retrouvez nos coups de coeur en magasin.


Après avoir dévoré tout l'été les livres de la Rentrée Littéraire, nos libraires vous proposent une sélection
de coups de cœur et vous permettent de découvrir ces ouvrages ! 



Parmi les 517 nouveaux romans qui paraîtront entre janvier et février 2017, nos libraires vous livrent leurs coups de coeur ! 

CONTINUER
Laurent MAUVIGNIER
Éditions de Minuit


Quand on est mal parti, il faut essayer de continuer (F. Sagan)


Mais comment continuer quand on n’a pas su construire sa vie, que son fils ne communique plus et se transforme en skinhead ?
En entraînant cette mère fatiguée et cet ado révolté dans les montagnes kirghizes.
Une chevauchée, où l’intime se dispute l’aventure, où brutalité et rudesse côtoient délicatesse et beauté, construit ce roman céleste.
Continuez, cher Laurent Mauvignier à nous offrir des pages d’une telle qualité.

Valérie

Laurent Mauvignier est né en 1967. Prix Wepler 2000 et Prix Livre Inter 2001 pour Apprendre à finir. Prix du roman Fnac 2006 pour Dans la foule.

L'ODEUR DE LA FORÊT
Hélène GESTERN
Éditions Arléa


Elisabeth Bathori (nom très bien choisi pour une historienne !) est une jeune femme spécialiste des photographies anciennes. Elle a l’habitude de s’investir énormément dans son travail et ne vit presque que pour lui, dans le but d’oublier un pan de sa vie à la fois tumultueux et douloureux. Le jour où Alix, une vieille femme, lui lègue une série de lettres et de photos (Correspondance de son aïeul et du célèbre poète Anatole Massis durant la première guerre mondiale), Elisabeth se retrouve happée malgré elle dans une incroyable enquête. Elle va petit à petit découvrir de terribles et bouleversants secrets de famille datant du début du XXe siècle et son travail de recherches va prendre une ampleur inattendue. Et si cette histoire était aussi l’occasion pour elle de faire la paix avec son passé tourmenté ?

On pourrait très bien penser que l’histoire de ce roman est un tantinet classique : mille-et-un secrets de famille sur fond d’enquête historique. Pourtant il se trouve que ce livre est une des très belles surprises de cette rentrée littéraire : je l’ai adoré et l’ai dévoré en quelques jours !

Si on retrouve très souvent dans des livres sur le même sujet cette alternance entre flash-back et narration au présent, on se laisse très facilement happer par l’histoire de L’odeur de la forêt. Ici on alterne entre le point de vue du personnage d’Elisabeth, des extraits de lettres de poilus et des flash-back sur des moments-clés du passé, avec à chaque fois un narrateur différent. Les révélations sont distillées au compte-goutte et arrivent à chaque chapitre, ce qui fait qu’on a toujours envie de continuer notre lecture et de connaître la suite. Voilà un piège qui marche à la perfection !

On s’attache aussi très facilement à Elisabeth qui est une personne très « humaine » : elle n’est pas infaillible, et fait parfois des erreurs. Son passé douloureux est évoqué par petites touches, avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, malgré la violence du drame qu’elle a vécu.

Enfin, Hélène Gestern s’intéresse avec son roman à des épisodes souvent méconnus ou peu connus de la première guerre mondiale. Je ne peux pas vous en dire plus pour vous laisser la surprise, mais j’ai été choquée par certaines descriptions et événements dont je ne connaissais pas les détails.

Voici au final un livre très bien écrit et absolument passionnant, avec beaucoup de suspense et de rebondissements. A ne pas commencer trop tard le soir sinon vous risquez de faire une nuit blanche !

Rachel

Hélène Gestern est née en 1971 vit et travaille à Nancy. Elle est également enseignante-chercheuse à l'Université, où elle est rattachée à un laboratoire spécialisé dans l'étude du lexique. Elle est l'auteur, à ce jour, de 5 romans.

 

PETIT PAYS
Gaël FAYE
Éditions Grasset


PREMIER ROMAN

« Comment dénouer les nœuds d'une histoire douloureuse ? La mienne m'a fait grandir plus tôt. Certains restent empêtrés dans leur passé, mais j'ai une baguette magique : un stylo » G.F
En 1992, Gabriel, dix ans, mène une existence heureuse dans un quartier paisible de Bujumbura ( Burundi ) .Que son père soit Français et sa mère Rwandaise ne pose aucun problème, la vie est douce entre le lycée et les copains avec qui faire les quatre cents coups. Mais le ciel s'obscurcit, les tensions et l'inquiétude montent avec les premières élections libres et l'orage éclate avec la guerre génocidaire au Rwanda voisin. C'en est fini de l'insouciance de l'enfance. Sa mère s'en va tenter de sauver et ramener les siens, son père s'absente souvent et longtemps, laissant les enfants seuls et effrayés, les copains, voulant imiter les grands, basculent dans la violence et Gabriel se découvre métis, Français et Tusti.

Mais une bonne fée veille sur Gabriel...Elle lui ouvre les portes d'un monde nouveau qui peut tenir à distance la violence et l'aider à grandir plus paisiblement. Peut-être est-ce elle qui lui a offert cette « baguette magique » dont il a fait un si bon usage en écrivant ce formidable roman. La tragédie racontée à hauteur d'enfant, sans mièvrerie ou effet de style facile et convenu. Un roman initiatique paradoxalement plein d'humour et de tendresse dans lequel je ne me souviens pas avoir lu une seule fois le mot génocide.

Un nouveau talent littéraire à découvrir !

« J'ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux,discrets comme les filles de bonne famille ; le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvillier, les conversations futiles, assis sur un casier de bière...J'ai écrit ce roman pour crier à l'univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu'à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d'exilés, de réfugiés, d'immigrés, de migrants » G.F

Véronique

Franco-rwandais, Gaël Faye est né en 1982 au Burundi d'une mère rwandaise et d'un père français. Il arrive en France en 1995. Il passe son adolescence dans les Yvelines et découvre le rap.  Après   un  master de finance il part travailler à Londres durant deux ans avant de se lancer dans l'écriture  et la musique.  Petit Pays est son premier roman.
 

