laquelle ignore tout de la « marotte » de son patron et ne sera pas au bout de ses surprises à l'ouverture du testament...

    Bien sûr Anthony et Laura ne sont pas les seuls personnages. Tous, peu ou prou cabossés par la vie, vont finir par se rencontrer, s'aimer – ou pas – s'entraider et se soutenir à coup sûr.

    Une maison victorienne aux parquets cirés, le jardin d'hiver, la roseraie, les napperons impeccablement amidonnés, la sacro-sainte cérémonie du thé, tout est so british et exquis. Un  roman à l'atmosphère délicieusement surannée qui transporte le lecteur dans un espace-temps un peu indéfini. C'est l'arrivée d'Internet dans la demeure et la maladie d' Alzheimer d'un des personnages qui nous rappellent que nous sommes bien au XXIème siècle et qu'à l'heure du tout jetable et remplaçable certains objets nous relient à la terre et sont essentiels à notre histoire intime.

    Un roman plein d'humour et d'émotions qui, tout en nous parlant de bons sentiments, évite très habilement toute mièvrerie.

    Petit plus pour les amoureux de chiens : vous allez doublement adorer :) !
     

    Ruth Hogan est née à Bedford, en Angleterre. Lorsque, âgée d'une trentaine d'années, elle est victime d'un accident de la route, elle décide de devenir écrivain. C'est d'un autre coup du sort, un cancer, en 2012, et des nuits blanches provoquées par la cortisone et consacrées à l'écriture, que naîtra son premier roman en cours de traduction dans quinze pays

    Véronique

  • Par amour

    Librairie Le Failler vous conseille

    « Dès que maman a poussé la porte, j'ai compris que cette journée serait différente des autres' ».

    Le Havre, juin 1940. Entre l'avancée des Allemands et les bombardements des alliés, il n'y a plus à tergiverser, il faut fuir, vite, très vite, n'emporter que le nécessaire, laisser le chat Mouke  - Jean assure  qu'il s'en sortira, il en a  parié son plus beau calot – et rejoindre le flux de réfugiés. C'est le cœur serré qu'Emélie et Muguette ont pris la décision de quitter la ville. Sans doute seraient-elles restées pour attendre leurs maris dont elles sont sans nouvelle depuis longtemps, mais il y a les enfants et leur devoir de mère est de les protéger. Alors, ce lundi 10 juin à six heures du matin, les deux jeunes femmes, Lucie, Jean, Joseph et Marline ont pris la route, à pied, vers le Sud, c'est à dire vers l'inconnu. Ainsi débute l'histoire de deux sœurs liées par un amour indéfectible, soudées dans l'adversité malgré leurs grandes différences de caractères et  leurs divergences d'opinions sur cette guerre. Prises dans la tourmente, elles devront prendre des décisions difficiles et parfois particulièrement douloureuses, résolument prêtes à tout pour aider ou sauver ceux qu'elles aiment. Au milieu de ce chaos, les enfants feront montre d'une maturité et d'une bravoure qui forcent l'admiration.

     Une histoire d'amour, de chagrins, de secrets, de courage et d'engagements successivement racontée par Emélie et Muguette, leurs enfants – ces passages sont  superbes et absolument bouleversants - et le mari revenu de la guerre, en un maillage subtil de points de vue et de situations qui saisissent le lecteur.

     « Ma mère, Havraise, parlait peu de la guerre. Je devinais pourtant qu'elle avait vécu l'enfer. Un jour, j'ai saisi les raisons de ce silence. La ville n'avait pas seulement été occupée par les Allemands. Nos propres alliés, les Anglais, l'avaient bombardée sans relâche, puis détruite, assassinant nombre de ses habitants. Des enfants, par centaines, parce qu'on souhaitait les protéger, avaient été arrachés à leur famille et évacués, pour certains jusqu'en Algérie.

    Alors j'ai voulu comprendre. Ce que j'ai découvert m'a éclairée sur ce qu'est le courage, l'abnégation, et sur l'amour qui n'évite ni les désastres, ni les chagrins, mais éclaire les routes lorsque tout s'effondre. L'amour se dessine comme le seul élément, la dernière richesse qu'aucun ennemi ne pourrait enlever à ceux qui luttent. Il est le terreau des plus belles récompenses et des plus grandes émotions. Par amour, n'importe quel être humain peut se surpasser. C'est ce que nous révèlent les personnages de ce roman. »
     

    Valérie Tong Cuong est née en 1964. Elle a étudié la littérature et les sciences politiques, puis passé huit ans en entreprise avant de se consacrer à l'écriture et à la musique. Ses livres sont traduits dans dix-huit langues.

    Véronique

  • Une seconde vie

    Librairie Le Failler vous conseille

    Face au populaire développement personnel ou à la promotion de la sagesse, François Jullien nous propose dans cet essai assez exigeant d'accumuler et de décanter une expérience qui nous permettra de nous détacher de cette première vie... et d'en commencer, non pas une nouvelle, mais une seconde.
    « Une seconde vie est une vie qui, du cours même de la vie, se décale lentement d'elle-même et commence de se choisir et de se réformer. »

    François Jullien expose alors une philosophie à la fois plus « orientale », qui s'inspire par exemple du Tao, et plus originale, de l'« ex-istence », une vie en dehors, détachée, non pas réellement du monde mais d'elle-même. Il va parfois à l'encontre même de la philosophie, en promouvant par exemple un processus non de démonstration philosophique des vérités mais de décantation.
     
    Une lecture qui, si elle n'est pas toujours des plus aisées, est particulièrement éclairante – non pas comme une révélation qui viendrait tout bouleverser, mais bien une lecture à méditer et à laisser décanter, nouveau pavé sur le chemin de cette seconde vie.

    Anna

  • Romain Gary S'En Va-T-En Guerre

    Librairie Le Failler vous conseille

    Le 2 décembre 1980 se suicidait à  Paris un des  grands écrivains français du XXème siècle. Aviateur, compagnon de la Libération, diplomate, cinéaste et le seul auteur à avoir été deux fois lauréat du Prix Goncourt, en 1956 avec «  Les Racines du ciel » et en 1975 sous le pseudonyme d’Emile Ajar avec La Vie devant soi. Il emportait avec lui ses secrets en ne laissant que quelques mots énigmatiques : « Jour J. Aucun rapport avec Jean Seberg. Les fervents du cœur brisé sont priés de s'adresser ailleurs ».

    C'est avec le brio qu'on lui avait déjà reconnu lors de ses précédents romans biographiques sur Stefan Zweig et Eduard Einstein, que Laurent Seksik éclaire la genèse du destin extraordinaire de Romain Gary, né Roman Kacew en 1914 à Vilna. Romain Gary laissait volontiers entendre que son père était Ivan Mosjoukine, le plus grand acteur russe de son temps bien sûr, toute médiocrité étant proscrite pour cet homme qui ne voulait que l'excellence. La réalité est plus prosaïque. Arieh Kacew était bien russe mais fourreur dans le ghetto. En 1912 il avait épousé par amour Nina, divorcée et déjà mère d'un garçon. Mais lassé de son caractère impétueux et fantasque, il l'avait quittée en 1924 pour fonder un autre foyer avec la douce Frida. La vie auprès de Nina n'était qu'effusions, exaltation, soubresauts, tourbillons et paradoxes, tout à la fois galvanisante et épuisante. La mère et le fils s'adorent et entretiennent une relation fusionnelle qui durera toute leur vie. Elle lui  rêve et lui prédit un  grand destin « Tu seras Ambassadeur de France, c’est ta mère qui te le dit. Tout de même il y a une chose qui m’intrigue un peu. Pourquoi ne m’avait-elle pas fait Président de la république, pendant qu’elle y était ? » écrira t-il beaucoup plus tard dans Les Promesses de l'aube. Arieh, que le petit Roman aime et admire secrètement pour ne pas blesser Nina, lui manque cruellement. Serait-il parti à cause de lui ? Sa décision est pourtant prise : il sera fourreur lui aussi afin qu'il soit fier de son fils, tant pis pour les rêves de Nina. Ainsi, il rentrera à la maison et tout redeviendra comme avant. Mais Arieh, le lion, le descendant d'Aaron frère de Moïse, son héros, l'a trompé, trahi et tant meurtri qu'il voudra en mourir. En seulement vingt-quatre heures les dés du destin de Roman seront jetés.