 

ÉCOUTEZ NOS DÉFAITES
Laurent GAUDÉ
Éditions ACTES SUD


Il s’appelle Assem et travaille pour les services français au Moyen-Orient. Elle s’appelle Mariam et tente de sauver les trésors archéologiques de la guerre et de la destruction. Ces deux personnes ne vont partager qu’une nuit, mais pourtant vont se retrouver liées bien au-delà des frontières. Parallèlement à leur histoire, trois héros ayant connu combat et gloire vont prendre la parole : Hannibal face à Scipion, Hailé Sélassié contre l’envahisseur fasciste et le général Grant se battant contre les confédérés. Chaque narrateur va nous livrer sa vision du monde et tenter de comprendre et de justifier la folie des hommes, tout en célébrant le Beau, l’Art, et les sentiments.

« Quand une bataille se gagne au prix de vies fauchées, de corps suppliciés, de terres éventrées, comment prétendre qu’il s’agit d’une victoire ? »

Que dire ? Comment se remettre d’une telle lecture ? De quelle manière qualifier ce livre ? C’est pour moi difficile mais trois mots me viennent tout de même en tête : MAGNIFIQUE, BOULEVERSANT et PUISSANT. Magnifique pour la beauté de l’écriture, la subtilité des personnages et les voyages que cette histoire nous faire vivre. Bouleversant pour les destins que les narrateurs nous font frôler ainsi que le réalisme et la violence du monde qu’ils nous décrivent. Puissant pour la réflexion que Laurent Gaudé nous propose sur des faits que nous vivons actuellement.

« Peu importe que leur histoire ait débuté par les corps et se construise à rebours : dans l’absence maintenant, elle le voit, elle sait qu’il a en lui la même défaite qu’elle, celle du temps qui nous fait doucement plier, celle de la vigueur que l’on sent s’amenuiser et disparaître. Ecoutez nos défaites. »

Dans le récit, le mélange entre les différentes époques et narrateurs marche à la perfection. On peut s’identifier à chaque personnage, bon ou mauvais, grâce aux nombreuses questions qu’ils se posent sur le bien-fondé de leurs actions. De plus, Laurent Gaudé nous pousse à nous interroger sur la frontière entre le Bien et le Mal, et sur la légitimité de la violence sous toutes ses formes et pour toutes les causes qu’elle peut servir. Ecoutez nos défaites est un véritable réquisitoire contre la folie des hommes. C’est aussi un appel à la paix et à la sauvegarde de notre patrimoine.

Voilà un livre qui mériterait d’être primé cette année : du grand, du très grand Laurent Gaudé !

Rachel

Laurent Gaudé est un écrivain français né le 6 juillet 1972 dans le XIVe arrondissement de Paris. Ancien élève de l'École Alsacienne de Paris, il poursuit des études de lettres modernes à Paris III. Il prépare l'agrégation mais ne sent pas d'attirance pour l'enseignement. Son sujet de thèse porte sur le théâtre. Il décide de vivre de sa plume et ses premiers écrits seront pour la scène (1999). En 2001, il publie son premier roman : Cris
Laurent Gaudé est marié à une femme d'origine italienne. Son roman Le soleil des Scorta, dont l'action se situe dans les Pouilles, remporte le prix Goncourt 2004 et couronne pour la première fois son éditeur Acte sud qui jusque là n'avait jamais remporté ce prestigieux prix. Le livre s'était déjà vendu à 80 000 exemplaires avant que le verdict du Goncourt ne soit rendu. Paraîtront ensuite Eldorado, en 2006 ; La Porte des Enfers, en 2008 ; Ouragan en 2010 ; Pour seul cortège en 2012.
La mort du roi Tsongor, de Laurent Gaudé, remporte le prix Lire dans le noir 2012. En 2015, il publie Danser les ombres qui se situe à Haïti lors du tremblement de terre de 2010. 

REPOSE-TOI SUR MOI
Serge JONCOUR
Éditions FLAMMARION


Aurore est styliste et mère de famille, Ludovic est un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes.
Ils partagent la cours de leur immeuble parisien et se rencontrent car des corbeaux s’y sont installés.

Leurs divergences pour régler ce problème les mènent à l’affrontement, mais ils finissent par apprendre à se connaitre. Ils vont apprendre à pouvoir compter sur l’autre, se reposer sur l’autre.

Une comédie plus profonde que le sujet le suggère. Le talent de Serge Joncour est de donner du volume, du fond à cette histoire.

Comme moi, vous aurez du mal à vous détacher de votre lecture.

Dominique

Serge Joncour a 46 ans. Il est l'auteur de huit livres, parmi lesquels UV (Prix France Télévision 2003), L'Idole (Flammarion, 2005), Combien de fois je t'aime(Flammarion 2008), L'homme qui ne savait pas dire non (Flammarion 2009).

PARUTION LE 17 AOÛT

Une rencontre avec Serge Joncour aura lieu le Mercredi 5 Octobre à 18h Plus d'informations dans l'Agenda

UN ENFANT PLEIN D'ANGOISSE ET TRÈS SAGE
Stéphane HOFFMANN
Éditions ALBIN MICHEL


Entre son internat en Suisse et le chalet de Chamonix de sa grand-mère, Antoine, 13 ans vit loin de ses riches parents et souffre de leur indifférence. Aussi quand son père, anglais, aussi oisif qu’excentrique et sa mère, femme de pouvoir intransigeante tentent de se rapprocher de lui, ce n’est pas par affection.

Le regard d’un enfant de 13 ans, bientôt 14 sur ses parents et le monde des adultes. 

Il suffit de commencer à lire les premières pages pour se laisser entrainer par l’écriture alerte, agréable de Stéphane Hoffmann.

On passe  un agréable moment avec Antoine, sa grand-mère et l’ensemble des personnages parfois crédibles, souvent  totalement farfelus, de cette comédie.
Un très agréable roman à conseiller.


Dominique

Journaliste, Stéphane Hoffmann publie Le Gouverneur distrait en 1989 et obtient le Prix Roger Nimier pour Château Bougon en 1991. Des filles qui dansent (2007) et Des garçons qui tremblent (2008) le consacrent comme un de nos plus brillants romanciers. Les autos tamponneuses, en 2011, confirment son succès.

PARUTION LE 17 AOÛT

 

LA SUCCESSION
Jean-Paul DUBOIS
Éditions de l'Olivier


Paul est le petit-fils d’un des médecins de Staline, Spyridon, qui a fui l'URSS en emportant avec lui un fragment du cerveau du dictateur et s’est installé à Toulouse. Comme son grand-père, il fait médecine, mais n’a pas la vocation et ne se sent pas à sa place dans son étrange famille. Ayant entrepris une carrière de joueur professionnel de Chistera en Floride, il doit rentrer en France à la mort de son père et là, il découvre d’étranges carnets.

Bien des semaines après la fin de la lecture de ce livre, Paul continuera à vous accompagner. On ne peut rester insensible à l’histoire de cet homme et de la famille qui l’entoure.
Le regard que porte Jean-Paul Dubois sur ses personnages est empreint d’humour, de fatalisme, d’empathie. Même les drames les plus graves, nous sont rapportés avec un détachement, une forme de légèreté qui n’appartient qu’à l'auteur. Aucun des personnages ne peut échapper à son destin.

Un très beau livre, une très belle rencontre avec un auteur qui nous manque dès la fin de la lecture de son ouvrage.

Dominique

Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, il commence par écrire des chroniques sportives dans Sud-Ouest. Après la justice et le cinéma au Matin de Paris, il devient grand reporter en 1984 pour Le Nouvel Observateur. Il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l'Olivier : L'Amérique m'inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002). Écrivain , Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans (Je pense à autre choseSi ce livre pouvait me rapprocher de toi). Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi (Le Seuil, 1996), le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une vie française (Éditions de l'Olivier, 2004).

PARUTION LE 18 AOÛT

14 JUILLET
Éric VUILLARD
Éditions ACTES SUD


Un pays qui traverse une crise aigüe de la Dette, un gouvernement faible, absent, distant, des représentants du peuple plus tournés vers le pouvoir que vers ceux qu’ils doivent défendre et représenter, une concurrence internationale qui pousse à la baisse de salaires, un chômage endémique. Voici le contexte qui est décrit dans ce livre. Est-on en 2016 en France? Non en 1789 à Paris, précisément le 14 juillet 1789.

Éric Vuillard nous entraine au cœur de cette foule, qui se rassemble avant qu’elle se révolte. Nous sommes avec ce petit peuple de Paris qui va transformer le monde. Éric Vuillard décrit d’une manière très documentée cette journée, du point de vue de ceux qui ont fait cet évènement, au cœur de cette émeute. Il redonne vie à ces protagonistes oubliés, eux qui ont fait l’histoire.

L’auteur a réalisé un travail de recherche minutieux pour donner un visage et faire revivre quelques-uns des acteurs de cette journée. Leurs noms, leurs métiers, ce qu’ils ont pu déclarer auprès des autorités policières de l’époque. Nous ne sommes plus dans l’histoire officiel, mais au cœur de l’évènement.

L'auteur prend le parti des émeutiers, il cherche à montrer la puissance d’un peuple qui se déchaine, qui se libère, à qui rien ne peut plus résister. La violence, les destructions, les incendies sont justifiés par la colère du peuple face à ses oppresseurs, l’État d’ancien régime, mais aussi les représentants officiels, tous ceux qui ne sont l’essence du peuple. 
Un livre qui est une plongée au sein de l’évènement, incroyablement documenté.

En filigrane, il est difficile de ne pas faire un parallèle avec certains des évènements que nous vivons ici et maintenant.

Un livre important, fort, qui ne laisse pas indifférent !

Dominique

Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web - mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d'Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre (paru en 2014 dans la collection 'un endroit où aller').

PARUTION LE 17 AOÛT

Une rencontre avec Éric Vuillard aura lieu le Jeudi 29 Septembre à 18h à l'Espace Ouest-France. Plus d'informations dans l'Agenda

DÉSORIENTALE
Négar DJAVADI
Éditions LIANA LEVI


PREMIER ROMAN

Kimiä Sadr, née à Téhéran puis exilée en France, suit un protocole d’insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie Anna. Dans la salle d’attente, elle se remémore ses souvenirs, sa famille, ses parents, opposés aux différents régimes en place. Un récit qui évoque l’Iran des années 70, la France d’aujourd’hui, l’exil, l’homosexualité, l’identité et la transmission.

Le premier roman de Négar Djadavi, mais quel roman.
L’auteur nous entraine dans l’espace et le temps. Sur les rives de la mer Caspienne au nord de l’Iran, au début du siècle dernier dans un harem, au cœur de la révolution iranienne dans les années 70 ou à Paris dans un cabinet médical.

Une véritable saga, tous les personnages sont attachants, Négar nous fait partager l’âme du peuple iranien, son désir inassouvi de liberté et démocratie, de culture.

Jamais didactique, la narration de l’histoire de cette famille est toujours réalisée avec une immense finesse, de l’humour.
Un très beau livre, passionnant.

Une découverte : Négar Djavadi.

Dominique

Négar Djavadi naît en Iran en 1969 dans une famille d’intellectuels opposants au Shah puis à Khomeiny. Elle a onze ans lorsqu’elle arrive clandestinement en France. Diplômée de l’INSAS, une école de cinéma bruxelloise, elle travaille plusieurs années derrière la caméra avant de se consacrer à l’écriture de scénarios. Elle vit à Paris. Désorientale est son premier roman.