    Quelques années plus tard, en France, Roman Kacew deviendra Romain Gary, alias Shatam Bogat, Fosco Sinibad, Lucien Brulard, Emile Ajar... Talentueux dandy aux multiples facettes qui ne cesse de fasciner les biographes, et ne parlera plus de son père resté dans le ghetto de Wilno ( Vilnius aujourd'hui ) avec femme et enfants tous morts en déportation en 1943.

     «  On associe le génie de Gary à sa mère. L'énigme Gary c'est son père » affirme Laurent Seksik qui, avec beaucoup d'empathie, décode les rapports complexes et douloureux du père maladroit pris en étau entre son devoir et l'amour pour une autre femme et le fils qui ne peut pas choisir entre ses parents. Une histoire tragique dans un ghetto plein de vie sur lequel plane l'ombre terrible de la mort qui les anéantira tous peu de temps après le départ de Nina et Roman pour Nice.

    Véronique

  • La sonate à Bridgetower (sonata mulattica)

    Librairie Le Failler vous conseille

    Focus sur un jeune musicien tombé dans l’oubli…

    Paris, 1789. George Bridgetower, jeune violoniste prodige de neuf ans arrive en ville avec son père : un Noir de la Barbade se faisant passer pour un grand prince d’Abyssinie. Ce dernier espère bien rendre son fils célèbre dans toute l’Europe afin de profiter de l’or et de la gloire de son succès. Très vite, père et fils rencontrent tous les grands noms des milieux artistiques et politiques de la ville et la réussite est au rendez-vous. Mais la Révolution gronde et les mentalités changent de plus en plus vite. A Paris, mais aussi à Londres puis à Vienne, Georges et son père vont connaître les grands bouleversements sociaux de la fin du XVIIIe siècle, ce qui va irrémédiablement changer leur vision du monde.

    Grâce à la description du premier concert de George à Paris, l’auteur nous plonge dès le début de son roman dans un monde d’artistes et de musique qui nous enchante et nous ravit. Puis il nous fait visiter la ville, nous promène de monuments historiques en salons, de salons en salles de concert et nous entraîne dans un tourbillon de couleurs et d’événements captivants. Nous assistons aux débuts prometteurs d’un jeune artiste, à sa découverte du monde, à sa rencontre avec les plus grands musicien puis à sa consécration.

    J’ai passé un excellent moment de lecture avec La Sonate à Bridgetower. Emmanuel Dongala jongle très habilement entre fiction et faits réels et sa plume est aussi précise et minutieuse que peut être l’archet d’un violon. George et son père forment un duo attendrissant auquel on s’attache très vite. Et si ce livre est un bel hommage à la musique classique et aux grands compositeurs tels que Mozart ou Beethoven, c’est aussi un très bon roman sur le plan historique, qui décrit avec passion les influences du siècle des Lumières dans tous les grands domaines.

    Au final, La Sonate à Bridgetower est un roman remarquable, qui va sans doute faire parler de lui. Bravo l’artiste !

    Rachel

  • Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l'intelligence des animaux ?

    Librairie Le Failler vous conseille

    Aujourd’hui, légalement, les animaux sont toujours considérés comme des biens meubles. Pourtant, les sciences ne cessent de nous le prouver : oui, les animaux sont intelligents. Certains utilisent et fabriquent des outils, d’autres reconnaissent les visages de leurs semblables. Ils font même preuve d’empathie et d’altruisme ! Mais ces capacités ne se développent pas par hasard…
    Un essai passionnant sur la cognition évolutive.

    Anna

  • Révolutions animales ; comment les animaux sont devenus intelligents

    Librairie Le Failler vous conseille

    ce beau livre nous montre toutes les preuves d'intelligence des animaux et retrace l’évolution de notre perception de nos cousins. De très nombreux auteurs ont participé à cet ouvrage. Parmi eux, entre autres, Boris Cyrulnik, Jane Goodall, Frans de Waal ou encore Peter Singer. Un livre riche tant dans les thèmes abordés au fil des articles qu'en belles photographies.

    Anna

  • Zoopolis ; une théorie politique des droits des animaux

    Librairie Le Failler vous conseille

    Zoopolis : une théorie politique des droits des animaux nous propose, comme son nom l’indique, de dresser les droits des animaux. Mais, loin de nos lois actuelles qui ne font qu’énoncer des interdits mais qui traitent toujours les animaux comme des objets et des moyens d’arriver à nos fins, les auteurs de Zoopolis énonce des droits universels, applicables à tous les animaux, puis distingue trois classes d’animaux : les animaux domestiques, les animaux liminaux et les animaux sauvages. Et à chaque classe, ses droits spécifiques.

    Un ouvrage de philosophie ambitieux, digne héritier de La libération animale de Peter Singer.

    Anna

  • Cantique de Noël

    Librairie Le Failler vous conseille

    « Je vous souhaite un gai Noël, mon oncle, et que Dieu vous garde ! » cria une voix joyeuse. C'était la voix du neveu de Scrooge, qui était venu le surprendre si vivement qu'il n'avait pas eu le temps de le voir.
    « Bah ! Dit Scrooge, sottise ! […]
    – Noël, une sottise, mon oncle ! dit le neveu de Scrooge ; ce n'est pas là ce que vous voulez dire sans doute ?
    – Si fait, répondit Scrooge. Un gai Noël ! Quel droit avez-vous d'être gai ? Quelle raison auriez-vous de vous livrer à des gaietés ruineuses ? Vous êtes déjà bien assez pauvre ! » 


    En cette veille de Noël, Mr Scrooge ne ressent aucune joie, aucune compassion, aucune bonté d'âme. C'est un vieux monsieur aigri qui n'accorde qu'à grand peine un jour de congé à son employé de maison frigorifié car, en plus d'être dépourvu de bonté, Scrooge est avare. Le voici donc seul la nuit de Noël, fête qu'il qualifie de "sottise"... apparaissent alors des spectres et autres esprits qui feront naître en lui tellement de frayeurs et de regrets qu'il se transformera en homme généreux et bon avec tous ceux qui l'entourent.

    Adapté à de nombreuses reprises, traduit sous différents titres (Conte de Noël, Un chant de Noël, Chanson de Noël...), ce conte est considéré comme un classique du genre. Si Dickens l'a écrit en 1843 dans un esprit pamphlétaire avec une volonté de mettre en lumière les dysfonctionnements de la société, le message a très vite été réinterprété comme une célébration de Noël et est encore largement diffusé. À lire pour se souvenir des valeurs premières de cette fête, pour se divertir et se préparer tranquillement à cette fin d'année. Pour petits et grands !

    Camille

  • Album

    Librairie Le Failler vous conseille

    « Il y avait [dans le sac de ma mère] le paquet de cigarettes, orné de l'image d'un cheval avec une bosse sur le dos, et leur odeur épicée me rappelait ses mains. Elle avait l'habitude de faire disparaître les cigarettes peu à peu dans sa bouche comme des sucettes. J'y goûtai, elles étaient excellentes et j'en avais mangé deux et demie quand elle se dressa au-dessus de moi, tout ensommeillée, l'air doux avec ses cheveux noirs et lisses descendant jusqu'à la taille... pour se transformer instantanément en folle à lier, les cheveux tourbillonnant autour du visage comme un nuage noir. […] Elle a couru en me tenant dans ses bras, a appelé un taxi et en est sortie au pas de course. » 

    Les auteurs islandais ont le vent en poupe ! Après Olasfdóttir et son merveilleux Rosa Candida, plongez dans les souvenirs de Gudrun Eva Mínervudóttir : Album est un concentré d'instantanés de vie, de moments brefs allant de l'enfance de la narratrice à son entrée dans l'âge adulte. Gudrun est une petite fille curieuse, qui mange les cigarettes de sa mère et se réjouit d'avoir un nouveau frère dont elle est un peu amoureuse. Entre étés à la campagne, déménagements, soirées devant Derrick, les pages dévoilent le quotidien de cette fillette qui grandit, voit son corps se transformer tant bien que mal et part aux États-Unis...

    Bien qu'il se passe dans un pays plus froid que le nôtre, ce récit ne peut que faire écho à des pans de notre jeunesse. Avec drôlerie, sans mièvrerie, l'écrivaine se remémore avec sincérité et une grande douceur ces petits bouts d'enfance, comme autant de réminiscences des temps passés. Un roman pour se tenir chaud, pour sourire un peu, à déguster au coin de feu, sous la couette, un jour de pluie avec une tasse de thé (ou de n'importe quelle boisson chaude qui vous siéra)... sans renverser !