PARUTION LE 25 AOÛT
 

LIVRE POUR ADULTES
Benoit DUTERTRE
Éditions GALLIMARD


Inspiré par la mort de sa mère, l’écrivain mélange dans son roman autobiographique, essai et fiction évoquant l’évolution vers l’âge adulte.
Il raconte les transformations d’un village de montagne, quelques dames âgées et les aventures d’un journaliste dans le monde contemporain.

Un livre très agréable à lire, l’intelligence, la finesse et la culture de son auteur nous permettent d’aiguiser notre regard sur le monde qui avance avec ou sans nous.
Les quelques fictions qui nous y sont contées, nous apportent sourires et rêveries.
Un très agréable moment à partager avec un auteur délicieux.


Dominique

Benoît Duteurtre, né le 20 mars 1960 à Sainte-Adresse, est un romancier, essayiste et critique musical français. Il est également producteur et animateur d'une émission de radio musicale. 

PARUTION LE 18  AOÛT 

L'ARCHIPEL D'UNE AUTRE VIE
Andreï MAKINE
Éditions SEUIL


Andreï Makine, nous offre un Grand Roman. 
Une histoire bien construite et passionnante. 
Un style épuré, où la langue est incroyablement maîtrisée.
Un rythme soutenu. Une écriture claire, précise, enlevée.
Des personnages attachants, troublants.
Un lien avec la nature qui transparait tout au long du livre.

Comme je l’ai ressenti, vous sentirez l’odeur de la terre de taïga, le bruit des rivières et des cascades.
Vous sentirez la beauté de ces îles de l’archipel d’une autre vie.

En extrême orient russe, dans l’immensité de la taïga, Pavel Gartez et ses compagnons doivent capturer un criminel aux multiples visages. Un étrange dialogue à distance s’instaure entre le soldat épuisé et sa mystérieuse proie.
Pavel verra sa vie bouleversée lorsqu’il connaîtra l’identité du fugitif. Jusqu’à la dernière ligne, on suit ce groupe d’hommes perdus.

Je ne connais évidemment pas cette partie de la Sibérie, mais j’ai vu du haut du promontoire où les deux héros découvrent le Pacifique Nord, ce paysage et cet archipel, comme Eux, avec Eux.

Dominique

Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits dans plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d’une vie (prix RTL-Lire 2001), et, plus récemment, Une femme aimée. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre, Le Monde selon Gabriel. Il a été élu à l’Académie française en 2016.

PARUTION LE 18 AOÛT

L'INSOUCIANCE
Karine TUIL
Éditions GALLIMARD


Voilà un des livres qui va marquer la rentrée littéraire. Pourquoi ?
Parce que Karine Tuil parle de nous, de nos vies, de ce que nous ressentons aujourd’hui.
Elle nous parle de cette perte de l’insouciance qui nous frappe dans nos cœurs, nos valeurs.

En 2009, Romain Roller, lieutenant de l’Armée rentre d’Afghanistan, après avoir vécu une liaison passionnée avec la journaliste et romancière, Marion Decker. En raison d’un douloureux syndrome post-traumatique,
son retour en France auprès de sa femme et de son fils se révèle difficile.
Il continue à voir Marion jusqu’à ce qu’il découvre qu’elle est en fait l’épouse du grand patron de Presse François Vely.

L’amour, l’ambition, la peur, la guerre, le pouvoir et le terrorisme, tout est présent dans ce roman.
Parfaitement structuré,  le style est parfait, un rythme puissant nous entraine jusqu’au bout de l’histoire.

Les situations sont crédibles, les personnages attachants, même quand ils sont antipathiques, ils gardent une humanité.
Aussi puissant qu’"Au revoir, là-haut", vous ne pourrez-vous détacher de sa lecture.
Sauf peut-être pour le conseiller à ceux qui aiment la littérature.
Un superbe roman à mettre entre toutes les mains.


Dominique

Née le 3 mai 1972, Karine Tuil est diplômée de l'Université Paris II-Assas (DEA de droit de la communication/Sciences de l'information), elle prépare une thèse de doctorat portant sur la réglementation des campagnes électorales dans les médias en écrivant parallèlement des romans. En 1998, elle participe à un concours sur manuscrit organisé par la fondation Simone et Cino Del Duca. 

PARUTION LE 18 AOÛT

L'ADMINISTRATEUR PROVISOIRE
Alexandre SEURAT
Éditions du ROUERGUE


PREMIER ROMAN

Au lendemain du décès de son frère cadet, un jeune homme reçoit les confidences de son oncle sur sa famille
Il lui révèle que son arrière-grand-père était un de ces collaborateurs de l’ombre. Son frère était hanté par la Shoah et que sa mère s’est investie dans des réunions judéo-chrétiennes.
Avec l’aide d’un historien, le narrateur enquête sur le passé de sa famille.
Ce livre est le premier ouvrage d’Alexandre Seurat son véritable premier roman.
Ce roman qui se lit d’une traite, nous présente un aspect oublié de la collaboration.  La haine, l’indifférence, le mal sont suggérés plus que décrient. Ce qui donne au roman une finesse, une intelligence qui nous fait encore plus partager l’horreur de cette violence ordinaire.

Un premier roman à ne pas laisser passer.

Dominique

Né en 1979, Alexandre Seurat est professeur de lettres à Angers. Il a soutenu en 2010 une thèse de Littérature générale et comparée.

PARUTION LE 17 AOÛT

POSSÉDÉES
Frédéric Gros
Éditions Albin Michel


Un conseil : éteignez votre portable.
Installez-vous dans votre canapé avec quelques provisions !
Vous ne pourrez plus quitter ce livre après les premières pages.

Frédéric Gros nous fait le portrait d’un homme d’Église humaniste, arrogant, et libertin.
Le curé de Loudun était connu pour être rebelle à la hiérarchie, et amoureux des femmes.
Diabolisé par les déclarations de mère Jeanne des Anges, supérieure du couvent de Loudun, Urbain Grandier devient le responsable évident de la possession des Ursulines.

Même si l’on connait l’histoire des démons de Loudun, même si on a vu le film « Les Diables » de Ken Russel, le talent de conteur de Frédéric Gros nous entraine dans ce drame.
Vous serez j’en suis certain ensorcelé et ne pourrez vous détacher du livre qu’après le dernier mot.
Un véritable prodige, peut-être un peu démoniaque !

Dominique

Né le 30 Novembre 1965, Frédéric Gros est professeur de pensée politique à Sciences-Po Paris. Essayiste, philosophe, grand connaisseur de l’œuvre de Michel Foucault qu’il a éditée pour la Bibliothèque de la Pléiade, il est déjà l’auteur de nombreux livres. On lui doit notamment : Etats de violence (Gallimard, 2005), Le principe Sécurité(Gallimard, 2012), et surtout Marcher, une philosophie (Carnets Nord, 2009), succès de librairie, qui a été traduit dans de très nombreuses langues.

PARUTION LE 17 AOÛT 

CELUI-LA EST MON FRERE
Marie BARTHELET
Éditions BUCHET/CHASTEL


PREMIER ROMAN

L'un avait fui le pays pour échapper à la justice tandis que l'autre, par voie de succession, accédait au pouvoir. Celui qui nous emporte dans ce récit aux sonorités d'un conte oriental est le chef d'état, celui qui depuis dix ans attendait le retour de son frère de cœur. Mais les deux hommes ont eu des parcours de vie trop différents pour retrouver l'amitié fusionnelle qui les unissait. Les amis d'enfance vont devenir des ennemis par la seule volonté de celui qui est revenu, « défiguré (…) par la brûlure d'une foi nouvelle ». Les calamités – qui ne sont pas sans rappeler les sept plaies d'Egypte – s'abattent tout à coup sur le pays et ses habitants avec une violence qui n'aura d'autre issu que dans la tragédie. L'auteur qui ne précise jamais les lieux, les dates ou les identités des personnages, renforce ainsi l'implacable intemporalité de cette histoire profondément émouvante. Un premier roman très habilement construit et remarquablement écrit. Un texte court, à peine 176 pages, d'une intensité qui prend au ventre dès les premières pages.

Véronique


Marie Barthelet a 27 ans. Elle est animatrice du patrimoine et responsable du musée de la Charité-sur-Loire. Celui-là est mon frère est son premier roman.

PARUTION LE 18 AOÛT

AVANT QUE NAISSE LA FORET
Jérôme CHANTREAU
Éditions LES ESCALES


PREMIER ROMAN


Albert, le narrateur, revient en Mayenne afin d'organiser les funérailles de sa mère. Dernier homme d'une lignée de femmes, Albert hérite d'un patrimoine et d'une histoire familiale empreints de légendes et de fantômes qu'il considère comme une malédiction et qu'il ne veut pas léguer à son tour. Resté seul dans la propriété, il prend le temps de redécouvrir la maison. Petit à petit il semble oublier ses proches et l’enterrement pour renouer avec ses souvenirs et la nature. Le temps se fige, des événements refont surface, la forêt devient le lieu d'étranges apparitions ( métaphores ou réalités ? ) et  la source d’une quête spirituelle. Cet homme accablé  de chagrin et souffrant du «beja», sorte de mélancolie, comprend progressivement que c'est dans cette immense bois qui entoure la demeure familiale jusqu'à l'isoler du reste du monde, qu'il pourra faire la paix avec ses racines et lui-même. N'est-ce pas ce que sa mère avait tenté de lui faire comprendre ? Le temps est-il venu pour lui d'accepter enfin cette ultime mission, le dévouement absolu et sans concession que demande la forêt ?

Un premier roman symboliquement très fort, absolument magique où la nature est magnifiée du début à la fin.

Rachel et Véronique

Après une enfance parisienne et des études littéraires, Jérôme Chantreau a créé un centre équestre. Il s’est formé parallèlement à la sylviculture pour exploiter la forêt attenante à la maison familiale. Aujourd’hui professeur de lettres, il vit dans le Pays Basque. Avant que naisse la forêt est son premier roman.

PARUTION LE 25 AOÛT

LES PETITES CHAISES ROUGES
Edna O'BRIEN
Éditions SABINE WESPIESER


Traduit de l'anglais ( Irlande )

Un petit village irlandais dans lequel il ne se passe plus grand chose depuis qu'une voie à grande vitesse le contourne. Un jour, y arrive un étranger au charme un peu vénéneux. Il dit s'appeler Vladimir Dagan, arriver du Monténégro et se prétend guérisseur, herboriste, sexologue, étonnant thérapeute qui finit par convaincre tout le monde. Fidelma, qui s'ennuie auprès d'un mari plus âgé, est la plus charmée par cet homme énigmatique. Ne pensez surtout pas que ce roman soit une nouvelle version de « Madame Bovary ». Vladimir Dagan est bien plus qu'un cynique que séduire la plus belle femme d'un village perdu amuse, c'est un assassin de la pire espèce, accusé de génocide, massacres et tortures, recherché par toutes les polices afin d'être jugé au tribunal international de La Haye. Un des  plus grands monstres du XX ième siècle inspiré par Rodovan Karadzic. Ce n'est pas son histoire qu'Edna O'Brien nous raconte mais celle de Fidelma, sa dernière victime. Obligée de fuir son village après l'arrestation de l'homme monstrueux dont elle attendait l'enfant, elle se réfugie à  Londres. Anéantie par l'horreur, la culpabilité et la honte, elle va errer dans cette ville inconnue et  y faire des rencontres qui l'aideront peut-être à se reconstruire.