    Camille

  • Les étoiles s'éteignent à l'aube

    Librairie Le Failler vous conseille

    Dans une modeste ferme isolée de la Colombie britannique au nord-est des Etats-Unis, vivent Franklin Starlight, un jeune Indien de seize ans, et le vieil homme qui l’a recueilli tout petit. Les deux hommes mènent une existence harmonieuse au plus près de cette nature sauvage qu’ils aiment et respectent profondément. Le vieil homme (on n'apprendra son nom que beaucoup plus tard) n’est pas indien mais il tente d’enseigner au jeune homme une philosophie de vie qui le rapprocherait le plus possible de ses racines. 
    « Quand il fut capable de tirer de façon aussi fiable qu’avec la 22, le vieil homme le laissa commencer à chasser. Ils prenaient les chevaux, traversaient le champ, remontaient pesamment jusqu’à la crête et quand ils étaient arrivés de l’autre côté, ces terres devenaient ce que le vieil homme appelait "le vrai monde". 
    Pour le garçon, le vrai monde c’était cet espace de liberté calme et ouvert, avant qu’il n’apprenne à l’appeler prévisible et reconnaissable. Pour lui, c’était oublier écoles, règles, distractions et être capable de se concentrer et de voir. 
    Dire qu’il aimait, c’était alors un mot qui le dépassait, mais il finit par en éprouver la sensation. C’était d’ouvrir les yeux sur un petit matin brumeux d’été pour voir le soleil comme une tache pâle au-dessus de la dentelure des arbres et avoir le goût d’une pluie imminente dans la bouche, sentir l’odeur du Camp Coffee, des cordes, de la poudre et des chevaux. C’était sentir la terre sous son dos quand il dormait et cette chaleureuse promesse humide qui s’élevait de tout. C’était sentir tes poils se hérisser lentement à l’arrière de ton cou, quand un ours se trouvait à quelques mètres dans les bois et avoir un nœud dans la gorge quand un aigle fusait soudain d’un arbre. C’était aussi la sensation de l’eau qui jaillit d’une source de montagne. Aspergé sur ton visage comme un éclair glacé. Le vieil homme lui avait fait découvrir tout cela. (...)
    Je ne peux rien t’enseigner de ce que tu es, Frank. Tout ce que j’peux faire, c’est te montrer comment être une bonne personne. Si tu apprends à devenir un homme bon, tu seras aussi un bon inju ».

    Franklin ignore tout de son histoire familiale; personne ne lui a jamais parlé de sa mère et il ne voit son père Eldon que lors de brèves et houleuses rencontres. Malgré l’amour qu’il lui porte, Eldon n’a pas su créer de liens avec ce garçon devenu aussi peu loquace que lui. 
    Rongé par l’alcool, usé par une vie de labeurs et miné par la culpabilité, Eldon, qui sait sa fin proche, demande à Frank de l’emmener dans les montagnes afin d’y mourir et d’y être enterré comme un guerrier. 
    La pérégrination sera laborieuse pour ces deux hommes qui ont tant à se dire et ne se connaissent pas. Franklin ira au bout de son devoir et de sa mission, portant, nourrissant et protégeant ce père extrêmement affaibli. 
    Mais qu’en sera-t-il pour Eldon ? Durant ces quelques jours en tête à tête avec son fils au milieu de cette nature qu’il ne connaît plus, réussira-t-il à répondre aux questions de celui-ci, en particulier au sujet de sa mère ?
    « Jimmy disait tout le temps que nous étions un Grand Mystère. Tout. Il disait que les choses qu’ils faisaient, ces Indiens d’autrefois, c’était rien d’autre que d’apprendre à vivre avec ce mystère. Pas le résoudre, pas s’y attaquer, pas même chercher à le deviner. Juste être avec. J’crois que j’aurais aimé apprendre le secret qui permet de faire ça.(…)
    La plupart du temps, j’essayais de survivre, rien d’autre. Un ventre plein de haricots, c’est mieux qu’une tête pleine de pensées. Apparemment les histoires, ça n’a jamais vraiment aidé un type à s’en sortir. Tu piges ?
    - Je crois, répondit le garçon. Moi, j’ai toujours voulu en savoir plus sur mes origines. (...) J’ai compris qu’il y a des choses pour lesquelles il faut de la patience. »
    La nature, mère protectrice et nourricière pour qui a appris à la connaître et la respecter, magique et envoûtante, tient une place prépondérante dans cette sublime et bouleversante histoire de transmission. 
    Ce texte est un baume revivifiant et apaisant, un antidote aux chagrins secrets.
    Les étoiles s’éteindront sereinement à l’aube en laissant le lecteur profondément ému et reconnaissant.
    Simple et puissant, ce roman magnifique et inoubliable est le premier livre traduit de Richard Wagamese, né en 1955 dans l’Ontario.
    «  On est rien d’autre finalement. Que nos histoires. »

    Véronique & Laura

  • L'opossum rose

    Librairie Le Failler vous conseille

    Ted McKay à tout prévu pour son suicide: la date, le lieu, la lettre pour sa famille...  Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'un homme frapperait à la porte, il n'avait pas imaginé que l'inconnu, au fait de ses intentions, lui propose un marché impossible à refuser ! Mais en acceptant cette offre, Ted va être projeté dans le chaos de son esprit malade, un sombre labyrinthe dans lequel se promène un opossum, étrange petit carnivore...Rebondissement après rebondissement, la vie de Ted McKay parait plus limpide... Avant de sombrer de nouveau dans le flou le plus total. L'auteur maîtrise parfaitement cette ambiance écrasante et cette mécanique bien huilée où rien n'ai laissé au hasard. Les personnages aussi attachants qu'effrayants, une écriture fluide, hypnotique fait de ce thriller un livre envoûtant qu'on ne lâcherait pour rien au monde avant la fin! Là, enfin, l'auteur nous libère de cette pression que, page après page, il avait laissé grandir, nous laissant, pauvres lecteurs, en apnée totale.

    Léa

  • Max Winson ; intégrale

    Librairie Le Failler vous conseille

    Max est un joueur de tennis d'exception, aucune défaite depuis 7 ans. Son père en a fait une sorte de « machine de guerre » qui enchaîne les victoires sans passion, sans envie. Une interview parvient à gripper cette belle machine et Max va devoir faire des choix. Il décide de tout remettre en cause. 
    Et si pour se sentir mieux il faudrait s'entraîner pour perdre ? Cet album tout d'abord sorti en diptyque est aujourd'hui en intégrale. Ce format est clairement  plus adapté à cette histoire et lui permettra d'avoir une seconde vie. Jérémie Moreau dénonce avec vigueur le sport et sa médiatisation à outrance. Le match de Max qui symbolise la lutte entre deux nations a des allures de conflit. Le dessin de Jérémie beaucoup plus lâché que dans le « Singe de Hartepool » est extrêmement élégant. Son récit est vivant et plein d’énergie. Max est une sorte de « petit Prince » plein d’innocence et d'incompréhension sur ce monde plein de folie qui tourne autour de lui. Jérémie Moreau est décidément un auteur à suivre.

    Ludo

  • Tau zéro

    Librairie Le Failler vous conseille

    Cinquante astronautes partent pour un impressionnant voyage : Rejoindre l'étoile Beta Virginis, à trente-deux années-lumière de la terre pour coloniser un nouvel espace. Mais leur périple ne se déroulera pas comme prévu, et les emmènera loin, bien plus loin qu'ils l'avait imaginé...

    On aime pour :  les éléments de cultures et légendes scandinave,  le voyage extraordinaire !

    Léa

  • La Trilogie Martienne

    Librairie Le Failler vous conseille

    Cent pionniers s'envolent pour Mars. Ils devront l'explorer, survivre sur cette planète usée et hostile. Si l'homme ne peut s'y adapter, il faudra adapter Mars à l'homme : créer l'atmosphère, bâtir les cités...

    Par delà les difficultés ou les conflits, c'est un monde nouveau que l'on invente. Jusqu'à l'émancipation de la tutelle d'une Terre de moins en moins souveraine.

    On aime pour : son côté très documenté qui nourrit le réalisme du roman, et comme souvent dans ce genre les aventures formidables !

    Léa

  • Neuromancien

    Librairie Le Failler vous conseille

    Case était le meilleur Hacker sur les autoroutes de l'information. Son cerveau étant directement relié à la matrice, il savait comme personne se frayer un chemin dans le cyberespace pour pirater des données pour le compte de riches clients. Voulant dépasser un de ses employeur, Case a été amputé de son système nerveux, le privant ainsi de l’accès à la matrice. Complètement déprimé, le jeune homme n'a plus aucun moyen de s'évader de la prison qu'est son corps, jusqu'au jour ou une mystérieuse conspiration va lui offrir une seconde chance...

    On aime pour : l'originalité de cet univers très vaste et celle du sujet bien sûr (car ici, c'est avec l'esprit qu'on voyage, non pas à bord d'une navette spatiale) !

    Léa

  • Présumées coupables ; les grands procès faits aux femmes

    Librairie Le Failler vous conseille

    Les femmes ont toujours tort! Ca ne fait aucun doute, n'est ce pas? L'histoire de la justice en tout cas montre à quel point le fait d'avoir deux chromosomes X n'est pas un bon point de départ face à un tribunal, qu'on soit soupçonnée d'être une sorcière, une empoisonneuse, une anarchiste, une collabo.
    De la peste noire à la peste brune, 600 ans d'archives judiciaires le prouvent: le juge est un homme.

    José

  • Luxure ; une histoire entre péché et jouissance

    Librairie Le Failler vous conseille

    L'Histoire de la luxure est jusqu'à la fin du Moyen Age parallèle à celle de l'Eglise, puis elle se confond avec l'histoire de la peinture et de la littérature, pour finir par croiser celle de la médecine, de la psychologie, du cinéma, de la presse et des médias de masse aujourd'hui. On croise donc dans ce bel essai l'illustre Saint Augustin, le sinistre Origène, l'évanescent Pétrarque, le mystérieux Bosch, l'iconoclaste l'Arétin, les coquins fleuris de la Pléiade, Ronsard en tête, le facétieux Casanova, le ténébreux marquis, Freud le puisatier des abîmes et d'autres, pécheurs ou repentis. Bien peu d'abstinents cependant.

    José

  • Les gens dans l'enveloppe

    Librairie Le Failler vous conseille


    "Les romans sont des abris où retrouver les disparus. Écrire, c'est construire leur refuge, assembler des branchages, bâtir des murs, préparer les lits, penser à la liste des courses et aux chansons que l'on chantera après le repas. C'est les attendre au bout du chemin, la nuit est tombée déjà, ils sont en retard."

    Isabelle Monnin a acheté un lot de 250 photographies d'inconnus. Elle les as reçues par la poste. Ce sont eux, les " gens dans l'enveloppe " : elle a décidé de leur inventer une histoire. Elle a appelé la petite fille présente sur beaucoup de clichés Laurence ; sa grand-mère, Mamie Poulet. Et les autres. Elle a mis en scène des envies d'évasion, un départ en Argentine, un sentiment d'abandon, le tout avec une langue poétique. Son ami Alex Beaupain, auteur et compositeur, s'est dit " si on en faisait des chansons ? ". Et puis, comme ça, Isabelle a eu envie de les retrouver, ces gens de l'enveloppe. Un clocher reconnu au coin d'une photo, une enquête qui commence... Et la rencontre avec quelques troublantes coïncidences entre la fiction et la réalité, comme le fait que la fillette devenue maman se nomme Laurence dans la vraie vie. Le lien se crée entre la journaliste et ces inconnus qui ne le sont plus vraiment, au point que certains acceptent de chanter sur le disque...

    Avec ce livre hybride mi-fiction, mi-enquête, Isabelle Monnin et Alex Beaupain ont créé une merveille d'émotions, de mélancolie heureuse et d'humanité. 
    Un conseil : attendez d'avoir terminé votre lecture avant d'écouter les chansons...

    Camille

  • Le jour où Nina Simone a cessé de chanter

    Librairie Le Failler vous conseille

    "Mes filles, je sais que vous êtes à l'âge de toutes les tentations et la première c'est la cigarette. Je vous ai toujours dit qu'il est interdit d'interdire dans notre famille. Comme je ne veux pas vous voir fumer en cachette, voilà, je vous offre à chacun une cigarette, vous allez fumer devant moi et vous verrez à quel point c'est immonde et infect et vous y renoncerez toutes seules.
    Nous étions toutes les trois alignées sur le sofa du salon. Nous avons tiré sur nos Gauloises sans filtre avant de nous écrier en chœur :
    - Papa, c'est magnifique.
    Il était livide. Depuis, nous n'avons jamais arrêté. Une semaine plus tard, je découvrais le shit. J'ai fumé mon premier joint et j'ai tellement ri que je voyais la mer plus large et les balles moins mortelles."

    C'est la voix de Darina qui porte ce récit ; celui du Liban pendant la guerre civile, dans les années 80, celui d'un journaliste progressiste qui élève ses filles pour qu'elles soient libres d'agir comme elles le souhaitent et de penser par elles-mêmes. Le roman s'ouvre sur la mort du père, qu'on veut enterrer au son de chants religieux ; ce que Darina refuse, exultant, profanant en diffusant une chanson de Nina Simone qu'il aimait tant. Le ton est donné : enfant curieuse et avide d'expériences, Darina grandit avec ses sœurs en se fixant ses propres limites et surtout, en les dépassant et en apprenant qu'une femme vaut autant qu'un homme, que la religion peut rendre fou. Dans le Liban en guerre, elle jouit sans peine, pour oublier la peine, pour oublier la peur, pour vivre encore un peu et surtout, plus fort.

    Un témoignage puissant sur une jeunesse entière, raconté avec un humour souvent noir (mais pas toujours) et sans fard, adapté de la pièce éponyme par Mohamed Kacimi. Ça cogne dans tous les sens, ça secoue, ça bouleverse, c'est un texte brut et pourtant magnifique qui nous est offert dans ces quelques pages.

    Camille

  • Cabosse

    Librairie Le Failler vous conseille

    La Belle et la Bête,


    La Belle, c'est Guillemette, une jeune femme magnifique. 
    La Bête, c'est Roy, boxeur facilement irritable à la gueule de "tomate écrasée". 
    Leur rencontre n'est pas des plus glamour : ils se donnent rendez-vous sur internet et, au lendemain de leur première nuit, doivent fuir après que Roy a terrassé l'ex de sa Belle. Ils vont alors vivre un véritable Road Trip à l'américaine, exactement comme dans les films stéréotypés que Roy aime tant.
    Une histoire hallucinante de fuite, de meurtres, de casse, de diners miteux et de motels pourris mais surtout la formidable épopée de ces amoureux hors-norme !

    Léa

  • Culottées T.1 ; des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent

    Librairie Le Failler vous conseille

    C'est avec humour, talent et beaucoup, BEAUCOUP d'admiration que Pénélope Bagieu nous parle des culottées, ces "femmes qui ne font que ce qu'elles veulent" ! Qu'elles soient danseuse, illustratrice, sirène, impératrice ou encore travailleuse sociale, 
    quinze femmes nous prouvent qu'il suffit parfois d'une voix pour changer les choses. Des portraits courts, accompagnés de 
    magnifiques illustrations qui résument avec brio la vie de ces audacieuses qui n'ont pas toujours marqué l'histoire mais qui n'ont 
    jamais cessé de défendre leurs idées ! Après la lecture de cette super bande dessinée, une seule envie : en savoir plus sur ces 
    femmes inspirantes...

    Léa

  • L'extase totale ; le IIIe Reich, les Allemands et la drogue

    Librairie Le Failler vous conseille

    Un angle de vue totalement neuf pour décrypter quelques-uns des mystères de la seconde guerre mondiale.
    La wehrmacht a consommé massivement, pendant le blitzkrieg et bien après, les drogues tout juste synthétisées par l’industrie allemande (et plus tard testées sur des juifs dans les camps). La Métamphétamine notamment (pervédrine à l’époque) servait à réduire la fatigue et désinhiber les soldats. Ce fait peu connu est brillamment disséqué par l’auteur qui en détaille les conséquences déterminantes sur le déroulement de la guerre. Au plus haut niveau du Reich, Hitler lui-même se voit injecté régulièrement d’énormes quantités de drogues diverses et parfois artisanales pour pallier à sa santé défaillante. 
    Le journal de son médecin personnel, retrouvé dans les archives américaines en témoigne abondamment. 
    Les effets sur son jugement et ses décisions seront incalculables (voir chapitre High Hitler).

    José

  • Laëtitia ou la fin des hommes

    Librairie Le Failler vous conseille

    D'ores et déjà un des livres les plus marquants de l'année 2016.

    Jablonka commence cette enquête en tant qu'historien et écrivain et la termine en ami, en confident, en père. A chacun de lire selon sa sensibilité cet ouvrage inclassable, aux ramifications nombreuses qui vont de la politique à la sociologie en passant par l'histoire sociale. Parfois éprouvant, toujours touchant, jamais il ne laisse indifférent. L'implication de l'auteur dans cette quête de réponses face à l'indicible force le respect.