Un roman saisissant et d'une grande puissance porté par un savant équilibre de beauté et d'effroi.
Edna O'Brien ne se complaît jamais à écrire l'horreur, elle en dit juste ce qui est nécessaire pour atteindre la conscience du lecteur. Un réalisme cru temporisé par le lyrisme d'une écriture parfaitement maîtrisée.

Véronique

«  le 6 avril 2012, pour commémorer le vingtième anniversaire de début du siège de Sarajevo par les forces serbes de Bosnie, 11 541 chaises rouges furent alignées sur les huit cents mètres de la grand-rue de Sarajevo. Une chaise vide pour chaque Sarajévien tué au cours des 1 425 jours de siège. 643 petites chaises rouges représentaient les enfants tués par les snipers et l'artillerie lourde postés dans les montagnes à l'entour. » Edna O'Brien.


Edna O'Brien est née en 1932 en Irlande. Son œuvre est souvent centrée sur les émotions intimes des femmes, sur leurs problèmes de relations aux hommes et à la société dans son ensemble. Sabine Wespieser s’est engagée  dans la publication de l’œuvre d’Edna O’Brien avec son roman Crépuscule irlandais suivi d’un recueil de nouvelles, Saints et Pécheurs. La presse, les libraires et les lecteurs réservent à ses mémoires, Fille de la campagne (2013), un accueil digne de la grande dame des lettres irlandaises qu’elle est aujourd’hui, plusieurs fois primée (entre autres, prix Kingsley Amis Award 1962, prix Los Angeles Times Book Prize 1990, prix Irish PEN Award 2001 et prix Bob Hughes Lifetime Achievement Award 2009).

 

PARUTION LE 8 SEPTEMBRE.

LE BAL MÉCANIQUE
Yannick GRANNEC
Éditions Anne Carrière


Si vous aimez l'art moderne et les grandes histoires de famille, alors n'hésitez surtout pas !

L'histoire commence de nos jours à Chicago. Josh est le réalisateur d'une émission de télé-réalité basée sur la transformation du logement de téléspectateurs. Une émission à la mode, entre décoration et thérapie familiale, qui connaît un grand succès populaire.
Le père de Josh, Carl, est un peintre reconnu et célèbre qui a choisit de se retirer en France, à Saint-Paul-de-Vence et y vivre dans la solitude. Carl est né en Allemagne, il a été adopté par des amis de sa famille qui avaient réussi à fuir aux Etats-Unis, ce qui n'avait pas été le cas de ses parents dont on n'avait plus jamais eu de nouvelles. Une histoire tristement commune à toute une génération et dont Carl et son fils ne veulent pas se souvenir. Mais voilà qu'un tableau d'Otto Dix représentant le père de Carl, célèbre galeriste de l'époque, est retrouvé parmi d'autres œuvres spoliées par le IIIème Reich. La boite de Pandore est ouverte...Et c'est passionnant.

La précision, pour ne pas dire la méticulosité, de l'auteur rend ce roman instructif et exaltant. Ce n'est pas uniquement la tragédie d'une famille allemande bourgeoise, bohème et cultivée prise dans les rouages implacables de la grande histoire, c'est aussi la frénésie d'aventures intellectuelles et artistiques passionnantes que Yannick Grannec nous décode avec son grand talent de conteuse. Parmi les anonymes et les oubliés, oeuvrent les grands maîtres de l'intelligentsia, Gropius, Klee, Dix, Grosz, Kandinsky, Macke, Marx...Jusqu'au fameux Bal mécanique.

Un roman particulièrement  intelligent qui nous en apprend autant qu'un cours d'histoire de l'art.

Sans compter que vous connaîtrez enfin l'origine de vos meubles IKEA que vous avez tant peiné à monter...

Véronique


Yannick Grannec est designer industriel de formation, graphiste de métier et passionnée de mathématiques. Elle vit à Saint-Paul-de-Vence. Son premier roman La Déesse des petites victoires publié aux Editions Anne Carrière a reçu le Prix des libraires 2013 et le Prix Fondation Pierre Prince de Monaco.

Egalement disponible au Livre de Poche

PARUTION LE 25 AOÛT

AU COMMENCEMENT DU SEPTIÈME JOUR
Luc LANG
Éditions Stock


Thomas et Camille, parents de deux jeunes enfants, ont une vie heureuse et  très confortable. Tous deux sont cadres supérieurs dans des secteurs en pointe et misent sur leurs qualités professionnelles pour s'offrir une vie encore plus luxueuse. Camille, qui travaille dans une agence en province,  retrouve sa famille le week-end. Cet équilibre, qui semble convenir à tous, va basculer lorsque la jeune femme se retrouve dans un profond coma suite à un accident de voiture. Que faisait  Camille sur cette route au milieu de la nuit ? Commence pour Thomas une enquête douloureuse et compliquée qui petit à petit va le ramener sur les terres de son enfance.

Ce roman époustouflant se lit d'une seule traite. Ce n'est pas le « mystère » Camille qui tient le lecteur en haleine, mystère qui n'est que le prétexte à  la mise en abyme de Thomas face à tous les rôles qu'il doit subitement assumer et à sa propre histoire. Il y a une immense faille dans son enfance  dont il n'avait jusqu'alors aucune conscience, de lourds secrets qu'il lui faudra enfin connaître pour continuer à vivre et élever ses enfants.

Véronique


Luc Lang , né en 1956, est l’auteur d’une dizaine de romans, recueils de nouvelles, essais sur les arts et la littérature contemporains, dont Mille six cents ventres (prix Goncourt des lycéens).