     

    José

  • Le testament de Marie

    Librairie Le Failler vous conseille

    "Je me souviens de trop de choses ; je suis comme l’air par un jour sans vent, qui se contient lui-même, immobile, et ne laisse rien échapper. Je contiens la mémoire de la même façon que le monde retient son souffle."

    Marie, recluse dans sa maison et proche de la mort, répond aux questions de deux hommes. Mais ceux-ci refusent la vérité qu'elle essaie de leur dévoiler sur son fils, l'homme qui, dit-on, a fait des miracles, l'homme sacrifié pour le bien et la postérité, l'homme qui était avant tout son fils. Alors, puisque eux ne l'écoutent pas, elle explore sa mémoire et offre au lecteur le récit d'un passé douloureux.


    Colm Tóibín réécrit le Nouveau Testament en à peine plus de cent pages. Marie n'est plus la Sainte-Vierge mais une mère qui a fait naître un enfant, l'a nourri, protégé, aimé, éduqué et l'a vu grandir jusqu'à devenir un jeune adulte aux fréquentations médiocres qui l'ont proclamé meneur, puis fils de Dieu afin de créer un mythe, une Vérité unique que nul ne doit contester. Si les références bibliques sont nombreuses – la résurrection de Lazare, la marche sur l'eau ou encore la transformation de l'eau en vin – le nom du fils n'est jamais cité, comme une volonté de le rendre anonyme, humain. 


    C'est un roman d'une force et d'une puissance impressionnantes, qui dérangera sans nul doute certains lecteurs. C'est aussi un livre d'une grande beauté, tant les mots de l'auteur sont pesés, tant ses descriptions des événements sonnent juste, bien que ceux-ci soient souvent cruels. Au cœur des émotions et de l'esprit de Marie, Le Testament de Marie est le récit bouleversant d'une mère qui n'a pas réussi à sauver son fils.

    Camille

  • Mille femmes blanches

    Librairie Le Failler vous conseille

    "Je regarde, accroupie, les milliards d'étoiles et de planètes et, curieusement, ma propre insignifiance ne me fait plus peur comme autrefois. Elle me paraît au contraire rassurante, puisque j'ai maintenant le sentiment d'être également un élément, si minuscule soit-il, de l'univers complet et parfait. Quand je mourrai, le vent soufflera toujours et les étoiles continueront de scintiller, car la place que j'occupe sur cette terre est aussi éphémère que mes eaux, absorbées par le sol sablonneux ou aussitôt évaporées par le vent constant de la prairie."

    À la fin du XIXe siècle, Little Wolf, chef cheyenne, propose un échange au président des États-Unis : il lui demande mille femmes blanches en échange de mille pur-sangs. Ainsi, il espère renouveler la population cheyenne et assurer leur survie pour encore quelques années. Si le gouvernement prétend trouver cette idée ridicule, il n'en est rien en réalité. Mais où trouver ces femmes ? Dans les prisons et les asiles... Le roman est présenté sous la forme du journal de l'une de ces laissées-pour-compte, qui va découvrir un peuple proche de la nature et des besoins de l'homme, en opposition avec la vie qu'elle a toujours connue...

    Traduit en français en 2000, ce roman est un succès (mérité) de librairie ! Si l'on n'est pas certain de la véracité de l'histoire, il n'en demeure pas moins qu'elle est un passionnant réquisitoire pour un retour à la nature et une réflexion sur la condition humaine. Beaucoup des femmes enfermées à l'époque, à l'instar de la narratrice, l'ont été parce qu'elles dérangeaient ou contrevenaient aux mœurs de leur temps ; le récit n'est donc pas dénué d'un certain féminisme en plus d'être une ode à une existence plus simple et respectueuse de l'ensemble du vivant.

    Camile

  • Barracuda

    Librairie Le Failler vous conseille

    "Je sais ce que c'est qu'un corps : ça a besoin d'être sculpté, façonné, forcé de fonctionner. Je ne sais pas grand-chose, mais ça, je le sais : un corps peut être formé, transformé, un corps n'est jamais statique, toujours en mouvement. Je sais aussi que parfois il criera en atteignant ses limites, vous dira qu'on ne peut pas aller plus loin, que, malgré le désir, l'espoir, la volonté, possible ne veut pas toujours dire réalisable. Je sais cela mieux que n'importe quoi d'autre. Il arrive que le corps échoue."

    Entre Melbourne et Glasgow, entre les années 90 et aujourd'hui. Danny Kelly, un adolescent modeste d'origine grecque, obtient une bourse afin d'intégrer un prestigieux lycée qui lui permettra de vivre sa passion pour la natation. Très vite, il devient le favori de l'équipe, très vite, la compétition devient de plus en plus difficile. En dehors de la piscine, il est mis de côté parce qu'il ne rentre pas dans le moule du fait de sa pauvreté et de ses racines. Il n'aura alors de cesse de vouloir devenir champion, de tous les battre pour montrer que lui, le "métèque" a réussi. Mais Danny a la rage au ventre, il est furieux, il est en colère et bientôt, c'est la chute...

    Barracuda est une claque (pour ne pas dire une Gifle...) ! Qui a déjà lu l'auteur ne sera pas surpris par son écriture brute et par les thèmes abordés ici : le métissage, l'homosexualité, la violence et le poids de la société... Barracuda est avant tout l'histoire d'un adolescent débordé par ses affects, qui ne parvient pas à trouver de stabilité émotionnelle et dont la psychologie est habilement décrite. Ne se reconnaissant pas dans la société, il se sent rejeté. Le rejet entraîne la haine ; la haine mène à la violence, jusqu'au pire... Christos Tsiolkas décrit l'Australie comme un pays dans lequel l'échec est impossible, un pays utopiste, neuf et marqué par la peur de ce qui viendrait rompre ce fragile équilibre. Qu'on aime le sport ou qu'on l'abhorre, on ne peut pas rester insensible à ce texte aux réflexions universelles, sur le dépassement de soi, les désillusions et la reconstruction, car il est d'une rare intensité.

    Camille

  • Des fleurs pour Algernon

    Librairie Le Failler vous conseille

    "L’intelligence est l’un des plus grands dons humains. Mais trop souvent, la recherche du savoir chasse la recherche de l’amour. C’est encore une chose que j’ai découverte pour moi-même récemment. Je vous l’offre sous forme d’hypothèse : l’intelligence sans la capacité de donner et de recevoir une affection mène à l’écroulement mental et moral, à la névrose et peut-être même à la psychose. Et je dis que l’esprit humain qui n’a d’autre fin qu’un intérêt et une absorption égoïste en lui-même, à l’exclusion de toute relation humaine, ne peut qu’aboutir à la violence et à la douleur."


    Charlie est un simple d'esprit. Il travaille comme aide dans une boulangerie et essaie d'apprendre à lire dans un cours pour adultes ayant un retard mental. Lorsque des scientifiques, grisés par le succès d'une expérience menée sur une souris – Algernon – cherchent un cobaye pour effectuer une opération qui doit rendre intelligent, il se porte volontaire, appuyé par Miss Kinnian, son institutrice qui le considère comme son élève le plus motivé. Commence alors une nouvelle vie pour Charlie. Son intelligence augmente à une vitesse fulgurante, il se passionne pour mille sujets, s'exprime de mieux en mieux et rattrape aisément le QI de ceux qui l'entourent. Pourtant, émotionnellement, il est comme un enfant qui aurait grandi trop vite. Il s'aperçoit que ceux qu'il croyait être ses amis ne faisaient que rire de lui tandis qu'à dépasser les capacités du reste du monde, il est de plus en plus seul. Un jour, les facultés d'Algernon semblent décroître...

    Quel incroyable roman ! Daniel Keyes nous plonge dans la tête de Charlie dès les premières lignes puisque le récit est présenté sous la forme d'un journal dont l'écriture évolue en fonction de la progression mentale du personnage. Ainsi, les premières pages sont naïves, bourrées de fautes d'orthographe et disposent de peu de ponctuation jusqu'à gagner en profondeur de réflexion et d'expression. Des fleurs pour Algernon est un texte extrêmement émouvant, bouleversant même, un roman d'anticipation plus vrai que nature dont l'honnêteté et la justesse de ton embarquent le lecteur jusqu'à la dernière page.

    Camille

  • L'audience

    Librairie Le Failler vous conseille

    "[...] Mais y a d'autres choses que le plaisir, dans le sexe.
    - Ah oui ?
    - Oui. L'absence.
    - L'absence de quoi ?
    - D'un peu tout. Des gens, de leurs questions, des journées qu'ils t'imposent. T'as jamais cette envie-là, toi, de blanc ?"