PARUTION LE 24 AOÛT
 

DEUX REMORDS DE CLAUDE MONET
Michel BERNARD
Éditions la Table Ronde


Frédéric Bazille est tué au combat le 28 novembre 1870. Très déterminé à offrir à son fils une sépulture digne de lui, son père réussit à retrouver son corps et à le ramener à Montpellier dans des conditions extrêmement difficiles. Frédéric Bazille avait 28 ans, il était brillant, sympathique, généreux, c'était un peintre de grand talent  admiré et très apprécié par ses amis Renoir, Manet, Sisley, Monet ( entre autre ). Claude Monet, «  l'ours » de la bande, sera particulièrement affecté par la mort de son ami. Bazille qui l'avait toujours soutenu financièrement, était mort dans un conflit que lui avait fuit en s'exilant en Angleterre. Ils avaient aussi un secret en commun, celui de l'amour que l'un et l'autre portaient à la belle Camille. Au doux Frédéric, la jeune femme avait choisit l'ombrageux Claude à qui elle apportera un amour sans faille jusqu'à sa mort prématurée.
Elle était son modèle préféré, sa muse, son réconfort, son immense amour et la mère de ses enfants. Claude Monet ne se remettra jamais vraiment de sa disparition. Devenu riche et célèbre, il se réfugie à Giverny qui pendant plus de quarante ans fût son lieu de création. Mais Claude Monet est un homme profondément  malheureux qui ne trouve de réconfort que dans la grande amitié qui le lie à Clémenceau. Il mourra le 5 décembre 1926 à 86 ans entouré des portraits de ceux qui lui manquaient depuis si longtemps.

Ce roman, qui sera accompagné de trois reproductions de tableaux de Claude Monet, est passionnant et magnifique. Il est écrit avec beaucoup de sensibilité et de justesse, rendant à ces génies cette humanité profonde qui fit leur art.

Véronique

Michel Bernard est né en 1958. Il est haut fonctionnaire et écrivain. Son précédent roman  Les Forêts de Ravel (2014),  a reçu le prix Livres et Musiques du festival de Deauville en 2015 et paraît en collection Vermillon le 18 août.

PARUTION LE 18 AOÛT

LES PÊCHEURS D'ETOILES
Jean-Paul DELFINO
Éditions LE PASSAGE


Ce formidable roman commence comme un livre de Kessel ...Laissez vous entraîner par Blaise Cendrars, et Erik Satie comme comparse, dans une folle traversée de Paris à la recherche d'une femme fantomatique. Vous y croiserez Chagall, Modigliani, Abel Gance, les Delaunay et même Chaplin. Au caboulot Le chien qui fume, vous jouerez votre verre de vodka dans des parties de bras de fer avec des Russes que plus rien n'impressionne. Vous poursuivrez au champagne à la Closerie des Lilas en compagnie de Cocteau dans un rôle pas très sympathique et finirez votre virée dans la ville lumière en arpentant les allées du Père Lachaise.  Vous écouterez les merveilleuses histoires de Cendrars qui nous emmène pêcher le grand requin blanc sur les bords de la Seine ou faire le tour des boites de nuit à dos de girafe. C'est aussi la belle histoire d'amitié qui lie ces deux génies qui n'ont pas encore été reconnus comme tels. L'un et l'autre sont dans la dèche, pour ne pas dire la misère, mais ils la vivent avec panache et refusent toute concession quant à leur art. Blaise Cendrars ne sait pas encore que «  l'Or » va bientôt être édité, connaître un immense succès et le sortir de l'anonymat. Erik Satie se meurt d'épuisement, de trop de pauvreté et de la cyrrhose du foie. Cendrars, en grand seigneur, lui offrira son plus grand rêve...

Porté par une écriture savoureuse et souvent drôle, ce roman nous raconte deux hommes superbes et inoubliables. La fin est très émouvante et nous laisse à la fois étourdis et chagrins de devoir quitter Erik, Blaise et la nuit parisienne des années folles. Heureusement, il reste leurs œuvres et c'est une vraie jubilation que de les (re)découvrir à la lumière de ce roman superbe.

Véronique

Jean-Paul Delfino vit et travaille à Aix-en-Provence. Il a précédemment publié d'une histoire du Brésil en neuf volumes aux éditions du Passage. Il est également auteur de documents et d'ouvrages pour la jeunesse.


PARUTION LE 1ER SEPTEMBRE

LES MOTS ENTRE MES MAINS
Guinevere GLASFURD
Éditions PRELUDES


Traduit de l'anglais

En 1634 René  Descartes arrive à Amsterdam chez monsieur Sergeant, libraire anglais, qui va l'héberger pendant quelques mois. Helena, une toute jeune femme venue de la campagne, tient la maison et est chargée du confort de l'invité. Ce que monsieur Sergeant va découvrir, c'est la fascination de sa servante pour les mots. Elle apprend à lire et à écrire toute seule et comme le papier et l'encre sont un luxe inouï, elle invente des substituts comme de l'eau colorée à base de betteraves. Mais les femmes n'ont nul besoin de lire et écrire, les servantes encore moins, c'est ce que son maître lui fera vite comprendre en le lui interdisant formellement . Ne reste à Helena que la paume de sa main  pour  former des lettres avec son doigt . Petit à petit  René Descartes remarque la  jeune femme et ne reste pas insensible, non seulement à son charme mais aussi à sa vivacité d'esprit. Le philosophe n'est pas un rustre, c'est un homme réservé occupé par ses écrits et ses recherches mais il prendra le temps d'apprivoiser Helena et de la séduire. Un amour interdit par les différences sociales et de religion, donc tenu au secret malgré la naissance d'une petite fille. Commence alors pour Helena la vie difficile d'une mère célibataire,  dans une société qui n'apprécie pas particulièrement ce genre de situation...

Ce roman, dans la lignée de «  La jeune fille à la perle » de Tracy Chevalier, est très une belle histoire, le portrait attachant d'une femme audacieuse sans le savoir, pugnace, curieuse et intelligente qui va lutter pour avoir une vie digne. Ce  livre est d'autant plus touchant qu'il est basé sur une histoire vraie. René Descartes a séjourné aux Pays-Bas et a eu une fille avec Helena  Jans, jeune servante chez Thomas Sergeant. Le reste est une fiction, mais c'est si bien raconté et écrit qu'on y croit totalement.