    Une femme d'à peine trente ans est jugée pour avoir eu des rapports sexuels avec quatre de ses élèves, tous majeurs. Seulement voilà, au Texas, la loi condamne les professeurs ayant des relations avec leurs étudiants, même si toutes les parties consentent. Alors pourquoi Deborah Aunus a-t-elle pris ce risque ? Pourquoi sa propre mère témoigne-t-elle contre elle ? Plus encore, pourquoi n'essaie-t-elle pas de se défendre et garde-t-elle obstinément la bouche close ?

    Inspiré d'un fait divers, ce roman dresse le portrait d'une Amérique puritaine prête à tout pour préserver les apparences, quitte à basculer dans l'excès... Construit sur une double narration, alternant le compte-rendu du procès de manière froide et factuelle avec le récit de ce qui s'est réellement passé avant le scandale, le texte nous happe et révèle à l'audience toute l'intimité de cette enseignante, mère de trois enfants et épouse d'un soldat combattant en Afghanistan. Il règne pourtant une certaine opacité autour de ce personnage, quelque chose qui échappe à la conscience, de l'ordre du non-dit. C'est sans doute ce qui gêne le lecteur autant que les jurés et lui permet de prendre pleinement part au procès, tel un voyeur resté sur sa faim, frustré de n'avoir pénétré qu'incomplètement l'intimité de cette femme. Une réflexion frappante sur une société pudibonde en recherche de catharsis.

    Camille

  • Madeleine project

    Librairie Le Failler vous conseille

    Photos, petits objets rangés dans des valises, trèfles à quatre feuilles séchés entre deux pages, lettres et cartes postales... autant de petits instants de la vie de Madeleine que Clara Beaudoux découvre dans sa cave, et partage avec nous, tweet après tweet.

    C'est beau, c'est plein de poésie et de tendresse, c'est émouvant, c'est retrouver sa  famille dans cette inconnue... Un témoignage qui interroge aussi nos vies : nous, quelles traces de nos vies laissons-nous dans nos caves et greniers ? Et discutons-nous assez avec la petite mamie de l'immeuble ?

    Vous avez aimé Les gens dans l'enveloppe ? Découvrez Madeleine Project !

    Anna

  • Un été 42

    Librairie Le Failler vous conseille

    "Hermie, il y a une chose que tu ne sembles pas comprendre. C’est très bien de respecter une femme. C’est parfait. C’est démocratique. Mais c’est elle qui ne te respectera pas si tu n’essaies pas de la baiser.
    - J’ai du mal à te croire.
    - Je t’assure. Mon frère me l’a dit. Les femmes sont comme ça. Elles veulent que tu tentes même si elles ne te laissent pas faire, parce que, bien qu’elles ne te laissent pas faire, elles veulent que tu essaies. C’est pour ça que tu dois essayer."

    Été 1942, sur une petite île au large de la Nouvelle Angleterre. Trois adolescents de quinze ans, Hermie, Oscy et Benjie s'ennuient et ont les hormones en ébullition. La guerre gronde, Pearl Harbor a déjà eu lieu mais ils sont bien loin de tout ça, l'armée n'étant pour eux qu'un moyen de frimer auprès des filles. Hermie, l'éternel inquiet, tombe amoureux d'une mystérieuse et très belle femme qui devient son ultime fantasme tandis qu'Oscy, le meneur, se démène pour obtenir les faveurs d'une fille de son âge. Benjie, quant à lui, a des préoccupations qui ne se situent pas au-dessous de la ceinture. Tous les trois vont vivre un été riche en découvertes, à commencer par celle d'un manuel d'anatomie expliquant quelles sont les douze étapes à franchir pour atteindre le septième ciel...

    Classique enfin réédité en poche, Un été 42 est un livre extrêmement drôle ! C'est tendre, naïf, joyeux... Une étonnante plongée dans l'adolescence de l'auteur. Entre tourments, vannes et bagarres, on rit beaucoup des trois garçons qui tentent d'explorer leurs nouveaux désirs mais se heurtent à des obstacles divers dans cette quête du plaisir et de l'amour. Parsemé de références musicales et cinématographiques de l'époque, ce roman à la belle écriture nous offre du dépaysement, de la fraîcheur et ça fait du bien !

    Camille

  • Takane et Hana T.1

    Librairie Le Failler vous conseille

    Si vous cherchez un shojo plein de fraîcheur, qui sort des sentiers battus, et surtout vraiment drôle, Takane et Hana est pour vous !

    Quand le Grand Patron organise pour son fils une rencontre arrangée avec la fille aînée de l'un de ses employés, mais que celle-ci refuse d'y aller, c'est Hana, sa petite sœur encore lycéenne, qui s'y colle, bon gré mal gré... mais elle ne peut s'empêcher de le remettre à sa place au bout de quelques minutes ! Le lendemain, cependant, Takane l'attend devant chez elle...

    Bon moment garanti auprès de Hana, héroïne qui ne manque ni de caractère, ni de réparties, et de Takane, héros arrogant, agaçant mais aussi (parfois) attachant.

    Anna

  • Je me souviens de tous vos rêves

    Librairie Le Failler vous conseille

    "Novembre allume partout dans les collines de petits incendies. Après les orages, la lumière est si intense, si pure qu'elle attise ces pourpres, ces orangés, ces roux. Pendant quelques heures, trois jours tout au plus, entre deux ciels noirs, le monde est plus beau que l'imagination.
    L'automne est la saison des renards. Ils se glissent dans ces immenses régions rousses qui commencent aux portes de la ville et vont se perdre, après mille gouffres et ravins, dans des horizons d'aquarelle. Ils se tapissent sur les feuilles mortes, disparaissent. Chaque arbre est un renard prêt à bondir, un trait de feu qui jaillit des broussailles. Chaque branche qui craque est une chair de poule."

    Écrivain provençal, René Frégni a un don pour raconter les petites choses de la vie. Vivant entre Manosque et Marseille, il capte ici les lumières de ses promenades d'automne et la chaleur de ses rencontres. Nul ennui à la lecture de ces petites touches de vie, bien au contraire. Le lecteur respire, se prend d'affection pour les personnages brinquebalants croisés tels cet homme mutique qui photographie les objets et lieux abandonnés ou encore l'ancien menuisier amoureux des livres qui a construit de ses mains la célèbre librairie de Banon, « Le Bleuet »... avant de faire faillite. Il est aussi question d'un chat, de l'écriture et des femmes...

    Je me souviens de tous vos rêves n'est pas un roman à proprement parler ; plutôt un ensemble d'histoires, de souvenirs qui se font écho. L'auteur raconte, digresse, part et puis revient avec ses mots mélodieux qui dépeignent la beauté, la nature, les humains et l'extraordinaire dans l'ordinaire... Une plongée en Provence aussi poétique que réjouissante, pour réveiller nos sens endormis et se reposer du tumulte du monde.

    Camille

  • Tiksi

    Librairie Le Failler vous conseille

    Evgenia Arbugaeva, jeune photographe de talent, nous ouvre les portes de sa ville natale, au plein cœur de la Sibérie : Tiksi. De retour dans son pays d’origine après des années passées en tant que photojournaliste à Moscou ou New York, elle y a retrouvé intacts les mêmes paysages, couleurs, sentiments à travers les yeux d’une petite fille ; Tania.

    Ses photographies sont merveilleuses, dans tous les sens du terme : épurées, douces, étonnantes, tirant parfois vers le fantastique ou la science-fiction. On y retrouve toutes les promesses d’une terre dénudée, plongée dans l’obscurité et enveloppée d’un lourd brouillard plusieurs mois dans l’année, et les couleurs qui ressortent de cet univers surréaliste n’en sont que plus magnifiques.

    Mais au-delà de tout, ce qui nous ensorcelle, c’est le regard émerveillé et complice de deux petites filles ; celui de Tania, 8 ans, et d’Evegenia, 31 ans.

    Ce livre est une pure merveille.

    Julia

  • Corps et âme

    Librairie Le Failler vous conseille

    L'histoire d'un tueur a gages qui exécute froidement ses contrats et qui suite à un meurtre se retrouve pourchassé par la haine d'une mère.

    Sa vengeance lui apparaît pire que la mort et il n'aura de cesse que de rendre la pareille à son bourreau !

    Polar d'une très grande efficacité, nerveux et violent, le graphisme et les plans très  cinématographiques de Jef  font immédiatement penser à du Tarentino .

    Ludo

  • Oiseau Canadeche (L')

    Le mot du libraire

    À la mort de sa mère, le petit Titou est recueilli par son grand-père, un homme persuadé d'avoir trouvé la potion d'immortalité – indice : c'est un alcool très très très fort. Buveur et joueur invétéré, chercheur d'or, marié quatre fois et vivant en pleine nature, loin des contraintes, Pépé Jake n'est a priori pas le tuteur idéal... mais l'affection entre les deux êtres est immédiate et, malgré leurs divergences de caractères, la vie s'écoule paisiblement dans ce coin perdu des États-Unis... jusqu'au jour où Titou découvre un poussin coincé dans les clôtures qu'il aime tant construire : Canadèche est adoptée et fait désormais partie de la famille ! Ce très court roman est une petite merveille aux allures de conte philosophique. Point de longueurs, beaucoup d'humour, de tendresse et une dose de loufoque dans ce livre. Le trio composé de l'oiseau glouton, du vieux grognon et du garçon tranquille est plus qu'attachant et nous offre une éclatante leçon de vie. Une lecture à déguster sans tarder. Camille.

  • Les ferrailleurs T.1 ; le château

    Librairie Le Failler vous conseille

    Construit dans une décharge, au milieu des détritus londoniens, un immense château composé de bâtisses rapportées d'ici et là abrite un microcosme humain. Chaque personne y vivant est issue de la famille Ferrayor. Les plus nobles ont un prénom, les domestiques se nomment tous Ferrayor et oublient progressivement d'où ils viennent. Chacun reçoit à sa naissance un objet particulier qu'il conserve jusqu'à sa mort. A quinze ans, Clod vit dans cette bien étrange demeure selon des us et coutumes tout aussi bizarres et possède un don : il entend les objets parler. Alors que son existence semble tracée et que chacun reste à sa place sans jamais se croiser, débarque une jeune orpheline dont l'arrivée coïncide avec la disparition de la poignée de porte de Tante Rosamud. L'histoire de la famille Ferrayor va s'en trouver bouleversée...

    Lire un roman d'Edward Carey, c'est avant tout plonger dans un univers. Gothique, bizarre, désuète, steampunk... Difficile de qualifier son œuvre ! D'une grande richesse littéraire, ce texte, premier tome d'une trilogie, nous entraîne dans un monde fantastiquement loufoque de la fin du XIXe siècle. On y trouve des personnages atypiques, naïfs, méchants, curieux... et rien n'est laissé au hasard : l'auteur anglais illustre lui-même son roman, et avec talent. Comparé à Borges, Calvino, Perec et même Satie et Burton, nul doute qu'Edward Carey saura séduire les lecteurs curieux. On est loin des livres de plage, mais l'été est aussi une belle occasion de découvrir des pépites !

    Camille

  • Macaroni !

    Le mot du libraire

    Roméo n'est pas très heureux de passer quelques jours chez son grand-père, ce « vieux chiant qui pue » . Ils vont pourtant réussir à s'apprivoiser peu à peu et il va découvrir un vieil homme déraciné de son Italie d'après guerre et une histoire familiale douloureuse. A travers ce récit, l'auteur nous plonge dans une aventure intimiste qui rejoint l'Histoire (celle de la génération d'immigrés italiens économiques qui se sont retrouvés à travailler dans les mines du Nord) . Ludo

  • Le mystère du monde quantique

    Le mot du libraire

    Comment rendre lisible une théorie qui reste obscure pour la plupart d'entre nous ? Les auteurs parviennent à faire ce tour de force : réaliser un ouvrage ludique et imaginatif et dans le même temps nous faire apercevoir le début de compréhension de ces principes. Une belle démonstration! Ludo.

  • Levalet ; des illusions comiques

    Le mot du libraire

    Si au détour d’une ruelle parisienne vous tombez avec étonnement sur deux astronautes jouant au Ping Pong ou un chasseur traqué par un rhinocéros, il n’y a plus aucun doute : vous voilà tombé dans l’univers poétique et surréaliste de Charles Leval alias Levalet. Levalet, c’est un jeune artiste de rue qui se réapproprie l’espace public avec brio, sans contraintes, sans limites sinon celles de sa propre imagination. Inspirés par le cinéma, très marqués par l’œuvre d’Ernest Pignon Ernest, ses dessins dans les rues de la capitale, aussi drôles que provoquants, interpellent les passants et passionnent déjà les érudits. Les éditions Critères nous permettent enfin de contempler tout l’étendu du talent de cet artiste de 27 ans, et de se plonger dans son univers si singulier. Un artiste à suivre, et un beau livre à garder précieusement. Julia

  • L'adoption t.1 ; Qinaya

    Le mot du libraire

    Gabriel, un retraité, ne souhaite pas devenir le grand père d'une petite péruvienne adoptée par son fils . Mais peu à peu la carapace se fendille et la petite fille parvient à le faire fondre. L'histoire est simple mais pourtant tout fonctionne merveilleusement bien, les dialogues sonnent juste, le dessin d'arno Monin est excellent. Ce premier tome s'achève sur un rebondissement qui va bien nous faire trépigner ! Vivement la suite ! Ludo

  • L'herbier sauvage

    Le mot du libraire

    « J'ai une théorie sur les hommes : toujours regarder comment un mec caresse un chat. Un mec qui est attentif aux caresses de son chat […], tu peux être quasiment sûre que c'est un bon amant. » Bande-dessinée ? Livre d'art ? Roman graphique ? Difficile de trouver un qualificatif pour L'herbier sauvage... Entre étude sociologique et livre érotique, cet ouvrage est assurément une pépite ! Pendant des mois, Fabien Vehlmann est allé à la rencontre d'inconnus pour leur exprimer son projet : recueillir des témoignages autour de la vie sexuelle des gens... surtout de la part de ceux qui pensent avoir une sexualité classique. Point d'exhibitionnisme (quoique...) mais une belle volonté de partage dans ce projet. La plupart des protagonistes retrouvent Fabien dans un café, certains racontent sans hésitation ni pudeur, à d'autres il propose un jeu de cartes pour réveiller des souvenirs et engager la conversation sur un terrain plus glissant intime. Le résultat ? De belles histoires de vie, d'hommes et femmes de tous âges, de tous milieux et de tous bords. On rit, sourit, on est ému ou touché, on y trouve des échos, on est surpris ou tenté... et les illustrations de Chloé Cruchaudet (Mauvais genre...) complètent avec talent cette œuvre d'une grande originalité.

  • Amours

    Le mot du libraire

    « De la vie, on ne garde que quelques étreintes fugaces et la lumière d'un paysage. » En 1908, Victoire et Anselme forment un couple modèle... en apparence. En effet, la jeune femme est indifférente aux plaisirs de la chair. Son mari profite donc de son ascendant sur Céleste, leur bonne, pour assouvir ses désirs... jusqu'à ce que celle-ci tombe enceinte. L'enfant devient celui du couple. Mais Victoire peine à ressentir un quelconque attrait pour cet héritier tant attendu, Anselme est indifférent et le bébé dépérit. Mue par un instinct plus fort qu'elle, Céleste vient au secours de son petit, la nuit. Jusqu'au jour où elle est surprise par Victoire. Les deux femmes découvrent alors l'amour autour de cet enfant... Amours est un roman d'une beauté rare. Léonor de Récondo dresse un portrait de la grande bourgeoisie du début du siècle, des conventions sociales et d'un carcan subi par de nombreuses femmes. Violoniste de formation, l'auteur raconte avec une prodigieuse musicalité une histoire, des histoires d'amour... C'est un livre qui laisse dans son sillage quelque chose qui ressemble à un chamboulement et que l'on termine avec regret, tant on aurait aimé suivre ses personnages un peu plus longtemps. Camille.

  • Poulets grillés

    Poulets grillés

    Les poulets grillés sont une bande de bras cassés!
    Des policiers dont plus personne ne veut !
    Les alcooliques, les célébrités locales, les fous de la gâchette ... Bref, ceux qui n'ont pas leur place dans une vraie brigade !


    Pour que les quotas de réussite de la police soient au beau fixe, une brigade de laissés pour compte va être créée. Ils vont hériter de toutes les affaires non résolues et d'un appartement bien loin du commissariat. Le jour où, en fouillant dans les cartons contenant les vieux dossiers non résolus, ils vont mettre la main sur plusieurs événements étranges. Cette petite clique de cancres va devoir montrer qu'ils sont aussi, malgré tout, de vrais flics !
    D'un humour mordant, Poulets grillés joue avec les clichés en décrivant une ribambelle de personnages complètements stéréotypés vont finalement être plus touchants qu'il n'y paraît!
    Un équipe décapante et étonnement attachante !