Véronique

Guinevere Glasfurd vit dans les Fens, près de Cambridge. Auteur de nouvelles remarquées, elle a obtenu une bourse du Arts Council England pour l'écriture des Mots entre mes mains, son premier roman.

PARUTION LE 24 AOÛT

STATION ELEVEN
Emily ST JOHN MANDELL
Éditions Rivages


Comment vivre après avoir survécu à la fin du monde ?

En pleine performance du Roi Lear, Arthur s'effondre sur scène. C'est le début de l'apocalypse, qui décimera la presque totalité de l'humanité.
Dans ce roman puissant et poétique, Emily St John Mandell nous dépeint finalement moins la catastrophe elle-même que la vie d'hommes et de femmes, avant, pendant et après. De ceux qui sont morts pendant l'épidémie. De ceux qui y ont survécu pour mourir ensuite, emporté par une simple coupure ou un rhume. De ceux qui ont lutté pour se faire une place dans ce nouveau monde. De cette troupe d'acteurs et de musiciens qui se produit pour les survivants, de communauté en communauté,  pour clamer que survivre ne suffit pas. Et, à travers un cerf qui apparait soudainement sur le chemin, ou la magie de pouvoir joindre quelqu'un à l'autre bout du globe grâce à un coup de téléphone, l'auteure nous peint par touches la beauté qu'on peut trouver dans le monde, que ce soit notre monde moderne hyperconnecté, ou celui, sauvage et dangereux, qui subsiste après cette apocalypse.

Anna

Née en 1979, Emily St. John Mandel est une romancière canadienne anglophone. Son premier roman, "Dernière Nuit à Montréal" a été finaliste du ForeWord Magazine's 2009 Book of the Year. "On ne joue pas avec la mort", son deuxième titre traduit en France, remporte le Prix Mystère de la critique en 2014. Son troisième roman est "Les Variations Sebastian". 

PARUTION LE 24 AOÛT

 

DE TERRE ET DE MER
Sophie VAN DER LINDEN
Editions Buchet/Chastel


«  C'était, et je voudrais ne pas m'en souvenir, c'était au déclin de la beauté » G. Apollinaire Alcools 1913

Parce que Youna ne répond plus à ses lettres que par de brèves missives laconiques, Henri quitte Paris afin de se rendre sur la petite île de B. où la jeune femme s'est retirée. Des retrouvailles embarrassées, compliquées par Youna, trop farouchement attachée à son indépendance pour accepter l'amour d'Henri. Le cœur chagrin, celui-ci choisit de ne pas insister et de reprendre le premier bateau du lendemain. Henri ne passera que vingt-quatre heures sur l'île, le temps de faire de singulières rencontres, tous ses sens artistiques exacerbés par les paysages envoûtants, les lumières, les couleurs et les odeurs qu'il découvre. Autant de révélations sur l'évolution de sa peinture et de la gravure à laquelle il s'initie et qui lui font comprendre que le motif de la gravure ne peut être que par le vide. Il en va ainsi de cette histoire d'amour qui n'existe que par ce qui n'est pas écrit mais esquissée avec maîtrise et acuité par Sophie Van der Linden . L'époque et les lieux se dévoilant par d'infimes détails, comme autant de touches de couleurs, composent ce roman impressionniste qui invite tous les arts dans un immense élan d'espoir. Suffiront-ils à éloigner la barbarie d'Henri? Un magnifique texte bref et intense, sublime et tragique. 

Véronique

Née en 1973, Sophie Van der Linden vit à Conflans-Sainte-Honorine. Elle a publié des ouvrages de référence sur la littérature pour la jeunesse, dont elle est spécialiste. Ses romans « La fabrique du monde » et «L'incertitude de l'aube » sont publiés aux éditions Buchet/Chastel.
« La fabrique du monde » est également disponible en collection Folio

PARUTION  LE 25 AOÛT

Une rencontre avec Sophie Van der Linden aura lieu le Jeudi 24 Novembre à 18h à l'Espace Ouest-France. 
Plus d'informations dans l'Agenda

 

LE DERNIER DES NOTRES
Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Éditions Grasset


Dresde 1945. Sous un déluge de bombes qui détruisent la ville, une jeune femme accouche d'un petit garçon et a juste le temps avant de mourir de murmurer : «  Il s'appelle Werner Zilch. Ne changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres ». Grâce à la détermination et au courage d'un jeune soldat, le nouveau-né échappe à une mort certaine et en 1969, c'est un jeune new-yorkais épanoui et plein d'ambitions, très amoureux de la belle et riche Rebecca. Mais comment le bébé allemand, né dans de terrifiantes conditions, a t-il réussi à survivre dans un pays dévasté, envahi par des Russes particulièrement violents et des forces alliées qui avaient d'autres soucis que les nourrissons ? Le soldat qui l'avait sauvé à sa naissance ne pouvait pas s'en occuper, alors qui l'a pris sous sa protection ? Et comment cette personne a t-elle réussi à l'exfiltrer et en faire un citoyen américain ? Werner ignore tout de sa prime enfance, il se sait adopté et le reste, pas même son prénom allemand, ne l'a jamais préoccupé, même si de temps en temps de vagues images affluent à sa mémoire. C'est la mère de Rebecca qui, manquant défaillir en le voyant, fera bien malgré elle tirer les fils du passé. Va commencer pour Rebecca et Werner une enquête difficile et douloureuse qui risque de mettre leur amour en péril.

Entre fiction et réalités historiques, « Le dernier des nôtres » est un roman captivant et très bien documenté qui transporte le lecteur d'une époque à l'autre avec maestria.

Véronique

Née en 1976, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, est journaliste et romancière. « Fourrure » ( Prix Maison de la Presse 2010) paru aux éditions Stock est aussi disponible au Livre de Poche
 

PARUTION LE 17 AOÛT

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