    Léa

  • Charlotte

    Le mot du libraire

    Si vous êtes passé à côté de la folie de ce roman… c’est le moment d’y remédier. David Foenkinos est bien loin de son registre habituel avec ce texte d’une beauté et d’une sensibilité émouvantes. On y suit l’histoire romancée de Charlotte Salomon, jeune Juive allemande qui a un don incroyable pour la peinture. Déportée à Auschwitz, elle meurt à 26 ans, enceinte. Foenkinos mène une quête pour retracer la vie de cette artiste hors du commun, marquée par le suicide des femmes de sa famille, luttant pour ne pas se laisser engloutir par ses démons et exprimant son envie de survivre par son art. L’histoire personnelle de la jeune femme se mêle à la grande Histoire et le récit s’articule admirablement autour de ces deux pôles. L’écriture est sobre, de petits paragraphes s’enchaînent, rendant la lecture extrêmement fluide et touchante, souvent poétique. Par petits jets, l’auteur croque des instantanés de la vie de Charlotte, nous émeut profondément et c’est avec une grande tristesse que nous refermons ce livre, mais aussi avec l’envie de découvrir l’œuvre tout entière de Charlotte et, plus particulièrement Leben? oder Theater?, qui retrace son histoire à travers plus de huit cents gouaches et aquarelles… Ce texte est un véritable bouleversement. Camille.

  • Trop de morts au pays des merveilles

  • à vol d'oiseau

  • Thank You, Shakespeare !

    Le mot de l'éditeur

    L'auteur raconte ses souvenirs d'acteur, de spectateur et de lecteur à propos de Shakespeare. Un tragédien qui s'adresse à tous.

  • Le miroir des illusions

    Le mot du libraire

    Il y a des romans que je déconseille d'ouvrir trop tard dans la soirée au risque de devoir s'endormir très tard, à moins que vous ne soyez insomniaque bien sûr. « Le miroir des illusions » fait partie de ces livres addictifs; seule la perspective de pouvoir reprendre sa lecture atténue l'agacement que l'on éprouve à l'interrompre. Un roman évasion idéal pour les heures de farniente, les voyages en train, les dimanches pluvieux, les hospitalisés, les longues soirées d'été... Vincent Engel avoue avoir passer les heures d'ennui de son enfance à concevoir des histoires pleines d'aventures et de dangers «J'ai imaginé mes romans avant de pouvoir les écrire; et depuis je n'ai jamais arrêté, car le quotidien n'a jamais cessé de me décevoir». Nourri par ses lectures, dont il dit volontiers qu'elles lui ont presque tout donné, il nous offre à son tour des romans amples et foisonnants. «On invente des histoires pour partir et on trouve des prétextes pour rester; moi, j'écris des textes pour partir». Hormis son plaisir, le lecteur n'aura aucun prétexte à trouver pour suivre Vincent Engel dans son dernier roman. Entre tragédies antique et shakespearienne, cette histoire particulièrement machiavélique nous entraîne dans un tourbillon de rebondissements stupéfiants. En octobre 1849, Atanasio, qui n'a jamais quitté sa Toscane natale, arrive à Genève afin de prendre connaissance du testament de son protecteur, le prince Malcessati, qu'il ne connaissait que sous le nom de Don Carlo. Celui-ci lui lègue son immense fortune à condition qu'il exécute sa dernière volonté. Dans l'enveloppe cachetée remise par le notaire, Anatanio apprend qu'il est le fils de Don Carlo et découvre les portraits des quatre personnes qu'il devra assassiner dans un ordre précis afin de venger son père. Une mission terrifiante qu'Atanasio accepte pourtant, non par appât du gain mais par reconnaissance envers cet homme qui l'a éduqué, instruit et sorti de sa condition d'orphelin désargenté. Pourquoi tant de haine au delà de la mort ? Pourquoi Anatasio doit-il impérativement être son bras vengeur? Quels liens le lient-ils à ses futures victimes ? Quels terribles secrets se cachent derrière l'injonction de Don Carlo ? Amours, complots, trahisons, manipulations diaboliques, tentatives d'assassinat...De Venise, Berlin, l'Amérique et la Toscane, jusqu'à l'ultime révélation, votre attention ne pourra jamais se relâcher. « Lorsqu'ils veulent prendre la place de Dieu, les hommes blessés se vengent. Mais peut-on jamais décider du destin ? » Je vous l'avais dit : sauf à être insomniaque, à ne pas commencer à partir d'une certaine heure... Véronique.

  • Mes amis devenus

    Librairie Le Failler vous conseille

    « J’ai repéré aussi, entre autres choses, les deux plis verticaux au milieu de ses lèvres, les deux petits sillons, un en haut, un en bas, comme si l’abondance de chair, le trop-plein, les avait imposés, en accordéon, afin que toute la matière y passe. Je lui ai demandé : Est-ce que tu as besoin de ma gomme ? Elle m’a montré qu’elle en avait apporté une cette fois. Le lendemain, j’ai encore tapoté son épaule et je lui ai demandé : Est-ce que tu as besoin de ma gomme ? C’était risqué, tout le monde n’est pas sensible au comique de répétition. Mais elle a ri, et j’ai vu ses épaules tressauter. Mon voisin, un nommé Fred, m’a glissé : Tu as un jeton ou je rêve ? »

    Silvère, songeur, fixe l'horizon au large de l'île d'Ouessant où il est arrivé le premier. Il attend le bateau qui va lui amener quatre amis. L'un d'entre eux est un frère pour lui. Ils ne se sont jamais quittés contrairement aux autres qu'il n'a pas revus depuis quarante ans. L'une fut son amour de jeunesse. C'est son ami Jean qui est à l'initiative de ces retrouvailles tardives. Est-ce une bonne idée ? se demande Silvère. Ils se sont perdus de vue. Que sont devenus les amis et les amours de jeunesse à l'épreuve du temps qui a filé ?
    Humour, tendresse, amitié et douce nostalgie sont les maîtres mots de ce petit roman poignant et écrit avec beaucoup de délicatesse. Attention, une fois le livre refermé, vous risquez d'avoir envie d'embarquer pour la charmante île d'Ouessant et d'y convier ceux qui vous sont proches...
    Mourlevat, avec subtilité et brio, nous parle de ce qu'est une vie humaine, de l'amitié et de l'amour, des pertes et des regrets avec une belle appétence pour la vie qu'il saisit d'une plume alerte. C'est la magie de l'auteur : faire d’une histoire ordinaire un moment extraordinaire dont le lecteur se délecte.

    Anne-Sophie

  • Bienvenue

    Librairie Le Failler vous conseille

    « Moi qui étais autrefois timide au point de ne retirer ma culotte que cachée sous les couvertures, je me déshabillais à présent sans vergogne devant les clients occupés à manger et m’allongeais sur le matelas en attendant qu’ils aient fini. »

    Yunyeong est une jeune femme de trente-deux ans, tout juste mariée et mère d'une petite fille. Afin de subvenir à ses besoins, elle quitte chaque matin son tout petit appartement pour rejoindre la ville d'à côté où elle travaille dans un restaurant, tandis que son mari prépare un concours. La clientèle y est aisée et la spécialité au poulet ne suffit pas à expliquer l'engouement que suscite le lieu.
    Rapidement, la jeune femme comprend que les serveuses sont incitées à jouer de leur charme et à passer des moments seules avec les clients…
    La littérature coréenne a ceci de très particulier que son écriture est franche et directe. 
    Point de fioritures, à peine de psychologie : l'action se situe au cœur du récit. Si l'héroïne de ce roman peut paraître égoïste quand elle pique des crises de colère face à son mari, on la pardonne aisément lorsque l'on réalise la dureté de son quotidien et les sacrifices qu'elle fait pour pouvoir assurer un toit à sa famille, aussi réduit soit-il. Un récit à lire pour son habileté à dépeindre la violence des rapports entre classes et à mettre en lumière la place des femmes au cœur d'un système injuste.

    Camille

  • Denali

    Librairie Le Failler vous conseille

    Deux frères viennent de perdre leur père, leur mère sombre dans la folie. Ils partent dans le Montana, chez leur grand-mère, qui décède rapidement... 
    Quels choix vont-ils faire pour s'en sortir?
    Un roman noir et d'apprentissage très puissant, servi par une écriture acérée. On y retrouve du Ron Rash, David Vann, Donald Ray Pollock ou du film Amercian History X. 
    Mais c'est écrit par un Nantais!

    Laura

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